Staffan de Mistura en Algérie: Le dossier du Sahara occidental remis au premier plan
La visite de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, en Algérie a remis ce dossier au premier plan, selon Saïd Ayachi, président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui.
L'Algérie réaffirme que seule l'ONU est le cadre légitime pour traiter cette question et que toute solution doit passer par l'autodétermination du peuple sahraoui, conformément aux résolutions internationales depuis 1963.
Aucune option, y compris l'autonomie, ne peut être imposée sans consultation préalable des Sahraouis, et un référendum élargi au Maroc serait contraire au droit international qui exige de consulter uniquement le peuple concerné par la décolonisation.
L'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental reste un enjeu majeur du conflit, plusieurs décisions de justice internationale ayant souligné la nécessité de distinguer le territoire sahraoui du territoire marocain dans les accords commerciaux.
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Le Quotidien d'Oran
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L'ONU demeure le cadre légitime pour le traitement du dossier sahraoui, et l'examen de toute réponse à la question de l'autodétermination ou autre autonomie passe inéluctablement par le peuple sahraoui.
C'est ce qu'a indiqué le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Ayachi, qui a soutenu que la visite de l'envoyé personnel du SG de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, en Algérie a remis au premier plan ce dossier, et ce à quelques mois de l'examen de cette question par le Conseil de sécurité des Nations unies. « L'organisation internationale demeure le cadre légitime pour le traitement de cette question », a estimé M. Saïd Ayachi lors de son intervention, hier mercredi, sur les ondes de la chaîne 3 de la Radio algérienne. Ajoutant que « la présence de M. de Mistura nous rassure quelque part par le fait que l'ONU reste saisie du dossier ».
Pour le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, la tournée dans la région de l'envoyé personnel du SG de l'ONU s'inscrit dans le cadre du suivi régulier du dossier par les Nations unies. Sans manquer de souligner que « la position de l'Algérie demeure constante et repose sur le respect du droit international et des résolutions onusiennes relatives à la décolonisation ».
Affirmant dans ce sillage que « l'Algérie ne demande que l'application des résolutions de l'ONU », M. Saïd Ayachi a rappelé que « le Sahara occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies et que le principe de l'autodétermination du peuple sahraoui est consacré par les textes internationaux ».
M. Ayachi a également insisté sur « l'importance du plan de règlement conclu en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc sous l'égide de l'ONU, lequel prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination ».
Dans ce cadre, il a rappelé le rôle de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), créée précisément pour accompagner ce processus.
Évoquant les débats ayant précédé l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, il a estimé que plusieurs membres influents de l'instance avaient réaffirmé leur attachement au principe de l'autodétermination. « Après beaucoup de discussions, on est arrivé à la résolution 2797 qui reconnaît au peuple sahraoui l'autodétermination », a-t-il soutenu.
Le responsable a, par ailleurs, évoqué les récents travaux de la Quatrième Commission de l'Assemblée générale des Nations unies ainsi que ceux du Comité spécial de la décolonisation, connu sous le nom de Comité des 24, notant que « ces instances continuent de considérer le Sahara occidental comme une question de décolonisation et réaffirment régulièrement le droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir politique ».
Le droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir est une référence centrale dans toute solution au problème du Sahara occidental, y compris les propositions relatives à une solution d'autonomie. Dans ce registre, M. Ayachi a estimé qu'aucune option ne saurait être imposée sans consultation préalable des Sahraouis.
Seul le peuple sahraoui doit être consulté
« Il faut que le peuple sahraoui se prononce, on ne peut pas lui imposer quelque chose », a-t-il déclaré, ajoutant que « toute formule de règlement devrait être soumise à l'approbation directe des populations concernées à travers un mécanisme de consultation conforme aux principes internationaux ».
Le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui a également rejeté l'idée d'un référendum élargi à l'ensemble du territoire marocain. Selon lui, « le droit international est explicite quant au fait que seul le peuple concerné par le processus de décolonisation doit être consulté ». « Ce sont les peuples concernés par la colonisation qui sont à consulter et pas un autre peuple », a-t-il affirmé.
En matière économique, M. Ayachi a estimé que « la question des ressources naturelles constitue un enjeu majeur du conflit », rappelant les différends ayant opposé le Maroc et certaines institutions européennes concernant l'exploitation et la commercialisation de produits issus du Sahara occidental. « Plusieurs décisions de justice internationales et européennes ont souligné la nécessité de distinguer le territoire sahraoui du territoire marocain dans les accords commerciaux », a relevé l'intervenant.
À l'approche des prochaines échéances onusiennes, la question du Sahara occidental continue ainsi d'occuper une place importante au sein des instances internationales. Entre les efforts de médiation conduits par l'ONU, les revendications du Front Polisario et les positions défendues par les différentes parties concernées, le dossier demeure « l'un des principaux enjeux de décolonisation encore inscrits à l'ordre du jour des Nations unies », conclut M. Ayachi.
Notons que l'envoyé personnel du SG de l'ONU pour le Sahara occidental poursuit une série de consultations dans la région dans la perspective de la préparation de son prochain rapport destiné au Conseil de sécurité.