Littoral Algérien: Etat des lieux, enjeux et perspectives !

Par par Cherif Ali*6 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Le littoral algérien souffre de l'occupation illégale des plages par des « squatters » qui imposent des tarifs aux baigneurs, contrevenant à l'instruction ministérielle garantissant la gratuité des plages publiques.

L'État a investi plus de 11 milliards de dinars pour aménager 470 plages autorisées à la baignade dans 14 wilayas côtières, et le ministre de l'Intérieur a réaffirmé lors du lancement de la saison estivale 2026 son engagement pour l'accès libre et gratuit aux plages.

L'insécurité reste le problème majeur des plages, aggravée par l'insuffisance des effectifs de sécurité et la difficulté à identifier les contrevenants en raison de l'absence de critères vestimentaires distinctifs.

L'auteur propose la nomination de 14 « Walis Maritimes » spécialisés pour gouverner les régions côtières, avec des missions centrées sur la préservation environnementale, le développement de l'économie bleue et le renforcement de la sécurité côtière.

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Le Quotidien d'Oran

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Nos plages sont devenues des espaces rédhibitoires où la saleté le dispute à l'incivisme d'une jeunesse en manque de repères. Elles sont tenues par des «autoproclamés» concessionnaires qui, eux-mêmes, s'en remettent à des «gros bras» pour les gérer. Les journaux n'ont eu de cesse de rapporter dans leurs colonnes les appels de détresse des citoyens racquetés au vu et au su de tout le monde par ces mafieux. Des reportages ont été diffusés à la télévision pour étayer les dires des victimes sans que les auteurs n'aient eu à y répondre !

Ces derniers, jusqu'à la saison estivale passée, ont continué à défier les lois de la République. Dont notamment, cette instruction du ministre de l'Intérieur, des collectivités locales et de l'aménagement territorial, qui consacre la « gratuité des plages » ! Dans les faits, les squatters des plages assurent tirer leur « légitimité » des maires qui leur ont donné « verbalement » leur quitus pour s'arroger tout ou pourtour d'une plage, louer des parasols et des chaises.

Et aussi monter, au pied levé, des aires de stationnement des voitures pour en faire payer l'accès à l'« automobiliste estivant », forcé de payer ou de s'en retourner vers lui, penaud, chez lui.

Au final, une journée de plage lui coûterait en moyenne mille dinars, au bas mot!

Plages publiques, plages privées : l'ambigüité !

Pour l'heure, on évoque l'éventualité d'annuler le système de concession des plages, une pratique pourtant réglementée moins qui n'a pas porté ses fruits, un décret en fixe les contours : « deux tiers de la surface d'une plage peuvent faire l'objet de concession au profit de personnes offrant des prestations de qualité, la partie restante, un (tiers) étant libre d'accès aux estivants ».

Mais parfois le mal est ailleurs !

Un concessionnaire affirmait avoir investit des milliards pour installer un espace de jeux sur une plage qu'il louait à la commune en raison d'un million de deniers par saison estivale, mais les squatters l'empêchent de travailler dans la sérénité !

En réalité, les choses virent au pire à chaque saison par la faute des « gros bras » maitres des plages qui imposent leur diktat en taxant pour tout et rien les estivants.

A ce rythme disait quelqu'un, on payera pour accéder à nos maisons, ou pire encore, pour voir nos enfants !

C'est vrai, rien n'est plus comme avant, disent les nostalgiques !

Nos plages sont devenues un espace où il ne fait pas bon vivre. L'insécurité, c'est le problème majeur malgré les efforts des services de sécurité qui se plaignent d'un manque d'effectif.

Qu'est-ce qu'ils pourraient faire de plus pour sécuriser ces espaces maritimes ?

Patrouiller davantage afin de rassurer les baigneurs et dissuader les fauteurs de troubles ?

Il faut savoir déjà qu'il n'est pas facile de classer socialement la clientèle des plages, d'autant que l'absence de tenue vestimentaire supprime un critère d'identification social important pour l'observateur.

A fortiori un gendarme ou un policier.

Pour l'heure, le ministre de l'Intérieur est, semble-t-il, décidé à faire bouger les lignes !

Le programme du ministère de l'Intérieur pour la saison estivale 2026, repose sur une rigueur renforcée et l'application stricte de la loi pour garantir la gratuité totale de l'accès aux plages publiques.

L'État a mobilisé plus de 11 milliards de dinars pour aménager et équiper 470 plages autorisées à la baignade à travers les 14 wilayas

A l'occasion du le lancement officiel de la saison estivale 2026 en Algérie qui a eu lieu le dimanche 14 juin 2026 depuis la wilaya de Tizi Ouzou, Said Sayoud a réaffirmé le principe de l'accès libre et gratuit aux plages en insistant par ailleurs sur la préservation de l'environnement, la gestion des déchets sur les plages et la vigilance accrue face aux risques d'intoxications alimentaires liées aux fortes chaleurs.

Tout un programme pour le ministre et ses collaborateurs, qui auront également à se soucier de l'éclosion, çà et là, des«plages islamiques» et ceux qui les organisent pour, disent-ils, «nettoyer les plages du spectacle de la nudité et de la drague».

Pour conclure, avec cette suggestion de nomination de 14 walis maritimes à la tête des 14 wilayas côtières du pays

Cette proposition de nomination de « Walis Maritimes » (ou Walis du littoral), formulée par nos soins est un plaidoyer de longue date pour réformer en profondeur la gouvernance des régions côtières en Algérie.

L'essence de la proposition part du constat que la gestion des wilayas côtières nécessite des compétences spécifiques qui dépassent les prérogatives administratives classiques d'un Wali traditionnel.

De ce fait, il est suggéré de nommer des hauts fonctionnaires spécialisés, des « Walis Maritimes », à la tête des 14 wilayas côtières du pays.

Leurs missions prioritaires s'articuleraient autour de trois piliers fondamentaux :

• Préservation du littoral : sanctuariser l'environnement côtier, lutter contre le bétonnage illégal et gérer l'impact écologique.

• Économie bleue et tourisme : dynamiser l'expansion de l'économie touristique, structurer la pêche et valoriser les infrastructures portuaires. • Sécurité et souveraineté : renforcer la surveillance côtière et lutter activement contre l'émigration clandestine (la Harga).

Il s'agit d'une suggestion de réforme administrative visionnaire largement partagée dans le débat public sur l'aménagement du territoire, mais qui n'a pas franchi le cap de la concrétisation politique.

C'est à ce prix là, peut-être, que l'on pourra faire prévaloir l'autorité de l'Etat sur les espaces publics maritimes et partant, faire revivre nos 2148 km de côtes, y compris la faune et la flore qu'elles recèlent.

*Ancien Cadre Supérieur de l'Etat

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