Le Mondial, l'arbitre refoulé, le prix de la fifa et le courage intermittent de son président
La cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde 2026, organisée au Mexique, aux États-Unis et au Canada avec 48 équipes, s'est déroulée le 11 juin au stade Aztèca en l'absence de plusieurs dirigeants politiques.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a utilisé l'événement pour annoncer un "siège vide" en solidarité avec le journaliste français Christophe Gleizes emprisonné en Algérie, dépassant ainsi son rôle de neutralité sportive.
Cette ingérence d'Infantino s'inscrit dans un pattern plus large : il a créé un prix fictif de la paix pour récompenser Donald Trump en décembre 2025, contournant ainsi le refus du comité Nobel.
Ces actions reflètent la financiarisation croissante du football mondial sous sa présidence, où les valeurs marchandes et les intérêts politiques priment désormais sur l'éthique sportive.
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Le Quotidien d'Oran
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La cérémonie d'ouverture de la 23em édition de la coupe du monde de football dont les matchs se disputeront au Mexique, aux Usa et au Canada, s'est ouverte le jeudi 11 juin 2026 dans l'antre du mythique stade Aztèca. Ce furent 20 minutes de fête pour beaucoup et des moments pénibles, amers et cruels pour une pluralité de leurs semblables de par le monde. La célébration fut grandiose, pleine de couleurs, agrémentée par un public enthousiaste et heureux de vivre un tel évènement. Cette version dite hors normes, se déroulant sur un continent, avec 48 sélections, 16 de plus que pour l'édition 2022. 104 matchs, plus 40 qu'en 2022 et 40 jours de compétitions contre les 29 de 2022. Cependant dérogeant au protocole consacré, la cérémonie se déroula en l'absence de la présidente du Mexique Claudia Sheinbaum. Par ce geste, la présidente voulut montrer sa solidarité avec les mexicains qui n'ont pas les moyens d'acheter de billets. Elle avait, pour partager cette solidarité avec son peuple, offert sa place à la jeune footballeuse Yolett Cervantes Cuaquehua. On rapporte également que cette absence est motivée par d'autres raisons socio-économiques que vivent des mexicains. L'autre organisateur, Donald Trump, non plus n'était présent pas, le vendredi 13 juin, à Los Angeles à l'ouverture de l'édition étasunienne, pour des raisons d'agenda, dit-on. Pareillement, le premier ministre canadien Mark Carney n'a pas assisté à la cérémonie canadienne, le 12 juin à Toronto car en voyage en Europe, pour la réunion du G7, rapporte-t-on.
Tant pis pour les absents et les causes de leurs absences. Le maître de cérémonie, l'italo-suisse-libanais, président de la Fifa, Gini Infantino, était sur place à Mexico, pour annoncer au monde entier, que sa présence, par contre, matérialisait dorénavant l'ère de la financiarisation du mondial de foot. Ce sont désormais les valeurs du marché qui prédominent et gouvernent la plus grande compétition internationale de football. Et fort de mes réseaux bancaires, cambistes, politiques et diplomatiques, je suis le manager et j'en prends seul les commandes. Plus de limites et au diable les promesses où : ' le foot sera au premier plan des objectifs de la FIFA, ainsi que la neutralité où le foot restera en dehors de la sphère politique et la soumission de toutes les actions de la fédération internationale du foot aux règles de l'éthique sportive'', du discours inaugural du 26 février 2016, lors de sa première élection.
La veille du match d'ouverture, pour marquer l'évènement et plastronner sur injonctions de ses donneurs d'ordre, il annonçait déjà la couleur et dévoilait son nouveau statut. Lors de la conférence de presse du mercredi 11 juin, bien serré dans son costard, il fit une intrusion ostentatoire, abandonna la neutralité, et se moula dans une ingérence hasardeuse. Il annonça: 'un siège vide'', réservé au journaliste sportif français emprisonné, Christophe Gleizes.
Faut-il rappeler encore une fois que monsieur Gleizes a été condamné par un tribunal régulier d'un état souverain, non pas parce qu'il est journaliste, mais pour l'infraction pénale : ' d'apologie de terrorisme'' et dûment détenu en Algérie. Et qu'également le sieur Gleizes avait eu droit à un procès conforme, comme énoncé par l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme de l'ONU de 1948 :'' Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle''.
Durant son procès, ses droits à la défense de prévenu avaient été respectés, mais il fut condamné et placé en détention. Depuis et en accord avec les autorités algériennes, il a bénéficié d'une visite consulaire, en maison d'arrêt, le 11mai 2026, effectuée par le consul général de France à Alger. En outre, dans une déclaration sur le sujet, le ministre de l'Europe et des affaires étrangères de France, Jean Noël Barrot avait affirmé que Christophe Gleizes allait bien. Par ailleurs la présidente de l'association France Algérie, madame Ségolène Royal avait averti dans une déclaration consultable sur la toile, après avoir rendu visite au détenu : 'd'arrêter d'instrumentaliser l'affaire Gleizes, ou bien la soumettre à un rapport de forces sinon à des conditionnalités, dont lui-même ne veut pas. Il ne veut pas que son nom soit utilisé''. Sans mauvais jeu de mots, le président de la Fifa, peut-il être plus royaliste que la reine.
Plus encore et pour faire plus vrai que vrai et renchérir, Infantino lui a délivré une accréditation pour couvrir la coupe du monde de foot. Il faut dire que dans le registre des excentricités, le président de la Fifa, compose à chaque calendrier une cacophonie qu'il veut, indécemment faire passer pour une harmonie. N'est pas artiste qui veut, l'art exige du talent, de l'adresse et beaucoup de classe.
Droit dans ses baskets blanches, Infantino est souvent dans l'excès. Point de bien l'excès, point d'excès dans le bien dit une sagesse. Cela devient de l'hybris, cette démesure dans l'orgueil que les grecs anciens condamnaient, car selon eux, c'était se comparer aux dieux. Le président de la Fifa y est en plein dedans depuis l'année 2000 quand il agissait pour que se monte un assemblage permettant que le mondial de foot se déroule au Qatar, ensuite aux USA et accessoirement au Mexique et Canada et pour transiter en 2030 par le Maroc et finir en Arabie Saoudite. Ce sera la fin du cycle infernal de mise et de cotation boursière de la plus grande fête populaire du ballon rond.
Infantino ne sera plus là, mais il aura implémenté un système dont il sera fastidieux de sortir tant les logiques financières auront déconnecté le mondial du foot des valeurs du sport. Par essence, un abus de droit dans les prérogatives engendre fatalement des préjudices à autrui. Et en l'espèce, l'abus de droit nuit et cause du tort à tous ceux et celles qui aiment le foot, au profit de ceux qui en profitent.
De surcroît le chef de la Fifa, n'est pas à son premier débordement attentatoire du genre. L'émir du foot international est dit-on juriste de formation, il doit certainement mesurer dans quoi il s'embarque. D'ailleurs parfois il se surpasse, fait fi de toutes les limites quand il exploite cette habilité à rebours. Il est alors dans l'abus de pouvoir pour plaire, courtiser et amadouer ses mandats et ses sponsors.
Le vendredi 5 décembre 2025, à Washington le président de la Fifa décernait lors de la cérémonie du tirage au sort de la coupe du monde 2026, au président étasunien : 'le prix de la paix, le football unit le monde'', sorti de son chapeau. Sans se démonter, il congratula à l'occasion le locataire de la maison Blanche pour ses efforts fournis pour la paix.
Un prix crée ex nihilo et ad hoc pour monsieur Donald Trump, parce que le comité Nobel de la paix, nommé par le parlement norvégien, n'avait pas jugé approprié et sincère de lui octroyer le prix de la paix éponyme mondialement connu.
Ce prix Fifa jusque là inexistant fit irruption paré d'atours de circonstance. Il est composé d'un trophée, une sculpture réalisée par deux artistes azéris Salhab Mammadov et Ali Ibadullayev, représentant un globe terrestre supporté, maintenu, ou bien disputé par cinq mains. Chacun décodera selon sa perception. On dit aussi que la figurine Fifa est la miniature de la statue de bronze et de granit de 4 mètre baptisée : ' pensées et désirs'', réalisée par les mêmes artistes et offertes au siège de l'ONU au siège de Genève, en 2017. La récompense Infantino est attribuée sans dotation financière, le prix gratifie le récipiendaire d'une médaille et d'un certificat de reconnaissance.
Les mauvaises langues ragotent que pour consoler son ami Trump, frustré du Nobel de la paix, Infantino a vite fait de créer cette distinction et d'en cadeauter rapidement son pote. Dès lors, un ensemble de questionnements et de doutes, devient légitime.
Quels sont les critères d'attribution de ce prix ? Quelles en sont les conditions et les références de candidature ? De qui est composé le jury qui décerne ce prix de la paix Fifa ? Ou bien rien de tout cela !
Dès lors, cela se transforme en une décision unilatérale et arbitraire du président de la Fifa, pour attribuer un prix de complaisance et dans l'opacité, à un homme politique, nommé pompeusement :'' le foot unit le monde''. Mentionnant que l'article 15 des statuts de la Fifa dispose que :'' la Fifa et les associations membres doivent observer les principes de bonne gouvernance, et en particulier contenir au minimum les dispositions relatives aux questions suivantes :
a) rester neutre en matière de politique et de religion ;
b) interdire toute forme de discrimination;
c) garantir l'indépendance et éviter toute forme d'interférence politique ;...
D'un autre coté, il est à noter que dans le slogan du prix Fifa : 'le foot unit le monde'', le noyau de la proposition est le terme 'unit''. Les antonymes de unir sont, entre autres, désolidariser, diviser, opposer, ségréguer et isoler.
Ainsi la coupe du monde 2026, s'est retrouvée au pays de l'unique lauréat du prix de la paix de la Fifa, où se dérouleront 78 matchs, sur les 104, un état qui a commencé la fête en trainant des transgressions caractérisées d'exclusion. Des populations entières, donc des supporteurs de pays sont interdits d'entrer aux USA, comme les haïtiens. Plus encore, l'équipe iranienne - la team Melli- est de ce fait amputée de son staff technique faute de visas. Elle a du organiser son camps de base à Tijuana au Mexique, à la frontière étasunienne, les joueurs doivent donc se déplacer aux Etats-Unis pour jouer leurs trois matchs, bien entendu sans les15 membres l'encadrement des athlètes. Ainsi l'équipe iranienne est dores er déjà sportivement désavantagée quand elle foulera la pelouse pour affronter les équipes de son groupe. Mais la plus saillante indignation dans cette kyrielle de forfaitures, demeure sans conteste, le refoulement de l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, de l'aéroport de Miami, malgré son visa US délivré en bonne et due forme ainsi que ses accréditations Fifa. Il a été expulsé, selon la police US des frontières, aux motifs :'' de graves problèmes liés à la vérification d'antécédents judiciaires''. Quand un représentant du département d'état évoque lui :''liens suspectés avec des personnes appartenant à des organisations terroristes''. Omar Artan, arbitre somalien international depuis 2018 avait été élu meilleur referee d'Afrique saison 2025 par la CAF, il avait correctement dirigé des rencontres continentales dont le match Algérie, Mauritanie, Can 2023 et Algérie, Nigéria Can 2025. Face à la réaction du monde sportif pour dénoncer la procédure discriminatoire de refoulement de l'arbitre somalien, Giani Infantino acculé a fait entendre sa tiédeur sur ce chapitre ségrégatif, en pontifiant :'' Bien sûr, ce qui est arrivé à Omar, l'arbitre somalien, est également regrettable. Mais encore une fois, nous ne contrôlons pas tout. Nous essayons, nous allons en discuter, nous allons en parler, nous verrons bien. Peut-être qu'il est parfois bon aussi de simplement, vous savez, se calmer, se détendre. Nous travaillons sur tout. Nous essayons de tout résoudre. Parfois, se mettre immédiatement à crier et à hurler a l'effet inverse de celui recherché pour trouver une solution.
Croyez-moi quand je vous le dis, ou ne me croyez pas si vous ne voulez pas, mais nous essayons toujours de trouver des solutions, toujours, mais nous devons respecter le fait que nous ne sommes pas les rois du monde, capables de régner sur les gouvernements, les forces de police et je ne sais quoi d'autre. Nous sommes une organisation sportive, nous essayons de faire de notre mieux avec les moyens dont nous disposons''.
En plus de la décousure dans sa tirade, le président de la Fifa, montre qu'il maîtrise divinement les techniques de la communication relatives à langue de bois, c'est-à-dire débiter le vague et le présenter comme réponse pour occulter l'essentiel ,alors qu'il n'en est rien, en réalité. On reconnait la valeur de ceux et celles qui portent la valeur du sport à leurs prises de position en situations d'injustice. Et encore heureux comme dirait un de mes proches qui me dit en contextualisant cette circonstance, que monsieur Infantino possédait un courage, mais par intermittence, hésitant, occasionnel et instable, voire versatile et velléitaire. En clair : indignité et servilité devant les puissants, arrogance et mépris face aux humbles respectueux. Mon proche bon connaisseur des arcanes du monde sportif, me m'expliquait que le président de Fifa, affolé ne sachant comment gérer ses coliques à l'endroit de l'administration de l'oncle Sam, du bureau ovale jusqu'au cagibi du policier de l'émigration, s'est tétanisé, au lieu de réagir sportivement, c'est-à-dire loyalement. Il aurait pu, poursuivit-il, proposer à l'arbitre somalien de diriger un ou des matchs soit au Canada, soit au Mexique et l'honneur du sport et de la Fifa auraient été saufs. Mais il choisit l'avilissement et la turpitude pour contenter ses parrains et clore l'affaire selon leurs désidératas.
Mais comme que rien n'est jamais définitivement fini, et qu'il suffit d'une détermination venue de quelque part, pour que tout redémarre. La pulvérisation du rêve Omar Artan d'arbitrer une finale de coupe du monde accentuée par les louvoiements et tergiversations de monsieur Infantino, se transforma en une bienheureuse réalité grâce à la volonté de la direction de l'UEFA. En effet et considérant le retentissant scandale, le jeudi 11 juin 2026,le président de l'union européenne du football association, l'avocat slovène, Aleksander Èeferin annonçait que l'arbitre somalien Artan avait été désigné pour officier lors du match phare de la Supercoupe de l'UEFA, prévu le 12 août à Salzbourg, en Autriche. Ce match opposera le Paris Saint-Germain, vainqueur de la Ligue des champions, à Aston Villa, lauréat de la Ligue Europa. Il déclara en outre que : ' le football a pour vocation de rassembler les peuples et que cette décision était un hommage aux compétences exceptionnelles de cet arbitre''.
Côté Confédération Africaine, c'est le silence total, sidéral. Comme chacun sait, c'est l'organisation dont dépend l'arbitre humilié, retenu et interrogé pendant 11 heures le 6 juin. Il est ensuite il est placé en cellule de rétention de l'aéroport de Miami aux USA, pour en fin être refoulé et renvoyé vers Istanbul. Une fois l'annonce de l'UEFA rendue publique, le président la confédération de foot, Patrice Motsepe, dans une convulsion commandée le 11 juin, c'est à dire 5 jours après l'humiliation, essaya de se rattraper à la queue de l'organisation européenne du foot en saluant sa résolution.
Même si le mal est fait ; voila qui sait-on jamais, amènera tous les protagonistes à reconsidérer leur oukases désormais, quand il s'agira d'éthique, de morale et fair-play sportifs. Cependant quand la concupiscence et la cupidité prennent possession des valeurs contraires, il demeure difficile d'envisager de futures attitudes positives. A la tête de la Fifa depuis 2016, réélu en 2019 et en 2023 et qui a déjà annoncé son intention, de briguer un quatrième mandat, en 2027, alors que les statuts de la Fifa n'en autorisent que trois mandats. Les intérêts diverses du président de la Fifa ont fait qu'il s'incruste ,il a de ce fait quadruplé son salaire qui depuis avoisinerait les 6 milliards de dollars US avec en sus d'autres avantages comme le logement, la prise en charge des frais de transport en jet privé sinon en classe VIP, un cadre fiscal avantageux sur ce qu'il gagne ,d'autres frais ainsi que moult bonus.
On ne prête qu'aux riches. Une organisation planétaire aujourd'hui tournée vers le business versus le sport ne peut qu'oublier les valeurs de rassemblement, d'égalité et d'émancipation par le sport, voulues par le créateur de la coupe du monde de foot le français Jules Rimet. La Fifa est une association de 211 fédérations membres, dont une partie importante des revenus est redistribuée. Donc, dans la stratégie du président de l'entreprise mondiale du foot, en accroissant les revenus de la Fifa, il augmente aussi les aides versées aux fédérations les plus modestes, notamment en Afrique et en Asie, où il multiplie les déplacements, en conséquence il décuple et conforte son gisement électoral pour les mandats à venir où il sera candidat.
Il est à souligner que pays les moins nantis sont très dépendants des subventions de la Fifa, quand il s'agit de financer des infrastructures ou des centres de formations etc. Infantino a développé une diplomatie active digne de grands états sur plan des relations internationales. Ce stratagème lui permet de régner en solo, sans partage sur toutes les instances de la Fifa. la naissance et l'attribution de son prix de la paix en est la preuve matérielle s'il en fallait une. Il a instauré un système féodal de rente pour se rendre incontournable en matière de sport selon son entendement, et aussi en matière de business mercantiliste, de politique et autres accointances obscures. Le foot dédié théoriquement à unir le monde est devenu sous le règne d'Infantino , douteux, fictif, véreux et faisandé.
Et c'est parti pour un temps. Pour conclure disons que : certainement la Somalie, pays de l'arbitre Artan, n'est pas un pays riche, ni une puissance militaire nucléaire, ce qui est le cas de la France, pays du journaliste Gleizes. Un comparatif mesurable et quantifiable selon de nombreux paramètres, tels que le mode de gouvernance, la stabilité politique, les richesses et l'économie, l'indice de développement humain et social, le bien être de la population, entre les deux pays est envisageable. Cependant une comparaison entre deux hommes, un arbitre désigné par la Fifa, donc élu et choisi parmi ses pairs, primus inter pares.
Qui plus est, accrédité et ayant la confiance de la fédération internationale de foot, protégé, garanti, assuré d'un coté. Et de l'autre un journaliste combien même professionnel condamné par le tribunal d'un état souverain, avec bien entendu toutes les garanties d'un procès équitable et régulier, notamment la garantie d'une défense et un accès aux différentes formes de recours, n'est pas entendable. Car en l'espèce, le comparatif souffrirait de l'antinomie, de l'incompatibilité, du non-sens et de l'impossibilité à être audible et soutenable. S'agissant d'Infantino, il a choisi à escient de défendre une cause qui ne le concerne pas et avait, ce faisant, agressé délibérément la souveraineté d'un pays.
A contrario, lui le polyglotte, maitrisant parfaitement, surtout la langue de bois, s'est tu et a fait le dos rond quand il lui fallait se dresser comme le porte drapeau des valeurs du sport et s'insurger contre l'injustice subie par un arbitre sélectionné selon ses compétences mondialement reconnues et mandaté officiellement par la Fifa et son président.
Il avait au contraire préférer le symbole de la chaise vide. Quelle symbolique quand l'authenticité vient à faire défaut ! Le paraître, combien même, grimé par les meilleurs spécialistes du fardage ne peut se substituer au vrai et à la vérité. L'allure esthétique lui manquera toujours, l'élégance intellectuelle lui fera défaut et cela exhalera la triche, fleurira le factice et suintera l'outrecuidance.
La grande histoire de l'humanité avait en revanche retenu et continuera à immortaliser la figuration de la chaise vide, comme représentation, parabole et emblème de l'absence à la messe de Noel de minuit à l'église Sainte-Catherine de Bethléem, à laquelle assistait le leader palestinien depuis 1995.
Et quand le régime sioniste du gouvernement d'Ariel Sharon avait décidé de lui interdire de commémorer l'office de 2001 en assiégeant son quartier général de la Mouqata'a, à Ramallah, le chef banni de l'Autorité Palestine avait alors répliqué :'' j'irai, fût-ce à pied'', cela mérite de demeurer majestueusement gravé. Par ailleurs, afin de soutenir et accompagner l'action du dirigeant palestinien qui symbolisait l'union de ses concitoyens musulmans et chrétiens, et refusant dignement cette interdiction, les religieux de l'église historique avaient, pour marquer aux yeux du monde cette absence, laissé une chaise vide drapée du célèbre keffieh noir et blanc de Arafat au premier rang des fidèles. Sur la chaise de l'illustre absent était posait un panneau avec cette inscription :'' S.E Yasser Arafat, Président de l'Etat de Palestine''.
Oui mais l'absent était leader révolutionnaire palestinien, Abou Ammar.
'Quand on n'a pas l'élégance du cœur, mieux vaut ne pas parler de morale'', dit une réplique du dramaturge Sacha Guitry.