Gaz : comment l'Algérie a aidé l'Europe à compenser ses approvisionnements après la fermeture du détroit d'Ormuz

L'Algérie a contribué à compenser la perte d'approvisionnements en gaz en Europe après la fermeture du détroit d'Ormuz en février 2026, qui a perturbé environ 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.
Les prix du gaz en Europe ont augmenté de 31 % depuis le début de la crise, tandis que la facture gazière des États membres de l'UE a progressé de 48 % sans déstabilisation majeure du marché.
L'Algérie s'est distinguée par ses gazoducs méditerranéens directs, qui placent ses exportations hors des perturbations liées au détroit, aux côtés des approvisionnements américains et nigérians.
Selon les projections, les importations algériennes pourraient atteindre 362 térawattheures par an en 2040 dans un scénario de décarbonation rapide, dépassant alors les importations de gaz naturel liquéfié américain.
🇩🇿 #Algérie : une manne énergétique
— RT en français (@RTenfrancais) April 18, 2026
Entre gaz et pétrole, l'Algérie profite du regain de tensions autour du détroit de #Ormuz pour renforcer son rôle dans l'approvisionnement énergétique de l'#Europe. Le point avec Hend Abdessmad, notre correspondante au Maghreb. pic.twitter.com/gsCgfRbcgQ
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L'Algérie figure parmi les fournisseurs ayant contribué à compenser la perte d'approvisionnements en gaz en Europe après la fermeture du détroit d'Ormuz, survenue fin février 2026. Selon une analyse de Reuters Open Interest publiée ce mercredi 17 juin 2026, l'Europe a absorbé ce choc sans déstabilisation. La perturbation a affecté près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.
Le détroit d'Ormuz a connu un quasi-arrêt du trafic après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Cet événement a entraîné la perturbation d'environ 20 % des échanges mondiaux de gaz naturel liquéfié. Les prix du gaz en Europe ont augmenté de 31 % depuis le début de la crise, soit une hausse d'environ 10 euros par mégawattheure sur le marché de référence.
L'analyse de Reuters Open Interest, réalisée par Martin Vladimirov, directeur du programme de géo-économie au Centre pour l'étude de la démocratie, et Borbola Tóth, chercheuse au Centre régional de recherche sur les politiques énergétiques, indique que la facture gazière des 27 États membres de l'Union européenne a augmenté de 48 % pendant la crise. Le marché européen n'a pas connu de déstabilisation ni de goulets d'étranglement dans les infrastructures.
Selon les données préliminaires de LSEG, les importations européennes de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie ont augmenté d'environ 17 % entre janvier et mai 2026. Les opérateurs de navires cités par Reuters ont indiqué que la réouverture du détroit pourrait prendre plusieurs semaines. QatarEnergy a signalé que 17 % de sa capacité de production serait affectée pendant cinq ans.
Le rôle de l'Algérie dans la compensation des approvisionnements
L'analyse de Reuters place l'Algérie parmi les sources d'approvisionnement qui ont aidé l'Europe à compenser une partie de la perte de gaz pendant la crise d'Ormuz, aux côtés des États-Unis et du Nigeria. Les livraisons algériennes se distinguent des approvisionnements en gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe par leur itinéraire, puisque l'Algérie est reliée au marché européen par des gazoducs méditerranéens directs.
Ces gazoducs placent les exportations algériennes hors des perturbations liées au détroit d'Ormuz. L'analyse souligne que le rôle de l'Algérie ne se limite pas aux volumes fournis, mais repose également sur l'existence d'approvisionnements par gazoduc dans un marché où le commerce mondial de gaz naturel liquéfié a subi un choc important.
🇩🇿 #Algérie : une manne énergétique
Entre gaz et pétrole, l’Algérie profite du regain de tensions autour du détroit d’#Ormuz pour renforcer son rôle dans l’approvisionnement énergétique de l’#Europe. Le point avec Hend Abdessmad, notre correspondante au Maghreb. pic.twitter.com/gsCgfRbcgQ
— RT en français (@RTenfrancais) April 18, 2026
Le marché européen a eu besoin d'une combinaison de gaz naturel liquéfié américain, de quantités supplémentaires en provenance d'Algérie et du Nigeria, ainsi que d'infrastructures intérieures pour répartir les approvisionnements et éviter la formation de goulets d'étranglement. Les importations par gazoduc en provenance d'Algérie font partie des éléments sur lesquels l'Europe s'est appuyée pendant la crise, particulièrement dans le sud du continent et à travers les routes méditerranéennes.
Les projections pour les importations de gaz algérien à l'horizon 2040
Un graphique publié par le Centre régional de recherche sur les politiques énergétiques présente trois scénarios pour la structure des approvisionnements en gaz de l'Union européenne en 2030, 2035 et 2040. Dans le scénario de maintien des tendances actuelles, les importations européennes par gazoduc en provenance d'Algérie atteindraient 307 térawattheures par an en 2030, resteraient à ce niveau en 2035, puis augmenteraient à 362 térawattheures en 2040.
Dans un scénario de gaz comme carburant de transition, les importations en provenance d'Algérie resteraient stables à 283 térawattheures par an sur les trois échéances. En revanche, les importations de gaz naturel liquéfié américain augmenteraient à 1.710 térawattheures en 2030 avant de diminuer progressivement. Dans le scénario de décarbonation rapide, les importations en provenance d'Algérie se maintiendraient à 362 térawattheures par an en 2030, 2035 et 2040.
Ce dernier scénario montre que les importations en provenance d'Algérie restent stables alors que les importations de gaz naturel liquéfié américain et des autres fournisseurs diminuent fortement d'ici 2040. Les importations algériennes deviendraient, en 2040, supérieures aux importations de gaz naturel liquéfié américain et à celles des autres fournisseurs de GNL prises séparément.