Économie

Gazoduc TSGP : l'Algérie veut renforcer son statut énergétique vers l'Europe

Par Ali Aomar6 min de lecture
Gazoduc TSGP : l'Algérie veut renforcer son statut énergétique vers l'Europe
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L'Algérie a lancé officiellement le 4 juin 2026 les travaux de construction du gazoduc transsaharien (TSGP) sur son territoire, un projet de plus de 4 000 kilomètres reliant le Nigeria à l'Europe via le Niger.

Ce pipeline doit transporter environ 30 milliards de mètres cubes de gaz nigérian par an vers l'Italie et l'Espagne, représentant 11 % des importations annuelles de l'Union européenne.

Le projet, envisagé depuis les années 1980, a été relancé après la réconciliation entre l'Algérie et le Niger en février 2026, avec une mise en service prévue en 2029 pour un coût estimé à 20 milliards de dollars.

L'Algérie fait face à la concurrence du gazoduc Afrique Atlantique piloté par le Maroc, mais conserve une longueur d'avance car le projet transsaharien est plus avancé dans sa réalisation.

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Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria à l'Europe via le Niger et l'Algérie, connaît une nouvelle phase de développement. Les travaux de construction sur le tronçon algérien ont été officiellement lancés le 4 juin 2026. Ce projet, envisagé depuis les années 1980, vise à transporter le gaz nigérian vers les marchés européens.

Le gazoduc transsaharien, long de plus de 4 000 kilomètres, doit permettre d'exporter les réserves de gaz du Nigeria à travers le Niger et l'Algérie vers l'Italie et l'Espagne, via la Méditerranée. Le projet a connu un long chemin, avec un premier accord en 2009 pour une mise en service prévue en 2015, puis une relance en 2022 par la signature d'un mémorandum d'entente à Alger.

Le projet a pâti des tensions diplomatiques, notamment le coup d'État au Niger en 2023, qui a refroidi les relations entre Niamey et ses partenaires. Mi-février 2026, le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le général nigérien Abdourahamane Tiani ont scellé leur réconciliation lors d'une visite officielle du dirigeant nigérien à Alger. Cette rencontre a permis de remettre le projet sur les rails, dans un contexte géopolitique favorable.

Les caractéristiques techniques et le calendrier du projet

Le pipeline part de la ville de Warri, dans la région du delta du Niger, et se termine à Hassi R'Mel, dans le nord du Sahara algérien. Le tracé comprend 1 000 kilomètres au Nigeria, 840 kilomètres au Niger et 2 300 kilomètres en Algérie. Sur la totalité du projet, 1 800 kilomètres sont encore à construire : 100 kilomètres au Nigeria, 700 kilomètres au Niger et 1 000 kilomètres en Algérie.

إنجاز تاريخي يرسخ ريادة #الجزائر في الطاقة الإفريقية!
في لحظة فارقة من تاريخ التنمية القارية، أشرف معالي وزير الدولة، وزير المحروقات، السيد محمد عرقاب، اليوم بأولف بولاية أدرار، على إعطاء إشارة انطلاق أشغال الشطر الجزائري من مشروع أنبوب الغاز العابر للصحراء (TSGP)، برفقة وزير… pic.twitter.com/UtLhL6bGFM

— NNA (Nadia)🇩🇿 (@22NN_A) June 4, 2026

Les travaux sur la partie algérienne ont été lancés le 4 juin 2026 lors d'une cérémonie dans la région d'Aoulef, en Algérie, en présence des ministres de l'Énergie des trois pays. La réalisation du tronçon nigérien devrait commencer début 2027, selon le ministre du Pétrole du Niger. Le calendrier prévoit une mise en service en 2029. Le coût du projet, estimé à 13 milliards de dollars en 2009, a depuis augmenté pour atteindre environ 20 milliards de dollars, en raison de la hausse des prix des matières premières et de la difficulté du relief désertique.

Les enjeux énergétiques et la concurrence régionale

Le gazoduc a pour objectif de transporter environ 30 milliards de mètres cubes de gaz par an du Nigeria vers l'Europe, via l'Algérie et ses gazoducs existants Transmed (vers l'Italie) et Medgaz (vers l'Espagne). Ce volume représente environ 11 % du total des importations annuelles dans l'UE, qui s'élève à 270 milliards de mètres cubes en 2025. D'autres quantités devraient être liquéfiées dans les raffineries d'Arzew et de Skikda en Algérie, avant d'être exportées vers l'Europe sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le Niger, pays parmi les plus pauvres d'Afrique, compte capitaliser sur les droits de transit de ce gaz pour attirer de nouveaux investissements dans les infrastructures et l'énergie. L'Algérie, premier producteur de gaz d'Afrique, et le Nigeria, troisième producteur, concentrent à eux seuls plus de la moitié de la production et des réserves de gaz naturel du continent.

Un projet confronté à des obstacles et à un projet rival

Plusieurs obstacles pourraient compromettre le calendrier du projet. La sécurisation du pipeline suscite des inquiétudes, car il traversera des zones où opèrent des groupes armés et des réseaux de contrebande transfrontaliers, notamment dans le nord du Nigeria et au Niger. La participation de banques africaines et internationales a été évoquée pour soutenir les investissements, mais aucune confirmation n'a été donnée.

Un autre projet gazier pourrait faire de l'ombre au pipeline transsaharien : le gazoduc Afrique Atlantique, piloté par le Maroc, rival régional de l'Algérie. Ce projet de 6 000 kilomètres incluant 13 pays relie le Nigeria au Maroc avec le même objectif. En 2025, une structure dédiée a été mise en place pour en étudier la faisabilité. Selon Brahim Oumansour, chercheur associé à l'Iris, les deux projets sont concurrents, mais l'Algérie conserve une longueur d'avance car le projet transsaharien est plus avancé.

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