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France : comment un réseau algérien aurait blanchi 34 millions d'euros

Par Ali Aomar4 min de lecture
France : comment un réseau algérien aurait blanchi 34 millions d'euros
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Deux ressortissants algériens ont été mis en examen et écroués à Paris pour un vaste blanchiment d'argent estimé à 34 millions d'euros via un réseau de sociétés écrans.

L'enquête, lancée en décembre 2025 par Tracfin après alerte du service de renseignement financier français, a identifié un groupe criminel composé d'un individu en Algérie et de deux complices en région parisienne.

Le réseau proposait ses services à des chefs d'entreprise cherchant des liquidités non traçables pour rémunérer du travail au noir ou verser des commissions officieuses.

Le mécanisme reposait sur des sociétés écrans en Pologne et en Europe, utilisant de fausses factures pour récupérer frauduleusement la TVA, avec une commission de 10 % reversée aux donneurs d'ordre.

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Deux ressortissants algériens ont été mis en examen et écroués à Paris dans le cadre d'une enquête sur un vaste système de blanchiment d'argent. Les faits, qui remontent à l'année 2022, porteraient sur un montant total estimé à 34 millions d'euros recyclés via un réseau de sociétés écrans.

Selon Le Parisien, l'enquête a débuté en décembre 2025 à la suite d'une alerte transmise par Tracfin, le service de renseignement financier français. La Brigade de recherche et d'investigation financière (Brif) a alors été saisie de l'affaire. Les investigations ont permis de remonter les flux financiers et d'identifier un groupe criminel structuré, composé d'un individu résidant en Algérie et de deux complices basés en région parisienne.

Les deux suspects ont été arrêtés le 16 juin 2026, à Argenteuil et à Bagnolet. Ils ont été mis en examen à Paris pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs. L'information judiciaire ouverte devra déterminer le rôle précis de chacun et la nature des liens qui unissent les différents protagonistes de cette affaire.

Un système reposant sur des sociétés écrans en Europe

Le réseau aurait offert ses services à des chefs d'entreprise, notamment des propriétaires de sociétés de nettoyage, de sécurité ou du bâtiment. Ces derniers cherchaient à se procurer des liquidités non traçables pour rémunérer des salariés au noir, verser des commissions officieuses ou corrompre des tiers en vue d'obtenir des marchés.

Le mécanisme de blanchiment s'appuyait sur une chaîne de sociétés écrans implantées principalement en Pologne et dans plusieurs autres pays européens. Des virements et de fausses factures étaient acheminés vers ces structures afin de récupérer frauduleusement la TVA. L'argent ainsi recyclé transité par différents comptes avant d'être restitué en espèces aux donneurs d'ordre, qui reversaient une commission de 10 %. Au total, seize entreprises suspectes ont été identifiées par les enquêteurs.

Des perquisitions et des saisies

Le principal suspect, Ammar, âgé de 35 ans, est directeur de centre de formation et possède un important patrimoine immobilier. Sa société est soupçonnée d'avoir émis de nombreux virements vers des entreprises tierces, permettant de transférer des fonds vers l'étranger. Lors d'une perquisition à son domicile, les enquêteurs ont procédé à des saisies de biens de luxe, dont plusieurs montres Rolex.

Marié, père de famille et sans antécédents judiciaires, Ammar conteste les faits. Ses avocates, Lydia Boudriche et Léa Mouih, ont contesté son placement en détention provisoire. Elles affirment que les transactions financières litigieuses servaient à rémunérer des prestataires informatiques en Algérie pour le développement d'un logiciel.

Le second mis en examen, Abdelaziz, est un homme de 32 ans sans emploi et en situation irrégulière. Il résidait dans l'un des appartements d'Ammar. Surnommé le « livreur Uber du blanchiment » par une source proche du dossier, il a été pris en filature par les enquêteurs de la Brif alors qu'il collectait et livrait méthodiquement des espèces dans plusieurs communes d'Île-de-France. Arrêté à son domicile de Bagnolet le 16 juin, Abdelaziz a reconnu les faits lors de sa garde à vue.

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