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Titre de séjour, naturalisation : les nouvelles règles s’appliquent-elles aux Algériens ?

Par Rafik Tadjer4 min de lecture
Titre de séjour, naturalisation : les nouvelles règles s’appliquent-elles aux Algériens ?
Résumé IA

Un arrêté du 10 octobre signé par l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau installe un examen civique obligatoire pour les demandeurs de titre de séjour de longue durée et les candidats à la nationalité française, composé de 36 questions QCM sur les valeurs républicaines, les institutions et la culture, avec une admissibilité fixée à 80% et des sanctions en cas de fraude (nullité de l’épreuve et interdiction de 2 ans).

Selon l’avocat Fayçal Megherbi, les Algériens sont concernés par l’examen en cas de naturalisation (régime prévu par le Code civil), mais non pour les titres de séjour de longue durée qui relèvent de l’accord franco-algérien de 1968 et du CESEDA.

Ainsi, l’application de cet examen aux ressortissants algériens diffère selon le motif de la démarche: naturalisation oui, titre de séjour longue durée non, ce qui nourrit les critiques autour de l’accord de 1968 et de son impact sur l’immigration algérienne.

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Tout juste avant de quitter son poste de ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, a mis un dernier tour de vis sur les titres de séjour et les naturalisations.

Un arrêté signé le 10 octobre par le désormais ex-ministre de l’Intérieur fixe les thématiques et le barème de notation de l’examen civique obligatoire pour tout demandeur de titre de séjour de longue durée ou candidat à l’obtention de la nationalité française.

Depuis la publication du texte, beaucoup s’interrogent si ses dispositions s’appliqueront ou non aux ressortissants algériens, supposés être régis par l’accord franco-algérien de 1968.

Naturalisation : la France durcit les conditions

L’examen comporte 36 questions, sous la forme de QCM (questionnaire à choix multiple), portant sur les principes et valeurs de la République (devise, symboles de la République, laïcité), le système institutionnel français et les institutions européennes, les droits et devoirs, l’histoire, la géographie et la culture française. Pour être admis, les candidats doivent répondre correctement à 80 % des questions.

L’arrêté stipule que l’examen est considéré comme nul s’il est démontré l’usage par le candidat de fausses indications d’identité, de substitution ou tentative de substitution de personnes ou encore une aide frauduleuse d’un tiers, ou une tricherie.

En cas de fraude ou de tentative de fraude, le candidat sera interdit de passer l’examen civique pendant deux ans.

Les Algériens sont-ils concernés par cet examen ? La question a été posée par le site Visas & Voyages Algérie à l’avocat français spécialisé dans les affaires d’immigration, Fayçal Megherbi.

Examen civique : les demandeurs algériens d’un titre de séjour « non concernés »

Le juriste explique que cette disposition est prévue par d’autres textes, notamment le CESEDA (code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), et même le Code civil français qui dispose que tout candidat à la naturalisation doit justifier une assimilation à la communauté française et une connaissance de la langue, de l’histoire, de la culture et de la société française.

Concernant son application aux Algériens, l’avocat répond par l’affirmative pour les candidats à la naturalisation et par la négative pour les demandeurs de titres de séjour.

Me Megherbi a expliqué que pour ce qui est de la naturalisation, les Algériens sont concernés par l’examen, car la disposition relève du Code civil, « qui est le régime général pour tous les étrangers, quelle que soit leur nationalité ».

L’accord de 1968 dans le collimateur du courant anti-algérien

En revanche, les ressortissants algériens qui demandent un titre de séjour de longue durée (carte de résidence de 10 ans) sont exemptés de ce test étant donné qu’ils sont régis par l’accord franco-algérien de 1968 et que, de ce fait, la partie réglementaire du CESEDA ne leur est pas applicable.

Une raison supplémentaire pour le courant anti-algérien de redoubler de véhémence contre cet accord dont il réclame la suppression depuis au moins deux ans ? Pour Bruno Retailleau, qui avait spécifiquement l’immigration algérienne dans le viseur, son dernier arrêté s’apparente en tout cas à un coup d’épée dans l’eau en ce qui concerne la régularisation des ressortissants.

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