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Crise France – Algérie : Laurent Nunez se démarque de Bruno Retailleau

Par Riyad Hamadi4 min de lecture
Crise France – Algérie : Laurent Nunez se démarque de Bruno Retailleau
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Laurent Nunez, nouveau ministre de l’Intérieur, appelle à un « bougé » dans les relations France–Algérie et écarte toute remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968, affirmant que cette option n’est pas à l’ordre du jour. Il reconnaît que la crise a rompu les échanges sécuritaires, n’a pas encore pris contact avec son homologue algérien et promet de travailler sur la reprise du flux des laissez-passer et sur la question des OQTF (40% des Algériens dans les centres de rétention). Cette approche tranche avec celle de Bruno Retailleau, perçu comme belliqueux sur l’immigration et désigné par Alger comme responsable de la dégradation des relations.

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Ceux qui voyaient dans le départ de Bruno Retailleau un verrou de moins pour le dégel entre Alger et Paris ne se sont peut-être pas trompés.

Une semaine après sa nomination, son successeur au ministère français de l’Intérieur a tenu des propos qui laissent entrevoir la possibilité d’une reprise du dialogue entre les deux capitales. 

Laurent Nunez a indiqué ce dimanche 19 octobre qu’il doit y avoir un “bougé” dans les relations entre la France et l’Algérie. Aussi, le ministre de l’Intérieur français a écarté toute remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968, assurant qu’une telle option n’était pas “à l’ordre du jour”. 

Invité de l’émission “Questions politiques” de France Inter, France Info et Le Monde, Laurent Nunez a dit comprendre que la crise actuelle avec l’Algérie “fait qu’on n’a plus de relation sécuritaire avec eux, d’échanges sécuritaires”, mais, a-t-il ajouté, “pour un ministre de l’Intérieur, c’est un problème, c’est un gros problème.” Interrogé s’il a pris contact avec son homologue algérien, le ministre a précisé qu’il ne l’a pas encore fait. 

Le profil de Laurent Nunez, ancien préfet de police de Paris, est l’exact contraire de celui de son prédécesseur. Haut fonctionnaire pendant toute sa carrière, Nunez n’a pas les ambitions politiques de Bruno Retailleau ni son style belliqueux, encore moins son obsession anti-algérienne. 

France – Algérie : Laurent Nunez se démarque de Bruno Retailleau

Sur la question des OQTF, l’un des points sur lesquels bute la relation bilatérale, Laurent Nunez a répondu sans la moindre attaque contre les autorités algériennes 

« On a 40% d’Algériens dans les centres de rétention administrative. Il faudra évidemment qu’on ait de nouveau la reprise du flux des laissez-passer. Je vais m’y atteler », a-t-il dit. 

Pour rappel, immédiatement après sa nomination en septembre 2024, Bruno Retailleau avait brandi la menace du “bras de fer” avec l’Algérie si elle ne coopérait pas sur les reconduites aux frontières. 

Alger a toujours rejeté le ton belliqueux et comminatoire de Bruno Retailleau et l’a désigné nommément en avril dernier comme le responsable de la dégradation de la relation bilatérale. 

Laurent Nunez se démarque aussi de son prédécesseur sur la question de l’accord algéro-français sur l’immigration de 1968, revenu au-devant de la scène après la publication mardi dernier d’un rapport parlementaire sur le sujet.  

« Il y a cet accord, il fonctionne, il n’est pas complètement parfait, je vous le concède, mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour », a tranché le nouveau ministre de l’Intérieur.

Cet accord était le cheval de bataille de Bruno Retailleau qui l’avait dans le viseur avant même de devenir ministre de l’Intérieur.

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