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Influenceuse franco-algérienne condamnée au Maroc : l’intrigante indifférence en France

Par Rafik Tadjer5 min de lecture
Influenceuse franco-algérienne condamnée au Maroc : l’intrigante indifférence en France
Résumé IA

L'influenceuse franco-algérienne Yass Naubelle a été condamnée à un an de prison ferme au Maroc pour une vidéo critiquant les comportements dangereux sur les routes et la corruption policière.

Arrêtée le 13 juin à l'aéroport de Marrakech, elle a été jugée pour « diffusion de contenus numériques diffamants » et condamnée à 2.000 dirhams d'amende, bien que sa vidéo soit décrite comme une simple farce sans gravité.

Le silence des autorités, de la classe politique et des médias français contraste fortement avec leur mobilisation habituelle pour défendre les ressortissants français emprisonnés à l'étranger, notamment dans d'autres pays.

Plusieurs Franco-Algériens ont connu le même sort au Maroc récemment, notamment lors de la CAN 2025, soulevant des questions sur le traitement discriminatoire réservé aux citoyens d'origine algérienne par les autorités marocaines.

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Alors que, à chaque fois qu’un de ses ressortissants est arrêté à l’étranger, la France remue ciel et terre pour le faire libérer, elle ne souffle pas mot après la condamnation arbitraire d’une influenceuse franco-algérienne au Maroc.

Le silence des autorités, de la classe politique et des médias français pose question. Se seraient-ils tus si cela s’était passé dans un autre pays, en Algérie par exemple ?

L’influenceuse Yass Naubelle est injustement et lourdement condamnée. Tout ce qui lui est reproché est une vidéo pendant son séjour touristique au Maroc, dans laquelle elle a dénoncé les comportements dangereux sur les routes de certains conducteurs et l’attitude de certains policiers qui ferment les yeux moyennant des pots-de-vin.

Une année de prison pour une vidéo sur les réseaux sociaux

Arrêtée le 13 juin à l’aéroport de Marrakech alors qu’elle s’apprêtait à rentrer en France, la jeune femme a été présentée devant la justice et condamnée à une année de prison ferme et 2.000 dirhams (187 euros) d’amende pour « diffusion de contenus numériques diffamants à l’encontre de citoyens marocains, ainsi que des propos calomnieux tenus contre une institution publique réglementée ».

Pourtant, comme l’écrit sur X le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, « la vidéo ne semblait être rien de plus qu’une farce puérile ».

Yass Naubelle, a 30-year-old French influencer of Algerian origin, recorded a video during her vacation in Marrakech. In it, she criticized what she described as the residents’ “reckless” driving habits, as well as the tendency of police officers to ask for bribes. She was… pic.twitter.com/g2C67Nc3zd

— Ignacio Cembrero (@icembrero) June 24, 2026

L’influenceuse n’a rien dit qui puisse justifier des poursuites et encore moins une condamnation à la prison. Du reste, de nombreux touristes étrangers dénoncent régulièrement et publiquement la corruption des policiers marocains. Aucun n’a été poursuivi pour cela, encore moins incarcéré.

Avant Yass Naubelle, plusieurs Franco-Algériens qui ont fait le déplacement au Maroc pour la CAN 2025 en décembre et janvier derniers se sont retrouvés en prison pour des motifs tout aussi futiles.

L’un d’entre eux, Lyèce, qui a passé trois mois dans les geôles du royaume pour un délit qu’il n’a pas commis, a témoigné qu’il allait être relâché lors de son arrestation au stade de Marrakech, mais que « le visage du policier a changé » lorsqu’il a décliné son origine algérienne.

Plusieurs Franco-Algériens condamnés au Maroc, la France reste indifférente

Que les autorités marocaines s’acharnent sur les Algériens et les Franco-Algériens, cela n’a rien de nouveau. Ce qui est incompréhensible, c’est l’indifférence en France vis-à-vis de cet arbitraire.

Il y a seulement quelques mois, Paris a mis en péril sa relation avec l’Algérie pour obtenir la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal qui, pourtant, était condamné par la justice algérienne pour des faits graves avérés. La même énergie est mise pour faire sortir de prison le journaliste Christophe Gleizes.

Le cas de cette influenceuse détenue au Maroc pour quelques mots prononcés sur les réseaux sociaux ne semble pas émouvoir le gouvernement, la presse et les partis politiques français qui, d’habitude, montent au créneau avec célérité pour défendre des compatriotes dont les droits sont supposés bafoués dans d’autres contrées.

Est-ce parce que cela est arrivé au Maroc, un pays auquel la France permet et pardonne tout, y compris l’espionnage du téléphone de son président ? Ou alors parce que l’influenceuse, en plus d’être Française, est aussi Algérienne ? Quoi qu’il en soit, l’attitude de Paris n’est pas celle qu’un État doit adopter face à l’injustice qui frappe un de ses ressortissants à l’étranger.

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