Espagne : un passager étranger refoulé à l'aéroport de Barcelone à cause de 52 euros

Un ressortissant colombien s'est vu refuser l'entrée en Espagne à l'aéroport de Barcelone en mars 2023 pour avoir présenté 920 euros au lieu des 972 euros exigés pour un séjour de dix jours.
La justice espagnole a confirmé ce refus d'entrée en avril 2026, estimant que les agents frontaliers avaient agi conformément à la loi malgré l'écart de seulement 52 euros.
Le tribunal a considéré que l'insuffisance de fonds ne pouvait être compensée par la validité du passeport ou du billet retour, notamment après l'annulation de la réservation d'hôtel du voyageur.
Depuis 2026, les exigences ont augmenté : le seuil journalier minimum est passé à 122,10 euros, soit un minimum global de 1 098,90 euros pour tout séjour en Espagne.
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Un ressortissant étranger, originaire d'un pays hors Union européenne, s'est vu refuser l'entrée en Espagne à l'aéroport de Barcelone-El Prat après avoir présenté 920 euros en espèces, soit 52 euros de moins que le minimum légal exigé pour un séjour de dix jours. La justice espagnole a confirmé cette décision, rejetant le recours du voyageur et validant la procédure des agents de la police aux frontières.
Le voyageur, un ressortissant colombien, s'est présenté à l'aéroport de Barcelone-El Prat en provenance de Bogota en mars 2023. Il était en possession d'un passeport valide et d'un billet retour pour un séjour de dix jours en Espagne, où il comptait rendre visite à sa famille. Lors du contrôle frontalier, les agents de la police nationale ont établi que le passager ne disposait pas des ressources financières suffisantes pour couvrir la durée de son séjour.
Le montant qu'il présentait s'élevait à 920 euros en espèces. Or, la réglementation espagnole en vigueur en mars 2023 exigeait un minimum de 972 euros pour un séjour de dix jours, ce qui correspondait à 90 % du salaire minimum interprofessionnel espagnol (SMI) de l'époque, fixé à 1 080 euros mensuels. Le voyageur a également fourni une réservation d'hôtel, mais celle-ci s'est avérée annulée au moment du contrôle.
Un refus d'entrée confirmé par la justice
Le passager a contesté la décision des agents frontaliers devant le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC). Dans un arrêt rendu le 10 avril 2026, la chambre du contentieux administratif a rejeté son recours. Les juges ont estimé que les agents de la police aux frontières avaient agi conformément à la loi en refusant l'entrée du voyageur, rapporte le média Espagne en Arabe.
La cour a précisé que cette décision ne constitue pas une mesure d'expulsion, mais un refus d'entrée fondé sur le non-respect des conditions d'accès au territoire. L'expulsion est une sanction administrative, tandis que le refus d'entrée est une mesure de police des frontières appliquée lorsque les conditions légales ne sont pas remplies. Le tribunal a également rappelé que le voyageur disposait d'un passeport valide et d'un billet retour, mais que ces éléments ne suffisaient pas à compenser l'insuffisance de fonds.
Un écart de 52 euros face aux exigences légales
L'avocat du passager a plaidé que la mesure était disproportionnée, le voyageur ne disposant que de 52 euros de moins que le minimum requis. Il a également fait valoir que la décision avait des conséquences économiques et familiales pour son client. La cour n'a pas retenu cet argument, considérant que la proportionnalité ne peut s'apprécier uniquement sur l'écart financier constaté.
Selon le tribunal, le refus d'entrée doit prendre en compte l'ensemble des dépenses prévisibles, notamment les frais d'hébergement et de subsistance pendant la durée du séjour. Le fait que la réservation d'hôtel ait été annulée a également pesé dans la décision. Les juges ont estimé que le voyageur ne pouvait justifier de la couverture de ses frais de séjour. En conséquence, le TSJC a confirmé le refus d'entrée et a condamné le requérant aux dépens, dans la limite de 500 euros.
Les conditions financières pour entrer en Espagne
La réglementation espagnole impose aux ressortissants de pays tiers de justifier de ressources suffisantes pour la durée de leur séjour. En 2023, le montant journalier minimum était fixé à 100 euros, avec un seuil plancher de 972 euros pour un séjour de dix jours. Depuis 2026, ces montants ont été révisés à la hausse.
À compter de 2026, le seuil journalier minimum est passé à 122,10 euros. Le montant minimum global exigé, quelle que soit la durée du séjour, s'élève désormais à 1 098,90 euros. Les ressources peuvent être présentées en espèces, sous forme de chèques de voyage ou par carte de crédit bancaire, accompagnée d'un relevé de compte récent. Les relevés imprimés depuis Internet ou les relevés de compte ordinaires ne sont pas acceptés par les autorités.
Outre les fonds suffisants, les voyageurs doivent présenter un passeport ou un titre de séjour valide, un billet de retour ou d'aller-retour, une preuve d'hébergement (réservation d'hôtel, contrat de location ou lettre d'invitation) et une justification du motif du séjour. Un visa peut également être exigé selon la nationalité du voyageur.