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Maroc : les manifestations reprennent, la CAN 2025 dans le viseur

Par Rafik Tadjer4 min de lecture
Maroc : les manifestations reprennent, la CAN 2025 dans le viseur
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Les manifestations du mouvement GenZ 212 ont repris samedi 18 octobre dans plusieurs villes du Maroc (Rabat, Casablanca, Tanger), après une pause d’une semaine; le mouvement compte environ 200 000 membres sur les réseaux sociaux et appelle à des rassemblements dans une douzaine de villes.

Ils réclament la libération de leurs camarades arrêtés depuis le 27 septembre et ont lancé un appel au boycott de la CAN 2025, tout en faisant face à des interpellations massives, à la mort de trois jeunes tués par les gendarmes le 1er octobre et à plus de 600 détenus, dont des mineurs; certains manifestants ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à cinq ans.

Le mouvement, parti initialement sur des revendications sanitaires et éducatives et contre le gaspillage des dépenses liées à la CAN et au Mondial 2030, s’est étendu à des demandes politiques (anti-corruption, plus de libertés, démission du gouvernement); les protestataires dénoncent également le dédain perçu du roi Mohammed VI lors de son discours du 10 octobre et maintiennent le boycott comme objectif.

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Le répit a été de courte durée pour les autorités marocaines. Samedi 18 octobre, les manifestations du mouvement GenZ 212 ont repris dans certaines villes du royaume, après une pause d’une semaine. Le mouvement, qui compte 200 000 membres sur les réseaux sociaux, a appelé à des manifestations dans une douzaine de villes.

Les manifestants ont particulièrement dans le viseur la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) que le Maroc accueillera du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.

Des rassemblements ont eu lieu dans la nuit de samedi dans plusieurs villes, dont Rabat, Casablanca et Tanger. Les jeunes ont ajouté un mot d’ordre supplémentaire à leurs revendications initiales, la libération de leurs camarades arrêtés lors des manifestations entamées le 27 septembre.

Outre des centaines d’interpellations, les manifestations ont été marquées par la mort de trois jeunes, tués par les gendarmes dans la nuit du 1er octobre.

Selon l’Association marocaine des droits de l’homme, plus de 600 jeunes, dont des mineurs, sont toujours détenus. La Justice a aussi commencé à frapper fort contre les manifestants.

Jeudi, un manifestant a écopé de cinq ans de prison, tandis qu’un autre avait été condamné la veille à une année de prison ferme. 

“Restez sereins, nous poursuivrons la lutte », ont scandé les jeunes lors de ces nouvelles manifestations à l’adresse de leurs camarades détenus. 

La CAN 2025 dans le collimateur des jeunes marocains

Le mouvement a commencé par des manifestations réclamant de meilleurs systèmes de santé et d’éducation, et fustigeant le gaspillage de sommes colossales dans des stades de football destinés à abriter la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030.

Mais il a vite débordé sur des revendications politiques, dénonçant la corruption et les inégalités sociales et exigeant plus de liberté et la démission du gouvernement.

Selon les observateurs, les jeunes sont déçus par le discours prononcé par le roi le 10 octobre devant le parlement. Mohamed VI a ignoré le mouvement GenZ 212, et a à peine fait allusion à sa revendication de prioriser le développement social sur la politique de prestige.

“Il ne doit y avoir ni contradiction ni concurrence entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux, car ils partagent le même objectif : développer le pays et améliorer les conditions de vie des citoyens”, a déclaré le souverain marocain. 

L’impératif de soutenir leurs camarades détenus n’a pas fait oublier aux manifestants leurs revendications initiales.

Samedi, ils ont appelé au boycott des matchs de la prochaine CAN (21 décembre 2025-18 janvier 2026) qui auront lieu dans des stades dont la construction ou la rénovation ont coûté très cher au contribuable marocain. 

Au début des manifestations, beaucoup se sont interrogés sur le sort du tournoi africain, sachant qu’il ne peut pas se tenir avec une telle situation politique et sociale tendue.

La persistance de la contestation à tout juste deux mois du coup d’envoi de la compétition met une énorme pression sur les autorités marocaines et la Confédération africaine de football (CAF). D’autant plus que la compétition est maintenant nommément ciblée par les mots d’ordre de la rue.

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