Affaire de la clinique à 52 mds : la justice accélère le procès du fils d’un ex-ministre et d’Ali Haddad

Par Amina Aouadi4 min de lecture
Affaire de la clinique à 52 mds : la justice accélère le procès du fils d’un ex-ministre et d’Ali Haddad
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Le tribunal de Bir Mourad Raïs s'apprête à juger Ali Haddad et le fils d'un ancien ministre de l'Intérieur pour corruption dans une affaire de clinique privée à Hydra vendue 52 milliards de centimes.

La Cour d'Alger a confirmé le renvoi en jugement du dossier, et le procès devrait être programmé dans les prochains jours devant le tribunal correctionnel.

Ali Haddad est inculpé de blanchiment d'argent après que le fils du ministre s'est enquis des modalités de versement du montant global de la bâtisse.

L'ex-patron du groupe ETRHB reste poursuivi dans plusieurs autres dossiers de corruption impliquant des fuites de capitaux en milliards et possédait un empire de plus de 55 entreprises ainsi qu'un patrimoine colossal incluant l'hôtel de luxe Palace Grand Via à Barcelone.

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Le tribunal de Bir Mourad Raïs s’apprête à ouvrir, dans les prochains jours, un important dossier de corruption lié à une « bâtisse de 52 milliards de centimes » située dans l’un des quartiers les plus huppés de la capitale.

Cette affaire implique l’homme d’affaires incarcéré Ali Haddad ainsi que le fils d’un ancien ministre de l’Intérieur sous l’ère du défunt président Abdelaziz Bouteflika.

Selon des détails obtenus par Echorouk, le dossier avait initialement été renvoyé par le juge d’instruction près le tribunal de Bir Mourad Raïs.

Bien que le parquet général de cette même juridiction ait fait appel de cette ordonnance de renvoi devant la chambre d’accusation de la Cour d’Alger, cette dernière a finalement confirmé la décision du juge d’instruction. Le procès devrait ainsi être programmé dans les tout prochains jours.

Une clinique privée à Hydra au cœur des investigations

Ali Haddad et le fils de l’ancien ministre de l’Intérieur comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs pour des faits de corruption liés à la construction d’une bâtisse à Hydra, l’un des quartiers les plus huppés d’Alger, cédée pour un montant supérieur à 52 milliards de centimes.

La bâtisse avait été vendue au fils du ministre, qui y a investi pour la transformer en clinique privée juste avant le déclenchement du Hirak. Cependant, les procédures de vente n’avaient pas été totalement finalisées.

Après le retour à la normale post-Hirak, et suite à l’incarcération d’Ali Haddad — condamné définitivement par la Cour suprême à une peine de 12 ans de prison ferme assortie de la saisie de l’ensemble de ses biens mobiliers, immobiliers et comptes bancaires en Algérie comme à l’étranger —, le fils de l’ex-ministre, qui réside à l’étranger, s’est manifesté auprès des services concernés.

Ce dernier s’enquérait des modalités de versement du montant global de la bâtisse (52 milliards de centimes), ce qui a immédiatement déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs, après avoir auditionné le fils de l’ancien ministre, a convoqué Ali Haddad pour un interrogatoire à distance via visioconférence.

Ce dernier a été formellement inculpé de blanchiment d’argent, des faits prévus et réprimés par la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Les investigations se poursuivent afin de faire toute la lumière sur les dessous de cette transaction.

L’empire d’un « boss du cartel financier » mis à nu

En parallèle de cette affaire, Ali Haddad reste poursuivi dans plusieurs autres dossiers de corruption qui seront révélés en temps voulu. Les charges récurrentes retenues contre lui s’articulent principalement autour de la fuite de capitaux se chiffrant en milliards et du blanchiment d’argent.

Pour rappel, les procès successifs de l’ex-patron du groupe ETRHB ont révélé qu’il détenait plus de 55 entreprises opérant dans des secteurs aussi variés que les travaux publics, aéroportuaires et maritimes, le tourisme, l’hôtellerie, l’hydraulique, le bitume, l’automobile, le ciment, la pharmacie, les mines, le sport, l’ingénierie et les agences de distribution automobile.

De plus, les commissions rogatoires exécutées par les juges d’instruction du Pôle pénal économique et financier de Sidi M’Hamed ont mis au jour le patrimoine colossal de celui qui était qualifié de « président du cartel financier ».

En plus de nombreux appartements et villas en Algérie, Haddad possédait notamment l’hôtel de luxe Palace Grand Via à Barcelone (Espagne), acquis en 2011 pour 54 millions d’euros et dont la valeur actuelle est estimée à 255 millions d’euros, ainsi qu’un appartement de standing dans le 18e arrondissement de Paris.

Ce patrimoine extérieur comprend également d’importants comptes bancaires, à l’instar de ceux ouverts auprès de la Société Générale (succursale de Paris) et de la banque Santander en Espagne.

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