Sans-papiers en Espagne : où en est l'opération de régularisation ?

L'Espagne a clôturé une vaste opération de régularisation des sans-papiers lancée au printemps, recevant plus d'un million de demandes, bien au-delà des 500 000 prévues initialement.
Les candidats devaient justifier d'une présence continue d'au moins cinq mois en Espagne au 1er janvier 2026 et présenter un casier judiciaire vierge pour être éligibles.
L'administration espagnole dispose désormais de trois mois pour examiner les dossiers et décider de l'attribution d'un permis de séjour accompagné d'une autorisation de travail valable uniquement en Espagne.
Le Premier ministre Pedro Sánchez défend cette politique comme nécessaire pour répondre au vieillissement démographique et aux pénuries de main-d'œuvre, affirmant que l'immigration est indispensable pour éviter une perte de 19 % du PIB d'ici 2050.
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L'Espagne vient de boucler l'une des plus vastes opérations de régularisation de son histoire. Lancée au printemps par le gouvernement de Pedro Sánchez, cette procédure exceptionnelle a attiré un nombre de candidats bien supérieur aux prévisions. Les autorités disposent désormais de trois mois pour examiner les dossiers.
Alors que la date limite de dépôt des demandes expirait ce 30 juin 2026, le gouvernement espagnol a annoncé avoir reçu plus d'un million de dossiers de personnes en situation irrégulière. Ce chiffre dépasse largement les estimations initiales de l'exécutif, qui prévoyait qu'environ 500 000 sans-papiers en Espagne seraient concernés par cette mesure exceptionnelle.
Sans-papiers en Espagne : une opération qui dépasse toutes les attentes
Ouverte à la mi-avril, cette campagne de régularisation vise les étrangers vivant déjà en Espagne sans titre de séjour. Pour déposer une demande, les candidats devaient prouver une présence continue d'au moins cinq mois sur le territoire au 1er janvier 2026 et présenter un casier judiciaire vierge.
Face à l'afflux des dossiers, l'administration espagnole entre désormais dans une nouvelle phase. Les services compétents disposent de trois mois pour examiner chaque demande et décider de l'attribution, ou non, d'un permis de séjour accompagné d'une autorisation de travail valable uniquement en Espagne.
Pourquoi Madrid défend cette régularisation massive ?
Le Premier ministre Pedro Sánchez assume pleinement cette politique migratoire. Selon lui, elle permettra de sortir de la précarité administrative des centaines de milliers de personnes déjà installées dans le pays tout en répondant aux besoins du marché du travail.
Le chef du gouvernement estime que l'immigration est indispensable pour faire face au vieillissement de la population et aux pénuries de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs. Il affirme même que sans immigration, l'Espagne pourrait perdre 19 % de son PIB d'ici 2050.
Cette position est également soutenue par une partie du patronat espagnol, confronté à des difficultés de recrutement, notamment dans l'agriculture, le bâtiment, le tourisme et les services.
Une réforme qui divise la classe politique
Cette vaste opération est cependant vivement contestée par le Parti populaire (PP) et le parti Vox, qui accusent le gouvernement d'envoyer un signal favorable à l'immigration irrégulière. Malgré ces critiques, Pedro Sánchez défend une politique migratoire qu'il qualifie de « légale, sûre et ordonnée » et affirme vouloir faire de l'Espagne un pays respectueux des droits humains.
Les prochains mois seront déterminants. Si toutes les demandes n'aboutiront pas, cette opération pourrait permettre à plusieurs centaines de milliers d'étrangers de sortir de la clandestinité et d'accéder légalement au marché du travail espagnol.
Selon les dernières données de l'Institut national de la statistique (INE), plus de 10 millions de personnes nées à l'étranger vivent aujourd'hui en Espagne, soit environ un habitant sur cinq. Un contexte qui explique pourquoi cette régularisation est suivie de près dans toute l'Europe.