France : une Algérienne de 88 ans, gravement malade, menacée d'expulsion

Une Algérienne de 88 ans, atteinte d'une leucémie chronique et résidant en France depuis 2019 pour raison médicale, fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français après le refus de renouvellement de son titre de séjour par la préfecture de Strasbourg.
La préfecture s'est fondée sur un avis médical de 2023 estimant que son état de santé ne nécessitait pas une prise en charge en France, bien qu'elle reçoive des transfusions sanguines mensuelles en région strasbourgeoise.
Le tribunal administratif a rejeté le recours de sa famille, estimant que les éléments présentés ne remettaient pas en cause la décision administrative, malgré son statut de pupille de la Nation reconnu en 2021.
Son fils conteste cette expulsion, soulignant qu'il serait très difficile pour sa mère de suivre son traitement en Algérie et rappelant que son père a travaillé vingt ans dans les mines de Lorraine et que son grand-père est mort pour la France lors de la Seconde Guerre mondiale.
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Une ressortissante algérienne âgée de 88 ans fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) après le refus de renouvellement de son titre de séjour. Installée en France depuis 2019 pour des raisons médicales, elle se trouve dans une situation administrative complexe. Son dossier a été examiné par la préfecture de Strasbourg et porté devant la justice administrative.
La femme, originaire de la région de Sétif en Algérie, est arrivée à Strasbourg en juin 2019. Elle est venue en France pour suivre un traitement médical lié à son état de santé. Son séjour était initialement encadré par une autorisation délivrée pour raisons médicales, rapporte le quotidien français DNA ce jeudi 2 juillet 2026.
Depuis son arrivée en France, la ressortissante algérienne a bénéficié de plusieurs titres de séjour. La préfecture du Bas-Rhin a refusé sa dernière demande de renouvellement en se fondant sur l'avis émis en 2023 par un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Le rapport de ce collège indique que « l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité ».
Décision de la préfecture de Strasbourg
La préfecture de Strasbourg a refusé la délivrance d'un titre de séjour à la ressortissante algérienne. Cette décision s'accompagne d'une obligation de quitter le territoire français, notifiée à la famille. Le refus intervient après l'examen de sa situation administrative et médicale.
La décision a été contestée devant le tribunal administratif. Le recours déposé par la famille visait l'annulation de la mesure et la reconnaissance d'un droit au maintien sur le territoire pour suivi médical. Le tribunal administratif a rejeté cette demande, confirmant la position de l'administration. Le juge a estimé que la requérante « n'apporte pas assez d'éléments suffisants de nature à remettre en cause l'appréciation de la préfecture ».
État de santé et suivi médical
La femme est atteinte d'une leucémie chronique et d'une hémopathie maligne. Elle nécessite des transfusions sanguines chaque mois. Son âge avancé et sa pathologie exigent un suivi régulier. Son arrivée en France était motivée par la prise en charge de cette maladie.
Le suivi médical est assuré en région strasbourgeoise. La famille indique que les traitements en cours sont adaptés à son état. Le dossier médical a été intégré à l'examen administratif réalisé par la préfecture et le tribunal. Le fils de l'octogénaire explique que sa mère peut rentrer en Algérie, où elle a encore de la famille, mais qu'il serait très difficile pour elle de suivre son traitement. « C'est un parcours du combattant pour faire transfuser quelqu'un au bled », a-t-il déclaré.
Procédure judiciaire et reconnaissance institutionnelle
La contestation de la décision préfectorale repose sur plusieurs éléments, dont la durée de séjour en France et la situation médicale. La famille a présenté des arguments devant la juridiction administrative pour demander le maintien du titre de séjour. Le fils de l'octogénaire s'interroge : « Si mon grand-père avait été américain, est-ce qu'on aurait traité ma mère comme ça ? ».
L'octogénaire a été reconnue, par un jugement daté de 2021, orpheline de guerre et pupille de la Nation, son père étant mort pour la France lors de la Seconde Guerre mondiale. Son fils rappelle que son père a également travaillé une vingtaine d'années dans les mines en Lorraine. L'avocat du fils a indiqué avoir fait appel de la décision du tribunal administratif. En raison de son âge avancé, l'intéressée n'est pas informée ni de sa maladie ni de la décision préfectorale ni du risque d'expulsion qu'elle encourt.