Affaire Hicham El Ouahrani : révélations sur un gang qui a choqué l’Algérie

Le procureur de Koléa a livré des détails sur l’affaire de la bande de Hicham El Ouahrani, après l’arrestation du principal suspect déclenchée par une vidéo montrant des coups infligés à un jeune homme. L’enquête remonte à juin et établit l’enlèvement, la séquestration et la torture de Z. Mohamed par le gang; la vidéo a été tournée par CH.A. et diffusée le 16 octobre après un différend interne. Le 21 octobre, dix personnes, dont Hicham El Ouahrani, ont été présentées devant le juge et placées en détention provisoire, poursuivies pour constitution d’une bande criminelle organisée et des infractions liées à l’enlèvement et à la torture; l’enquête se poursuit.
Publié par
TSA Algérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
On en sait désormais un peu plus sur l’affaire de la bande criminelle de Hicham El Ouahrani qui a indigné l’opinion publique en Algérie. Le procureur de la République près le tribunal de Koléa (Tipaza) a livré des détails troublants de cette affaire mardi 21 octobre, au lendemain de l’arrestation du principal suspect.
Tout a commencé par la diffusion d’une vidéo, jeudi 16 octobre, montrant les membres d’un gang en train de passer à tabac un jeune homme. Sur les réseaux sociaux, celui qui semble être le chef de la bande est présenté comme étant un certain Hicham El Ouahrani. Les images ont suscité un élan d’indignation dans toute l’Algérie.
La victime de la bande de Hicham el Ouahrani croupit en prison
Lundi 21 octobre, le suspect principal est reconnu par des citoyens au niveau d’El Attaf (Ain Defla), alors qu’il tentait de fuir vers l’ouest du pays. Neutralisé, il a été remis à la brigade de gendarmerie locale.
Les faits remontent en fait à juin dernier, lorsque Hicham El Ouahrani, de son vrai nom Hicham. A, et sa bande ont enlevé, séquestré et torturé le dénommé Z. Mohamed, a expliqué le procureur mardi en conférence de presse. La victime se trouve actuellement en prison dans une autre affaire, a-t-il précisé.
Selon le magistrat, la vidéo a été filmée par un membre de la bande, CH.A., qui ne l’a diffusée sur les réseaux sociaux que le 16 octobre à la suite à un différend avec le dénommé Hicham El Ouahrani et tout le gang.
Le parquet de la République a immédiatement déclenché une enquête et ce, “dans le cadre de la politique pénale visant à lutter contre le crime organisé et les gangs de quartier, en application des directives des pouvoirs publics visant à éradiquer toutes les formes de criminalité urbaine” a indiqué le procureur.
Grâce à la vidéo diffusée, les enquêteurs de la gendarmerie nationale ont d’abord identifié l’auteur de la vidéo, puis la victime, le chef du gang et ses complices, dont les dénommés CH.A., K.A., T. Mohamed Amine, M. Boualem et d’autres.
Hicham El Ouahrani trahi par un membre de sa bande
En date du 17 octobre, les enquêteurs se sont rendus à la prison de Koléa où ils ont entendu la victime qui a confirmé les faits, indiquant qu’il n’a pas déposé plainte, pour des raisons non précisées.
Le même jour, Hicham El Ouahrani a pris la fuite et est demeuré introuvable jusqu’à son interpellation par des citoyens le 20 octobre à El Attaf.
Le procureur a confirmé que ce sont des citoyens qui ont neutralisé le fugitif et l’ont remis aux services de sécurité. Le magistrat a salué “le sens civique et des responsabilités dont font preuve les citoyens”, estimant que “cette coopération reflète la prise de conscience du danger que ces gangs représentent pour la sécurité et la stabilité de la société”.
Affaire Hicham el Ouahrani : dix suspects placés sous mandat de dépôt
Outre Hicham El Ouahrani, les gendarmes ont arrêté les autres membres du gang et des personnes qui ont aidé le fugitif à échapper à la justice. Au total, 10 personnes ont été présentées mardi 21 octobre devant le juge d’instruction du tribunal de Koléa qui a ordonné leur placement en détention provisoire.
Les mis en cause sont poursuivis pour “constitution d’une bande criminelle organisée à l’effet de commettre des crimes, des enlèvements, des tortures et des agressions et constitution d’un gang de quartier”.
Les suspects tombent sous le coup des dispositions du Code pénal, de la loi de prévention et de lutte contre les crimes d’enlèvement et de la loi de lutte contre les gangs de quartier, a précisé le procureur.
Celui-ci a indiqué que l’enquête se poursuivra pour tirer au clair les tenants et aboutissants de cette affaire et assuré que la justice fera face avec toute la rigueur de la loi à toutes les formes de criminalité organisée et aux gangs de quartier.