Économie

Taux de change, secteur privé : ce que le FMI recommande à l’Algérie

Par Ali Idir6 min de lecture
Taux de change, secteur privé : ce que le FMI recommande à l’Algérie
Résumé IA

Le Fonds monétaire international salue les performances économiques de l'Algérie en 2025 et recommande des réformes pour renforcer sa résilience face aux chocs pétroliers.

Le FMI a relevé une croissance robuste de 3,9 % en 2025, soutenue par d'importants investissements publics, ainsi qu'une diminution du déficit budgétaire à 10,5 % du PIB. L'institution a également félicité les efforts de diversification dans les secteurs minier et agricole, ainsi que le retrait de l'Algérie de la liste grise du GAFI.

Cependant, le solde extérieur s'est considérablement détérioré en raison d'une envolée des importations et d'une baisse des exportations d'hydrocarbures, entraînant une forte réduction des réserves internationales. Le FMI prévoit une croissance de 3,8 % en 2026, mais anticipe une modération à moyen terme.

Le FMI recommande une consolidation budgétaire importante, une plus grande flexibilité du taux de change et un resserrement de la politique monétaire. À moyen terme, l'institution préconise de réduire l'interdépendance entre l'État, les entreprises publiques et les banques, tout en favorisant une transition vers une croissance durable tirée par le secteur privé.

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Nouvelles bonnes appréciations des performances de l’économie algérienne par le Fonds monétaire international (FMI), qui dévoile ses recommandations pour une meilleure résilience face aux éventuels chocs pétroliers futurs.

À l’issue des consultations de 2026 au titre de l’article IV avec l’Algérie, menées entre le 16 et le 30 juin, la mission de l’institution monétaire internationale a salué une croissance restée robuste en 2025, le recul du déficit budgétaire, les efforts de diversification de l’économie et le retrait de l’Algérie de la liste grise du GAFI (Groupe d’action financière).

La mission a salué aussi “les efforts de diversification déployés par l’Algérie, notamment dans les secteurs minier et agricole”, encourageant “la poursuite des réformes visant à renforcer la compétitivité et l’investissement privé”.

Algérie : le FMI relève une « croissance robuste » en 2025

Soutenue par “des investissements importants”, la croissance de l’économie algérienne est restée “robuste” en 2025 et les estimations la situent à 3,9 %, indique le chef de la mission, Charalambos G. Tsangarides, dans son rapport.

La croissance du secteur des hydrocarbures est restée modérée et l’inflation, portée par une hausse “importante”

des prix des bijoux et une augmentation “modérée” de ceux des produits alimentaires, a augmenté depuis septembre 2025.

Bien qu’il reste “très élevé”, le déficit budgétaire a diminué à 10,5 % du PIB et ce grâce aux dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie ainsi qu’à l’augmentation des recettes hors hydrocarbures. La dette publique a été portée à 52,1 % du PIB par “d’importants besoins de financement”.

“Les conditions monétaires se sont assouplies, parallèlement à un financement accru de l’État par la banque centrale”, a constaté la mission du FMI.

S’agissant du solde extérieur, il s’est “considérablement détérioré” en 2025, pointe le FMI. En cause, une “envolée” des importations, tirée par d’importants investissements publics, conjuguée à une baisse des exportations d’hydrocarbures, ce qui a logiquement entraîné une forte réduction des réserves internationales. La prime de change du marché parallèle est également restée élevée en dépit des mesures introduites par la Banque d’Algérie.

Des perspectives positives à court terme 

Au chapitre des prévisions, le FMI estime que les perspectives à court terme demeurent globalement positives, du fait de la hausse des prix des hydrocarbures qui devrait porter vers le haut les exportations et les recettes budgétaires. La croissance devrait rester également “robuste” en 2026, à 3,8 %. À moyen terme, il est prévu une modération de la croissance.

Tandis que l’inflation devrait s’accélérer, mais “temporairement”, le déficit extérieur devrait baisser sous le double effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations.

Le déficit budgétaire devrait rester élevé et la dette publique aussi.  Les déficits, prévoit le FMI, devraient réduire progressivement les réserves de change de l’Algérie.

En tout, note le rapport, les perspectives de l’économie algérienne demeurent “tributaires de réformes visant à renforcer la viabilité des finances publiques, à diversifier l’économie et à stimuler l’investissement privé”.

Les risques pesant sur les perspectives économiques du pays sont principalement liés à “la volatilité des prix des hydrocarbures, à la persistance de déficits budgétaires élevés et aux liens financiers importants entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques”, de même que “le recours persistant au financement monétaire” pourrait “compromettre la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique”, lit-on.

Le FMI recommande des réformes et une meilleure part pour le privé 

En raison de “l’érosion des marges budgétaires et extérieures”, le renforcement de la résilience économique est devenu “plus urgent”, estime la mission du FMI.

Celle-ci recommande, à court terme, une consolidation budgétaire importante, d’éviter le recours au financement monétaire et un resserrement de la politique monétaire en cas de persistance de l’accélération de l’inflation.

Aussi, conseille encore le FMI, une plus grande flexibilité du taux de change améliorerait la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs.

Les priorités à moyen terme, selon le rapport, sont le renforcement des cadres budgétaire et monétaire, la réduction de l’interdépendance entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques, et la poursuite des réformes structurelles destinées à favoriser une transition progressive vers une croissance durable tirée par le secteur privé.

L’Algérie est aussi appelée à mobiliser de nouvelles recettes hors hydrocarbures et à rationaliser les dépenses, avec l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration des performances de l’administration fiscale.

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