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France : des Algériens victimes d'un business autour des demandes de titre de séjour

Par Mohamed Rahmani4 min de lecture
France : des Algériens victimes d'un business autour des demandes de titre de séjour
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Des Algériens en France sont victimes d'arnaqueurs proposant des services payants pour faciliter les demandes de titre de séjour, alors que ces démarches administratives sont entièrement gratuites.

Farid, un ressortissant algérien, a versé 190 euros à un intermédiaire pour régulariser la situation de sa mère, mais sa demande a été rejetée car la procédure engagée ne correspondait pas aux accords franco-algériens de 1968.

Des entreprises privées comme Démarche française ou Titres français facturent entre 800 et 1 700 euros pour un accompagnement administratif, alors que seules les associations reconnues comme La Cimade ou les avocats spécialisés peuvent offrir un conseil fiable et adapté.

Les difficultés d'accès aux préfectures et la complexité des règles spécifiques aux ressortissants algériens alimentent ce marché lucratif de la misère, selon le député Stéphane Peu.

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Obtenir un titre de séjour en France est devenu un véritable parcours d'obstacles pour de nombreux étrangers. Les longues attentes en préfecture, les rendez-vous difficiles à décrocher et la complexité des démarches ont favorisé l'émergence d'un marché lucratif de l'accompagnement administratif.

Parmi les personnes concernées figurent de nombreux Algériens, dont certains déboursent plusieurs centaines d'euros sans garantie de succès.

Un Algérien paie un intermédiaire avant de voir sa demande rejetée

L'enquête publiée par Le Parisien met en lumière le cas de Farid, un ressortissant algérien installé en Seine-Saint-Denis. Souhaitant régulariser la situation de sa mère, présente en France depuis plus de dix ans, il fait appel à un intermédiaire recommandé par son entourage.

Pour cette prestation, il verse d'abord 70 euros, puis 120 euros. Pourtant, la demande est rejetée par la préfecture. En se tournant ensuite vers La Cimade, une association spécialisée dans l'accompagnement des étrangers, il découvre que la procédure engagée ne correspondait pas à sa situation.

Selon Martine, présidente du groupe local de l'association à Aulnay-sous-Bois, la mère de Farid, en tant que ressortissante algérienne, relevait des accords franco-algériens de 1968 et devait déposer une demande de séjour spécifique, et non une admission exceptionnelle au séjour.

Des démarches gratuites… mais des prestations facturées jusqu'à 1 700 euros

L'affaire illustre un phénomène plus large. De nombreux autoentrepreneurs et sociétés privées proposent désormais d'accompagner les étrangers dans leurs formalités administratives.

D'après Le Parisien, certaines entreprises spécialisées, comme Démarche française, Titres français ou France Accès, commercialisent des prestations comprises entre 800 et 1 700 euros. Pourtant, les démarches administratives auprès des préfectures sont gratuites. Les sommes demandées rémunèrent uniquement l'accompagnement dans la constitution des dossiers.

Les associations rappellent également qu'aucune société privée ne peut garantir l'obtention d'un titre de séjour ni bénéficier d'un traitement privilégié auprès des services de l'État.

Les difficultés des préfectures alimentent ce marché

Pour Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, cette situation est la conséquence directe des difficultés rencontrées par les usagers des préfectures. Il dénonce un « marché lucratif de la misère », estimant que les problèmes liés à la dématérialisation des démarches administratives poussent les étrangers à rechercher une aide payante.

Les ressortissants algériens sont particulièrement concernés, car leur séjour en France est régi par les accords franco-algériens, qui prévoient des règles spécifiques selon les situations familiales, professionnelles ou la durée de présence sur le territoire.

Avant de payer un intermédiaire, les associations recommandent de solliciter des organismes reconnus, comme La Cimade, ou un avocat spécialisé en droit des étrangers. Un accompagnement adapté permet souvent d'éviter des erreurs administratives coûteuses et de préserver les chances d'obtenir un titre de séjour.

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