8 000 à 10 000 euros la traversée : drogue et migrants, le double trafic d'un réseau marocain entre l'Algérie et l'Espagne

Une opération policière coordonnée entre l'Espagne, la Belgique et la France a démantelé un réseau criminel marocain combinant trafic de drogue et passeurs de migrants entre l'Algérie et l'Espagne.
Le réseau, dirigé depuis la Belgique par un clan familial marocain, acheminait de la cocaïne et de la MDMA vers l'Algérie, puis rapatriait des migrants clandestins vers l'Espagne sur le trajet retour.
Chaque migrant payait entre 8 000 et 10 000 euros pour la traversée ; au moins 400 ont été transportés, générant environ quatre millions d'euros de revenus criminels.
Vingt personnes ont été arrêtées : seize en Espagne et quatre en Belgique, avec saisie de deux vedettes rapides, 1 179 grammes de MDMA et 12 430 euros en espèces.
🚩Desarticulada una organización criminal trasnacional dedicada al tráfico de personas y drogas entre #Argelia y #España
— Policía Nacional (@policia) July 8, 2026
👉Responsables de la entrada #irregular en nuestro país 🇪🇸 de más de 400 #migrantes
👮♂️Realizaban los traslados en lanchas 🚤 de gran potencia, sin… pic.twitter.com/WuYr1Boxxq
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Une opération policière coordonnée entre l'Espagne, la Belgique et la France a abouti au démantèlement d'une organisation criminelle transnationale dirigée par un clan familial d'origine marocaine. Les investigations, ouvertes en octobre 2022, ont permis d'identifier un réseau sophistiqué opérant entre les côtes algériennes et espagnoles. L'enquête a mis au jour une structure capable de combiner trafic de stupéfiants et acheminement de migrants clandestins sur un même axe maritime.
L'enquête a été ouverte en octobre 2022, après le naufrage d'une embarcation au large des côtes espagnoles. Douze migrants ont perdu la vie dans ce drame. Dans un communiqué publié mercredi 8 juillet 2026, la Police nationale espagnole a précisé que cette opération constitue l'aboutissement d'investigations menées avec le soutien d'Europol et d'Eurojust. Les témoignages recueillis et les premiers éléments d'investigation ont conduit les enquêteurs à identifier l'existence d'une organisation structurée, dirigée depuis la Belgique par un clan familial marocain.
La branche opérationnelle du réseau était implantée en Espagne, plus précisément dans la province d'Alicante. Un suspect actuellement incarcéré dans ce pays dirigeait cette structure depuis sa cellule de prison, continuant à coordonner les activités du réseau et à donner des directives aux membres basés à Alicante.
Un double trafic entre les deux rives de la Méditerranée
L'organisation criminelle fonctionnait selon un mode opératoire rodé, exploitant les traversées maritimes dans les deux sens. Les vedettes rapides, pilotées par des spécialistes marocains, acheminaient des cargaisons de cocaïne et de drogues de synthèse, notamment de la MDMA, vers les côtes nord-africaines. Une fois la marchandise livrée en Algérie, les mêmes embarcations effectuaient le trajet retour en embarquant des migrants clandestins à destination des côtes espagnoles.
La branche algérienne du réseau était chargée du recrutement des candidats à l'émigration clandestine et de l'organisation des départs. Les migrants étaient rassemblés dans des habitations sécurisées en Algérie, où ils attendaient que les conditions météorologiques et maritimes permettent le départ. La branche espagnole préparait la logistique nécessaire : entretien des embarcations, approvisionnement en carburant et coordination des pilotes. Ces derniers maîtrisaient le « petaqueo », une technique de ravitaillement en mer à partir de réserves dissimulées, qui permettait d'accroître l'autonomie des vedettes sans regagner le rivage.
Un chiffre d'affaires estimé à huit millions d'euros
Chaque migrant devait verser entre 8 000 et 10 000 euros pour effectuer la traversée. Selon les autorités espagnoles, au moins 400 migrants ont été acheminés par cette filière durant la période investiguée, ce qui représente un produit criminel proche de quatre millions d'euros. En additionnant les profits issus du trafic de stupéfiants, le chiffre d'affaires total de l'organisation est estimé à huit millions d'euros.
L'organisation utilisait des embarcations rapides équipées de moteurs de forte puissance. Les pilotes, recrutés pour leur expérience de la navigation clandestine en Méditerranée occidentale, maîtrisaient des techniques de contre-surveillance et de logistique maritime.
Des saisies nombreuses en Espagne et en Belgique
L'opération a été menée par la Police nationale espagnole en coordination avec les forces de police belges et françaises, avec le soutien d'Europol et d'Eurojust. Vingt personnes ont été interpellées au total : seize en Espagne et quatre en Belgique. En Espagne, les arrestations ont eu lieu à Alicante, Madrid, Vitoria et Murcie.
🚩Desarticulada una organización criminal trasnacional dedicada al tráfico de personas y drogas entre #Argelia y #España
👉Responsables de la entrada #irregular en nuestro país 🇪🇸 de más de 400 #migrantes
👮♂️Realizaban los traslados en lanchas 🚤 de gran potencia, sin… pic.twitter.com/WuYr1Boxxq
— Policía Nacional (@policia) July 8, 2026
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi deux vedettes rapides utilisées pour le trafic. L'une était équipée d'un moteur de 300 chevaux, l'autre de deux moteurs de 250 chevaux. Un pick-up servant à la mise à l'eau des embarcations, un moteur hors-bord de 40 chevaux, 27 bidons de carburant et une importante quantité de documents relatifs à l'achat des bateaux et des moteurs ont également été confisqués.
Les policiers ont découvert deux armes à feu en Belgique, dont une volée, ainsi qu'une réplique d'arme à feu et une carabine en Espagne. Ils ont également saisi 1 179 grammes de MDMA en poudre, cinq balances de précision, 35 téléphones portables et 12 430 euros en espèces.
Quatre des suspects arrêtés en Espagne ont été placés en détention provisoire, tandis que l'un des détenus en Belgique a également été incarcéré dans ce pays. Deux des principaux suspects faisaient l'objet de mandats d'arrêt internationaux et de demandes d'extradition émises par les autorités algériennes pour des affaires liées au trafic de drogue.