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Algérophobie en France : une dangereuse dérive médiatique et politique

Par Riyad Hamadi5 min de lecture
Algérophobie en France : une dangereuse dérive médiatique et politique
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L’article dénonce une dérive médiatique et politique dangereuse d’Algérophobie en France, où l’Algérie est attaquée plutôt que ses autorités. Il commente le projet de l’Union européenne d’étendre Erasmus à dix pays du Maghreb et du Moyen-Orient, l’Algérie étant la seule exclue, ce qui a suscité des titres provocateurs comme « Erasmus, la nouvelle auberge algérienne » dans Le Figaro; la Commission européenne affirme que l’objectif est de prévenir l’immigration irrégulière et de répondre aux besoins de main-d’œuvre, avec des facilités de visa pour les autres pays concernés. Selon l’auteur, cette réaction révèle une baisée anti-algérienne persistance parmi l’extrême droite et les médias en France, et que l’Algérie demeure un sujet qui polarise les sondages et les débats publics malgré des chiffres d’immigration et de délinquance comparables à d’autres nationalités.

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L’obsession algérienne des partis et des médias l’extrême-droite et de la droite française n’est plus à démontrer. Elle dépasse même toutes les limites. Il ne s’agit plus de critiquer les actions du pouvoir algérien, mais c’est toute l’Algérie qui est attaquée.

L’annonce de l’élargissement du programme européen Erasmus aux universités et étudiants du Maghreb et du Moyen-Orient a donné lieu à un énième et grave dérapage. Alors que le projet d’élargissement concerne dix pays, seule la présence de l’Algérie dans la liste dérange.

Erasmus, la nouvelle auberge algérienne”. Ce titre provocateur est du journal de droite Le Figaro, en écho au célèbre film L’auberge espagnole.

Le journaliste Alexandre Devecchio, pas franchement connu pour ses sympathies algériennes, s’est élevé contre la décision annoncée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mais seulement parce que l’Algérie est concernée.

La responsable européenne a fait savoir jeudi 16 octobre que l’UE envisage d’étendre le programme Erasmus au Maghreb et au Moyen-Orient.

Erasmus est un programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités européennes et des établissements du monde entier.

Les pays concernés par l’élargissement envisagé sont l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, les territoires palestiniens, la Syrie et la Tunisie.

L’extrême-droite en roue libre

La commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Suica, a expliqué que l’objectif derrière cette décision est de prévenir les départs illégaux tout en créant des voies légales “pour répondre aux besoins de main-d’œuvre” de l’Europe.

Pour le Figaro, il s’agit d’une “nouvelle route à sens unique pour l’immigration”. Qu’un média de droite s’offusque d’une facilité accordée à l’immigration, ce n’est pas anormal dans la France d’aujourd’hui. Dans la liste dévoilée qui comprend dix pays, un seul ne passe pas : l’Algérie. Cela aussi ce n’est pas une hérésie chez un courant politique de plus en plus résolument anti-algérien.

“Klapisch (Cédric, le réalisateur de l’Auberge espagnole en 2002) pourrait même imaginer un scénario où l’Algérie démontrerait tout son sens de l’hospitalité en retenant sur son sol ses étudiants européens. Cela ressemble à une blague, c’est pourtant tout ce qu’il y a de plus sérieux”, écrit Devecchio.

France : l’obsession algérienne fait tomber les masques du courant extrémiste 

Dans les plans de la Commission européenne, des avantages concrets sont prévus pour d’autres pays de la rive sud, et l’Algérie en est exclue.

Nous allons également intensifier les partenariats de talents avec le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, et faciliter la délivrance de visas, en particulier pour les étudiants de ces pays”, a détaillé la commissaire à la Méditerranée. Plus de visas pour les Marocains, les Tunisiens et les Égyptiens, cela ne semble pas choquer tant que les Algériens ne sont pas concernés.

La droite et l’extrême-droite s’acharnent depuis plusieurs années sur l’Algérie et tout ce qui s’y rattache, que ce soit les OQTF, les visas, les titres de séjour, la mémoire, la prétendue aide française au développement…

Pourtant, l’immigration algérienne en France n’est pas plus problématique, par son nombre ou par les autres aspects, de celles d’autres pays. D’autres États ne font pas mieux que l’Algérie en termes d’exécution des reconduites aux frontières.

Les ressortissants algériens ne sont pas en tête des délivrances de visas ou de titres de séjours. Les Algériens ne commettent pas plus de délits que les autres ressortissants étrangers.

Malgré tout, l’obsession du courant extrémiste reste l’Algérie et les Algériens. Les masques sont en fait tombés depuis bien longtemps. Cette analyse biaisée par le prisme anti-algérien n’est pas un cas isolé dans les journaux et sur les plateaux télé français.

Le souci de ceux qui s’agitent à la moindre évocation de l’Algérie est ailleurs que dans le contrôle ou la régulation de l’immigration.

Les choses deviennent plus claires au fil des semaines et des polémiques. On tape sur l’Algérie, souvent à coup de mensonges, par calcul politicien. En France, l’Algérie est devenue, malgré elle, le sujet qui fait monter l’extrémisme dans les sondages et dans les urnes.

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