Algérie : 2,6 millions de comprimés d'ecstasy saisis sur un ferry, des douaniers impliqués

La justice algérienne a condamné dix prévenus pour l'importation de 2,6 millions de comprimés d'ecstasy arrivés d'Espagne par ferry au port de Mostaganem, dont plusieurs agents des douanes complices.
Le conducteur du véhicule a reçu 20 ans de prison, tandis que les deux frères déclarants en douane ont chacun écopé de 10 ans, et l'inspecteur principal des douanes 5 ans.
Deux prévenus en fuite, dont un agent de contrôle, ont été condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité pour leur rôle dans ce trafic international.
Le tribunal a ordonné la confiscation du véhicule Kia Sorento et des sommes d'argent saisies lors de l'opération menée en juillet 2024.
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La justice algérienne a rendu ses verdicts dans l'une des plus importantes affaires de trafic de drogue jamais jugées à Oran. Dix prévenus étaient poursuivis pour leur participation à l'importation de plus de 2,6 millions de comprimés d'ecstasy, arrivés d'Espagne par ferry via le port de Mostaganem, dans l'ouest de l'Algérie. Parmi les condamnés figurent des agents des douanes, impliqués dans le passage de la cargaison. Les peines prononcées vont de 5 ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité.
Les faits remontent au début du mois de juillet 2024, lorsque la section régionale de la police judiciaire relevant des forces de sécurité de l'armée a reçu des informations concernant le passage d'une quantité importante de stupéfiants via le port de Mostaganem à destination d'Oran. Les enquêteurs ont alors surveillé les déplacements du suspect principal, identifié par ses initiales "L-A-H", qui circulait à bord d'un véhicule de tourisme de marque Kia Sorento immatriculé en Espagne.
Après l'interpellation du conducteur et la perquisition de son véhicule, les forces de sécurité ont découvert à l'intérieur 53 sacs contenant 2'650'550 comprimés d'ecstasy, pour un poids total de 93 kilogrammes. La marchandise était cachée dans différentes parties de la voiture. Le suspect a été immédiatement transféré au siège de la sûreté pour audition, rapporte Echorouk samedi 11 juillet 2026.
Le réseau criminel démantelé
Lors de son audition, le suspect principal a reconnu être membre d'un réseau criminel dont les activités s'étendent à l'étranger. Il a déclaré que son objectif était de livrer la marchandise à l'un de ses complices, chargé de la distribuer à des barons de la drogue à Oran. Il a également affirmé agir sous les ordres de deux barons identifiés comme "Yahya" et "Redouane".
Les investigations approfondies ont permis d'identifier plusieurs complices impliqués dans le passage de la cargaison, dont deux frères, identifiés par leurs initiales "D-C" et "D-M", tous deux déclarants en douane au port de Mostaganem. Ils étaient chargés de la procédure de dédouanement du véhicule et de sa sortie du port. L'enquête a également mis en cause l'inspecteur principal des douanes, identifié par ses initiales "A-K", responsable direct du contrôle des véhicules, pour ne pas avoir utilisé le scanner afin de vérifier le contenu du véhicule.
Les peines prononcées par le tribunal
La cour d'assises près la cour d'appel d'Oran a rendu ses verdicts. Le conducteur du véhicule, "L-A-H", a été condamné à 20 ans de prison. Un autre prévenu, "S-A", chargé du transport et de la distribution des stupéfiants, a écopé de 15 ans de prison.
Les deux frères agents des douanes ont été condamnés à 10 ans de prison chacun. L'inspecteur principal des douanes, "A-K", a été condamné à 5 ans de prison. Les deux prévenus en fuite, dont un agent de contrôle des douanes, ont été condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. En revanche, trois prévenus, des conducteurs de dépanneuses, ont bénéficié d'un acquittement.
Les déclarations des prévenus et le déroulement du procès
Au cours de l'audience, le suspect principal a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. En revanche, le prévenu "Y-A" a nié les accusations, affirmant que l'argent trouvé en sa possession était destiné à l'accomplissement de formalités douanières pour une transaction de bovins. Les autres prévenus ont nié les actes qui leur étaient imputés.
L'inspecteur des douanes a déclaré qu'il n'était pas responsable de l'opération, arguant que le scanner était en panne et qu'il ne pouvait pas inspecter manuellement toutes les marchandises. Le représentant du ministère public avait requis une peine de 20 ans de prison contre les prévenus. Le tribunal a également ordonné la confiscation du véhicule Kia Sorento utilisé pour le transport des stupéfiants, ainsi que des sommes d'argent saisies dans le cadre de cette affaire.