Sous OQTF, il refuse de prendre l'avion pour l'Algérie à trois reprises

Un ressortissant algérien de 24 ans a été condamné à trois mois de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence pour avoir refusé à trois reprises d'embarquer vers l'Algérie malgré une obligation de quitter le territoire français.
Placé en centre de rétention administrative depuis mars 2026 suite à une OQTF décidée en juin 2025, le jeune homme a justifié ses refus en déclarant vouloir partir avec son épouse résidant en Espagne, craignant des problèmes familiaux en Algérie.
Son avocat a plaidé le renvoi des poursuites, soulignant que son client n'avait pas fui et avait même proposé de quitter le territoire par ses propres moyens dans les vingt-quatre heures.
Le tribunal a également prononcé une interdiction du territoire français de cinq ans, le prévenu ayant déjà passé quatre-vingt-dix jours en rétention administrative avant sa condamnation.
Publié par
ObservAlgérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Un ressortissant algérien de 24 ans a été condamné à trois mois de prison par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence pour avoir refusé à trois reprises d'embarquer vers son pays d'origine. Placé en centre de rétention administrative depuis le 25 mars 2026, il était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
L'obligation de quitter le territoire français a été décidée le 15 juin 2025 par la préfecture du Puy-de-Dôme. L'administration a motivé sa décision par l'absence de liens stables du jeune homme en France. À ce moment-là, Boubakeur B. a déclaré être séparé de son épouse, qui vivrait en Espagne, tandis que sa famille réside en Algérie.
Le ressortissant algérien est arrivé en France en 2025 après une traversée en Zodiac depuis l'Espagne. Il exerçait la profession de livreur pour la plateforme Deliveroo au moment des faits. La décision d'éloignement lui imposait de quitter le territoire français, ce qu'il n'a pas exécuté.
Trois refus d'embarquer vers l'Algérie
Le 25 mars 2026, Boubakeur B. a été placé en centre de rétention administrative afin de préparer son renvoi en Algérie. La mesure de rétention a été prolongée à trois reprises par le juge des libertés et de la détention. Durant cette période, trois tentatives d'éloignement ont été organisées par l'administration.
À chaque fois, le jeune homme a refusé de monter dans l'avion à destination de l'Algérie. Devant le tribunal, il a expliqué sa position : "Je veux partir mais pas sans mon épouse." Il a justifié ce refus par les problèmes que sa belle-famille lui causerait s'il rentrait en Algérie sans sa femme, rapporte le média français La Provence, ce dimanche 12 juillet 2026.
La défense plaide le renvoi des poursuites
Maître Thomas Bitoun, avocat du prévenu, a plaidé le renvoi des poursuites. Il a souligné que son client ne s'était pas soustrait à la surveillance et avait même proposé une solution alternative. "Il refuse de quitter le territoire sans sa femme mais il ne s'est pas échappé. Il a même proposé une solution : quitter le territoire par ses propres moyens sous vingt-quatre heures, le temps d'aller chercher sa femme", a déclaré l'avocat à la barre.
À la barre du tribunal d'Aix-en-Provence, Boubakeur B. a également déclaré : "Les mois que j'ai passés en France ont détruit ma vie." Il a tenté d'expliquer une situation administrative qu'il jugeait inextricable.
Le parquet relève les contradictions
Le procureur a souligné les incohérences dans le discours du prévenu. Il a notamment relevé une contradiction : "Pourquoi avoir déclaré être séparé de votre épouse et avoir dit qu'elle vivait en Espagne ?" Cette question visait à mettre en doute la sincérité du motif invoqué pour refuser l'embarquement.
Le ministère public a requis trois mois de prison avec mandat de dépôt ainsi qu'une interdiction du territoire français pendant cinq ans. Le parquet a considéré que les refus répétés d'embarquer constituaient un non-respect caractérisé de la mesure d'éloignement.
Condamnation à trois mois de prison ferme
Le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence a suivi les réquisitions du parquet. Boubakeur B. a été condamné à trois mois de prison avec maintien en détention. Le tribunal a également prononcé une interdiction du territoire français d'une durée de cinq ans.
Le prévenu, qui avait déjà passé quatre-vingt-dix jours en centre de rétention administrative, effectuera désormais sa peine en détention. Cette condamnation intervient dans le cadre d'une procédure distincte pour refus d'exécution d'une mesure d'éloignement, prévue par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.