Ali Lmrabet : le célèbre journaliste arrêté à son retour au Maroc
Le célèbre journaliste marocain Ali Lmrabet, en exil en Espagne, a été arrêté samedi 11 juillet à son arrivée à l'aéroport de Tanger pour "diffusion de fausses informations".
Lmrabet, 66 ans, est une figure majeure du journalisme marocain connu pour ses positions critiques envers le régime et ses reportages audacieux depuis l'Espagne.
Son arrestation a provoqué une vague de solidarité internationale, notamment de la part de journalistes et défenseurs des droits humains qui dénoncent cette nouvelle atteinte à la liberté de presse.
Cet événement intervient deux ans après la libération de trois journalistes marocains et d'un historien emprisonnés pour des accusations similaires.
Le journaliste marocain Ali Lmrabet, qui réside à Barcelone, a été arrêté cet après-midi à son arrivée à l'aéroport de Tanger. Le parquet a engagé des poursuites contre lui, mais, au fond, ce qu'on lui reproche, c'est d'écrire librement depuis l'#Espagne. Qu'on ne vienne plus… pic.twitter.com/oUKpOWuucP
— Ignacio Cembrero (@icembrero) July 12, 2026
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Chassez le naturel, il revient au galop. Deux ans après la libération de trois journalistes et d’un historien injustement incarcérés, le régime marocain met une autre voix critique derrière les barreaux.
Le célèbre journaliste Ali Lmrabet, qui vit en exil en Espagne, a été arrêté samedi 11 juillet à son retour au Maroc.
Lmrabet a été interpellé à l’aéroport de Tanger rapportent plusieurs défenseurs de la liberté de la presse et des droits de l’homme.
Le journaliste Ali Lmrabet, critique du régime marocain, arrêté à son arrivée au Maroc
Les autorités marocaines n’ont pas communiqué sur cette interpellation. Selon l’AFP, le journaliste et opposant a été arrêté pour “diffusion de fausses informations”. Son interpellation a suscité une vague d’indignation à l’étranger.
“Au fond, ce qu’on lui reproche, c’est d’écrire librement depuis l’Espagne. Qu’on ne vienne plus nous raconter que, petit à petit, les autorités du Maroc se montrent plus tolérantes”, a écrit sur X le journaliste espagnol Ignacio Cembrero.
Le journaliste marocain Ali Lmrabet, qui réside à Barcelone, a été arrêté cet après-midi à son arrivée à l’aéroport de Tanger. Le parquet a engagé des poursuites contre lui, mais, au fond, ce qu’on lui reproche, c’est d’écrire librement depuis l’#Espagne. Qu’on ne vienne plus… pic.twitter.com/oUKpOWuucP
— Ignacio Cembrero (@icembrero) July 12, 2026
Khaled Drareni, journaliste algérien et représentant de Reporters Sans Frontières (RSF) pour l’Afrique du Nord, a lui aussi exprimé sa solidarité avec le journaliste “connu pour ses positions critiques à l’égard des autorités marocaines”.
“Depuis des années, il vivait en Espagne d’où il faisait ses émissions sur les réalités autoritaires de la monarchie marocaine. Soutien à mon confrère”, a écrit la journaliste et opposante marocaine Hajer Raissouni, qui salue un “immense journaliste”. Raissouni est elle-même passée par les geôles du régime marocain.
Très actif sur les réseaux sociaux, Ali Lmrabet n’a pas annoncé son retour au Maroc après plusieurs années d’exil. Les dernières publications sur son compte X remontent à deux jours et concernent le livre “La cellule 10” de Ahmed Merzouki, un ancien détenu de Tazmamart.
Le premier à interviewer des opposants à Hassan II et le chef du Polisario
Âgé de 66 ans, Ali Lmrabet est une figure très connue du paysage médiatique marocain. Il s’est fait connaître en étant le premier journaliste marocain à avoir eu l’audace d’interviewer de farouches opposants de Hassan II, comme Abraham Serfaty ou Malika Oufkir, la fille du général Oufkir.
Il s’est aussi déplacé dans les camps de réfugiés sahraouis où il a interviewé le défunt président du Polisario et de la RASD Mohamed Abdelaziz. Lmrabet a été aussi le premier journaliste marocain à faire la traversée clandestine de la Méditerranée à bord d’une embarcation de fortune pour les besoins d’un reportage sur la migration clandestine.
Poursuivi à plusieurs reprises, Ali Lemrabet a fait huit mois de prison entre 2003 et 2004 pour “offense à la personne du roi”. En 2005, il a écopé de 10 ans de prison ferme pour avoir seulement refusé de qualifier les réfugiés sahraouis de “prisonniers” comme le veut la propagande marocaine. En 2014, il a été désigné par RSF parmi “les 100 héros de l’information dans le monde”.
L’arrestation de Ali Lmrabet survient deux ans après la libération de trois journalistes marocains, Omar Radi, Soulaimane Raissouni, Taoufik Bouachrine, et de l’historien Maâti Monjib, après plusieurs années derrière les barreaux pour des accusations fallacieuses. Les quatre détenus étaient libérés le jour même de la reconnaissance de la “marocanité” du Sahara occidental par la France, le 30 juillet 2024.
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