Algérie : un énorme potentiel de gaz de schiste détecté dans le sud-ouest

L'Institut d'études géologiques américain estime que le sud-ouest algérien recèle près de 2000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste techniquement récupérable dans les bassins d'Ahnet et du Grand Erg.
Cette ressource, répartie entre huit unités géologiques, représente un potentiel majeur mais reste soumise à des défis techniques et économiques avant exploitation commerciale.
L'étude identifie également 275 millions de barils de liquides de gaz naturel associés, susceptibles d'améliorer la rentabilité des futurs projets.
Chevron et ExxonMobil manifestent déjà de l'intérêt pour le secteur énergétique algérien, attiré par la proximité avec l'Europe et les infrastructures d'exportation existantes.
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Une étude de l’Institut d’études géologiques des États-Unis, l’USGS, estime que le sud-ouest algérien pourrait abriter près de 2000 milliards de mètres cubes de gaz non conventionnel techniquement récupérable. Cette évaluation porte sur les bassins d’Ahnet et du Grand Erg, deux zones encore peu exploitées à l’échelle industrielle.
Les ressources identifiées seraient réparties entre huit unités d’évaluation. Les géologues américains ont étudié les caractéristiques des roches mères, leur maturité thermique, la qualité des réservoirs et les similitudes avec d’autres bassins producteurs dans le monde.
Huit unités géologiques passées au crible
L’estimation atteint environ 80'000 milliards de pieds cubes de gaz, soit près de 2000 milliards de mètres cubes. Le terme « techniquement récupérable » indique qu’une partie de la ressource pourrait être extraite avec les technologies disponibles. Il ne s’agit donc pas encore de réserves commerciales prouvées.
Le passage d’une estimation géologique à une production rentable dépendra des coûts de forage, des infrastructures, de la réglementation, de la disponibilité de l’eau et des résultats obtenus lors des futurs travaux d’exploration.
Des volumes de liquides associés également évoqués
L’étude en question évalue aussi à 275 millions de barils le volume moyen de liquides de gaz naturel potentiellement présent dans la région. Ces produits, récupérés parallèlement au gaz, pourraient améliorer la rentabilité de certains projets.
Ces chiffres ne couvrent qu’une partie du territoire algérien. Les bassins du Grand Erg et d’Ahnet représentent une fraction du potentiel national. L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures, Alnaft, a déjà estimé les ressources récupérables du pays à environ 7000 milliards de mètres cubes.
L’Algérie attire l’attention des groupes américains
La publication intervient alors que Chevron et ExxonMobil manifestent un intérêt pour le secteur énergétique algérien. Les bassins non conventionnels situés hors des États-Unis sont davantage étudiés par les grandes compagnies, confrontées à la maturation progressive de plusieurs zones du bassin permien.
Le cabinet Wood Mackenzie classe l’Algérie parmi les pays présentant un potentiel notable dans ce domaine. Sa proximité avec l’Europe et ses gazoducs vers l’Espagne et l’Italie constituent des atouts pour l’exportation.
Un développement soumis à plusieurs conditions
L’exploitation du gaz de schiste nécessite des investissements élevés et des opérations de fracturation hydraulique. Elle soulève aussi des questions liées à la consommation d’eau, à la protection des nappes souterraines et à l’impact des installations sur les territoires concernés.
L’étude américaine met donc en évidence une ressource géologique de grande ampleur, sans préjuger de sa rentabilité ni de son calendrier d’exploitation. Des forages d’évaluation et des analyses économiques seront nécessaires avant toute décision industrielle.