France : les Algériens parmi les nationalités aux plus faibles taux d'emploi (étude)

Une étude de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie révèle que les Algériens figurent parmi les nationalités aux plus faibles taux d'emploi en France, avec 54,4 % contre 79,6 % pour les Français de naissance.
Les écarts d'emploi persistent à tous les âges de la vie active, atteignant environ 20 points entre les personnes nées au Maghreb et les Français de naissance entre 25 et 54 ans. Les femmes nées d'une nationalité maghrébine connaissent des difficultés particulièrement marquées, avec un écart de 27 points par rapport aux hommes de même origine.
Même à diplôme équivalent, les disparités subsistent : une personne née au Maghreb avec un Bac+5 occupe moins souvent un emploi qu'un simple bachelier français de naissance. Les Algériens naturalisés affichent un taux d'emploi de 66,8 %, bien supérieur aux 50 % des Algériens restés étrangers, mais toujours inférieur à celui des Français de naissance.
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— Observatoire de l'immigration et de la démographie (@ObservatoireID) July 9, 2026
Quelques données clés :
– En France, 81 % des Portugais de naissance occupent un emploi, contre seulement 51 % des Comoriens de naissance.
– En moyenne : une personne née d'une… pic.twitter.com/XAMGpXVzEk
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Les personnes nées avec la nationalité algérienne résidant en France occupent une place défavorable dans le classement des taux d'emploi par nationalité. Une étude publiée révèle des écarts significatifs entre les différentes populations issues de l'immigration sur le marché du travail français.
Selon une étude de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID) publiée le 9 juillet 2026, l'analyse des micro-données du recensement de l'Insee de 2022 permet pour la première fois de mesurer la part des personnes en emploi en France par nationalité de naissance détaillée. Jusqu'à présent, les données publiques de l'Insee procédaient à des regroupements larges qui ne permettaient pas de saisir la diversité des comportements économiques selon les origines.
Parmi les dix nationalités dont les ressortissants à la naissance sont le moins en emploi, les Algériens figurent en sixième position avec un taux d'emploi de 54,4 %. Ce taux est calculé parmi les personnes de plus de 15 ans, hors élèves, étudiants et retraités, afin de déterminer la part de ceux qui travaillent parmi ceux qui sont supposés le faire. Les Comoriens occupent la première place de ce classement avec 50,8 %, suivis des Haïtiens (51,5 %) et des Pakistanais (51,8 %). Les Russes (dont les Tchétchènes) affichent 52,6 %, les Turcs 53,1 %, avant les Algériens. Les Serbes (56,9 %), les Marocains (57,5 %), les Guinéens (57,7 %) et les Tunisiens (60,2 %) complètent ce classement des dix nationalités les moins en emploi.
À l'autre extrémité du classement, les Portugais de naissance arrivent en tête avec un taux d'emploi de 81,7 %, devant les Français de naissance (79,6 %). Les Suisses (78,7 %), les Allemands (77,6 %), les Britanniques (76,5 %) et les Canadiens (75,5 %) figurent également parmi les nationalités les plus en emploi. La quasi-totalité des nationalités du haut du classement se situent en Europe de l'Ouest, à l'exception des Canadiens et des Libanais, qui occupent la dixième place avec 73,1 %.
Des écarts d'emploi à tous les âges de la vie active
L'étude de l'OID démontre que le déficit d'emploi des personnes nées étrangères persiste à tous les âges de la vie active. Au plus fort des carrières professionnelles, entre 25 et 54 ans, les écarts entre les personnes nées d'une nationalité du Maghreb et les Français de naissance se situent autour de 20 points. À âge égal, le taux d'emploi des Français de naissance est de l'ordre de 85 % entre 35 et 50 ans, contre une fourchette comprise entre 60 et 65 % pour les ressortissants d'Afrique du Nord aux mêmes âges.
La méthode de calcul habituelle de l'Insee, qui intègre l'ensemble des 15-64 ans (y compris les élèves, les étudiants et les retraités), tend à minorer les différences entre les personnes nées françaises et les personnes nées étrangères. Selon les données de l'Insee pour 2025, le taux d'emploi des immigrés originaires d'Algérie s'élève à 58,4 %. En excluant les étudiants et les retraités, l'écart avec les Français de naissance atteint 21 points pour les personnes nées d'une nationalité nord-africaine, soit près du double de l'écart constaté avec la méthode Insee.
L'écart entre les hommes et les femmes se révèle particulièrement marqué parmi les Algériens de naissance. À quarante ans, plus de 40 points séparent les taux d'emploi des femmes nées françaises et des femmes nées turques, et 27 points séparent les femmes nées d'une nationalité du Maghreb des hommes de même origine. L'OID attribue ce phénomène à des facteurs culturels se traduisant par un fort taux de femmes au foyer dans certaines populations.
Le diplôme ne gomme pas les écarts
L'étude bat en brèche l'idée selon laquelle un niveau de qualification élevé suffirait à effacer les différences d'emploi. Même à diplôme équivalent, des écarts importants subsistent. Une personne née d'une nationalité du Maghreb et diplômée d'un Bac+5 occupe, en moyenne, moins souvent un emploi qu'un simple bachelier français de naissance (81 % contre 82 %).
Les disparités se retrouvent dans la nature des postes occupés. Parmi les diplômés de Bac+5, 65 % des Français de naissance sont cadres, contre seulement 60 % des personnes nées d'une nationalité d'Afrique du Nord. La part des diplômés de Bac+5 n'étant ni cadres ni professions intermédiaires est plus importante chez les ressortissants originaires de pays hors Europe. L'OID évoque plusieurs pistes explicatives, dont la reconnaissance imparfaite des diplômes étrangers et des résultats plus faibles aux tests internationaux de compétences de l'OCDE.
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Quelques données clés :
– En France, 81 % des Portugais de naissance occupent un emploi, contre seulement 51 % des Comoriens de naissance.
– En moyenne : une personne née d’une… pic.twitter.com/XAMGpXVzEk
— Observatoire de l'immigration et de la démographie (@ObservatoireID) July 9, 2026
L'étude PIAAC de l'OCDE établit qu'à niveau équivalent de diplôme, les immigrés en France sont en moyenne moins compétents que les natifs en résolution adaptative de problème, une compétence jugée essentielle pour s'adapter aux exigences de l'économie moderne. L'inadéquation entre les compétences comportementales et celles attendues dans le monde professionnel français constitue un autre facteur d'éviction des emplois qualifiés.
La naturalisation ne comble pas entièrement l'écart
L'étude distingue les Français par acquisition (nés étrangers et devenus français) des personnes restées étrangères. Pour les Algériens naturalisés, le taux d'emploi s'élève à 66,8 %, contre 50 % pour les Algériens restés étrangers. Chez les Portugais de naissance, la différence entre les Français par acquisition et les personnes restées étrangères apparaît marginale (84,9 % contre 81 %). Cette différence entre les nationalités européennes et les nationalités extra-européennes se vérifie systématiquement.
La part des personnes n'ayant jamais travaillé constitue un autre indicateur significatif. Si ce phénomène ne concerne que 4 % de la population française de naissance, il représente 16 % des personnes nées avec une nationalité du Maghreb. L'OID note que la souplesse de l'appréciation des préfectures dans le cadre des naturalisations accordées par décret, ainsi que la nature des voies d'accès de plein droit à la nationalité française (acquisition automatique à 18 ans pour les enfants nés en France), posent question au regard des taux d'emploi des naturalisés extra-européens.