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À l'école, l'Algérie donne la priorité à l'anglais au détriment du français

Par Mohamed Rahmani5 min de lecture
À l'école, l'Algérie donne la priorité à l'anglais au détriment du français
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L'Algérie envisage de supprimer l'enseignement du français en troisième année primaire pour ne conserver que l'anglais comme langue étrangère à ce niveau.

Cette réforme repose sur des études montrant que les enfants de huit ans rencontrent des difficultés à apprendre deux langues étrangères simultanément, ce qui provoque des interférences linguistiques et perturbe l'apprentissage d'autres disciplines.

Le choix de privilégier l'anglais s'inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer la compétitivité des futures générations, cette langue dominant les publications scientifiques, les technologies et les échanges économiques internationaux.

Le français serait repoussé à un niveau supérieur, probablement en quatrième ou cinquième année primaire, afin de permettre aux élèves de construire des bases solides dans une première langue avant d'en apprendre une seconde.

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L'Algérie pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans la réforme de son système éducatif. Les autorités envisagent de ne conserver que l'anglais comme langue étrangère en troisième année primaire, tandis que l'enseignement du français serait repoussé à un niveau supérieur. Une orientation qui s'appuie sur des arguments pédagogiques et sur la volonté d'adapter l'école aux besoins du XXIe siècle.

Introduit dans les classes de troisième année primaire à la rentrée 2022-2023, l'anglais est progressivement devenu un pilier de la stratégie éducative du pays. Désormais, les discussions autour de la révision des programmes scolaires prennent une tournure plus concrète. Selon des informations relayées par le quotidien Echorouk, le ministère de l'Éducation nationale étudie la possibilité de supprimer le français en troisième année primaire afin de ne conserver qu'une seule langue étrangère à ce niveau.

Une réforme fondée sur les capacités d'apprentissage des élèves

Les réflexions menées par les spécialistes de l'éducation reposent sur un constat partagé par de nombreux enseignants : à huit ans, les élèves rencontrent des difficultés lorsqu'ils doivent apprendre simultanément deux langues étrangères, en plus de leur langue d'enseignement.

Les rapports issus de la Conférence nationale sur la révision des programmes scolaires estiment que cette double exposition au français et à l'anglais peut provoquer des interférences linguistiques. Les enfants confondent parfois le vocabulaire, la prononciation ou les règles grammaticales des deux langues, toutes deux basées sur l'alphabet latin. Cette surcharge cognitive risque également de perturber l'apprentissage d'autres disciplines fondamentales comme les mathématiques ou les sciences.

L'objectif de la réforme serait donc de permettre aux élèves de construire des bases solides dans une première langue étrangère avant d'en apprendre une seconde quelques années plus tard.

L'anglais, une priorité stratégique pour l'Algérie

Le choix de privilégier l'anglais ne relève pas uniquement de considérations pédagogiques. Il s'inscrit dans une stratégie nationale engagée depuis plusieurs années pour renforcer la place de cette langue dans l'enseignement et la recherche.

L'anglais domine aujourd'hui les publications scientifiques, les nouvelles technologies, l'intelligence artificielle, l'informatique et une grande partie des échanges économiques internationaux. Les autorités considèrent ainsi que sa maîtrise constitue un atout pour améliorer la compétitivité des futures générations sur le marché du travail.

Les spécialistes soulignent également que les premières notions d'anglais sont généralement plus accessibles aux jeunes élèves que celles du français, dont la grammaire et la conjugaison sont réputées plus complexes.

Une évolution amorcée depuis 2022

Cette orientation prolonge les réformes engagées sous l'impulsion du président Abdelmadjid Tebboune. L'introduction de l'anglais en troisième année primaire en 2022 avait marqué une rupture dans l'histoire de l'école algérienne. La mesure a ensuite été définitivement intégrée au programme officiel dès la rentrée 2023-2024.

Pour accompagner cette évolution, les Écoles normales supérieures ont ouvert une filière dédiée à la formation des enseignants d'anglais pour le primaire, afin de répondre aux besoins croissants du secteur.

En avril dernier, le ministre de l'Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, avait déjà indiqué devant les députés que plusieurs études recommandaient de commencer par une seule langue étrangère, avant d'introduire la seconde en quatrième ou cinquième année primaire.

Si cette réforme est officiellement adoptée, le français ne disparaîtra pas du système éducatif algérien, mais son apprentissage serait simplement différé. Les autorités souhaitent ainsi privilégier une progression plus adaptée aux capacités des élèves tout en renforçant la place de l'anglais, désormais considéré comme un levier essentiel pour l'accès aux sciences, aux technologies et aux métiers de demain.

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