Gaz, industrie : les dessous du rapprochement économique Algérie – Allemagne

Le président Tebboune a effectué une visite de travail en Allemagne axée sur l'économie, signant une trentaine d'accords portant sur les hydrocarbures, les énergies renouvelables, l'industrie pharmaceutique et les technologies de pointe.
L'Allemagne cherche à sécuriser ses approvisionnements énergétiques depuis la suspension des importations de gaz russe en 2022, en diversifiant ses fournisseurs notamment via le gaz algérien et l'hydrogène vert.
L'Algérie souhaite bénéficier de l'expertise allemande pour relancer son industrie, diversifier sa production et respecter les normes environnementales de l'Union européenne, notamment le mécanisme CBAM.
Ce rapprochement répond aux intérêts mutuels des deux pays : l'Allemagne obtient un fournisseur d'énergie fiable et proche, tandis que l'Algérie accède au savoir-faire technologique et industriel allemand pour moderniser ses capacités.
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TSA Algérie
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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a effectué mercredi une visite de travail en Allemagne, axée sur l’économie.
Une déclaration conjointe et une trentaine d’accords portant sur des secteurs stratégiques et prometteurs, notamment les hydrocarbures, les énergies renouvelables, la transition énergétique, l’industrie pharmaceutique, les industries manufacturières et les technologies de pointe ont été signés entre les deux pays.
L’Allemagne, qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en énergie qui est le point faible de son économie depuis la suspension des importations du gaz russe, a fait état de son intérêt pour le gaz algérien et d’une façon globale à son énergie notamment l’hydrogène vert.
De son côté, l’Algérie cherche à s’appuyer sur la plus grande économie d’Europe pour relancer son industrie dont les plus grands complexes avaient été lancés par des Allemands dans les années 1970, et renforcer son partenariat avec un troisième grand pays de l’UE, après l’avoir fait avec l’Italie et l’Espagne, ses deux plus grands clients de gaz.
Á TSA, l’économiste Brahim Guendouzi, décrypte les enjeux économiques de la visite du président Tebboune en Allemagne et pourquoi ce pays se tourne vers l’Algérie pour sécuriser ses approvisionnements en énergie.
Pourquoi l’Allemagne s’intéresse-t-elle au gaz algérien ?
L’Allemagne est à la recherche d’alternatives sur le plan énergétique depuis la suspension des livraisons de gaz russe en 2022. Il s’agit de sécuriser ses approvisionnements à travers la diversification de ses fournisseurs (USA, Algérie, Norvège, Qatar dont les installations gazières sont actuellement à l’arrêt) surtout en GNL.
L’Allemagne est également intéressée par la filière de l’hydrogène vert indispensable pour la décarbonation de ses activités industrielles à moyen terme.
D’ailleurs le projet SoutH2 Corridor qui est mené en partenariat avec l’Italie et l’Autriche, a reçu l’aval de l’UE. Il faut rappeler que l’Allemagne est en train de mettre en œuvre un ambitieux plan de restructuration de son industrie avec d’importants moyens financiers, y compris le recours à l’endettement, mais nécessitant la sécurisation de ses approvisionnements en énergie.
L’Algérie, qui est le pays le plus proche sur le plan logistique, lui offre une garantie sur ce plan-là, d’autant plus qu’il existe un levier important de stabilisation, celui de l’accord d’Association Algérie-UE.
Que cherche l’Algérie en Allemagne ?
D’un autre côté, l’Algérie a besoin aujourd’hui de l’expertise des firmes allemandes dans certaines filières industrielles comme l’industrie du gaz et les énergies renouvelables, pour réaliser des productions à bas carbone, surtout avec les exigences de l’UE et la mise en place du mécanisme CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism).
L’Allemagne figure aussi parmi les plus importants fournisseurs de l’Algérie sur le plan industriel notamment en chimie, pétrochimie, industrie pharmaceutique, mécanique et électrotechnique, etc. L’industrie automobile représente aussi un centre d’intérêt pour les responsables algériens qui veulent bénéficier du savoir-faire allemand afin de diversifier l’offre de véhicules.
La recherche d’un partenariat stratégique voulu par les officiels allemands et algériens s’avère être un levier de densification des échanges commerciaux entre les deux pays, mais pas uniquement, dès lors que les investissements directs sont ciblés dans un esprit gagnant-gagnant.
L’Allemagne trouve en l’Algérie un important fournisseur d’énergie fiable et proche, lui permettant de faire face à sa véritable vulnérabilité qui est l’approvisionnement énergétique.
L’Algérie, de son côté, souhaite bénéficier du savoir-faire allemand pour diversifier son industrie et créer de nouvelles capacités industrielles et engineering.
Les entreprises algériennes ont besoin d’un accompagnement sur le plan technologique ainsi que la maîtrise des process. Dans tous les cas, cette vision des deux pays s’inscrit dans le cadre les relations traditionnelles entre l’Algérie et l’Allemagne et ce, depuis les fameux contrats clés en main signés durant les années 70 lors de la création des sociétés nationales publiques.
C’est aussi, l’esprit d’une partie de l’accord d’Association Algérie-UE que de développer les synergies entre les parties contractantes et les échanges mutuels. La conjoncture internationale due aux crises géopolitiques (guerre russo-ukrainienne, crise du Golf) a rapproché plus les intérêts des deux pays pour aller de l’avant dans leur coopération bilatérale et le partenariat.
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