Économie

Hydrogène vert en Algérie : un coût de production parmi les plus bas d'Afrique (rapport)

Par Ali Aomar6 min de lecture
Hydrogène vert en Algérie : un coût de production parmi les plus bas d'Afrique (rapport)
Résumé IA

L'Algérie se classe en deuxième position en Afrique pour la production d'hydrogène vert à bas coût, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie, avec 80 % de ses capacités situées sous 4,5 dollars par kilogramme.

Le continent africain dispose d'un potentiel technique en énergies solaire et éolienne dépassant 1000 térawatts, permettant théoriquement de produire plus de 45 milliards de tonnes d'hydrogène vert annuellement.

L'Algérie détient 14 % des capacités régionales en énergies renouvelables et bénéficie de ressources solaires exceptionnelles, notamment dans le sud du pays.

Le coût du capital reste le facteur déterminant de la production, bien plus que les investissements ou la capacité des installations, tandis que la production actuelle en Afrique demeure limitée à 6000 tonnes par an.

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Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur l'hydrogène vert positionne l'Algérie parmi les huit pays africains les moins coûteux pour la production de cette énergie à l'horizon 2030. Les données indiquent que le pays dispose de conditions favorables pour produire ce carburant bas carbone à un coût inférieur à celui de plusieurs États du continent.

Le rapport de l'AIE, relayé repris vendredi 17 juillet 2026 par l'unité de recherche Energy, analyse le potentiel de huit pays africains pour la production d'hydrogène vert d'ici 2030. Ces pays sont : l'Afrique du Sud, la Mauritanie, le Kenya, l'Angola, la Namibie, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie. Les estimations placent le Maroc comme le pays le moins cher, avec un coût débutant à 3,2 dollars par kilogramme. L'Algérie se classe en deuxième position, avec 80 % de ses opportunités de production situées sous le seuil de 4,5 dollars par kilogramme.

Le continent africain possède des ressources en énergie solaire et éolienne dont le potentiel technique dépasse 1000 térawatts. Ce volume permet théoriquement de produire plus de 45 milliards de tonnes d'hydrogène vert par an. Soixante pour cent de ces capacités se concentrent dans des pays déjà actifs dans le secteur, que ce soit à travers des politiques ou des projets. L'Algérie détient à elle seule 14 % des capacités régionales en énergies renouvelables.

Les facteurs déterminants du coût de production de l'hydrogène vert

Le rapport de l'AIE identifie le coût du capital, exprimé par le WACC, comme le principal facteur influençant le coût de production de l'hydrogène vert en Afrique. Ce paramètre prime sur les dépenses d'investissement ou le facteur de capacité des installations. À titre de comparaison, le WACC en Allemagne s'établit à 2,3 % et en Chine à 3,6 %. En Tunisie et au Ghana, ce taux atteint environ 16 %, tandis qu'il varie entre 6,6 % et 8,3 % en Namibie, au Maroc et en Afrique du Sud.

Les meilleures ressources solaires se situent dans le sud du continent, notamment en Namibie et en Afrique du Sud, ainsi que dans le nord, en Algérie, en Égypte et en Libye. Les ressources éoliennes les plus favorables se trouvent dans la région du Sahara et dans la Corne de l'Afrique. L'Afrique du Sud détient 89 % des réserves mondiales de métaux du groupe du platine, ce qui pourrait servir à la fabrication d'électrolyseurs à membrane échangeuse de protons.

La production actuelle face au potentiel identifié

La production d'hydrogène à faibles émissions en Afrique reste limitée. Selon les données de l'AIE pour l'année 2025, elle n'atteint que 6000 tonnes par an. Cette production se concentre dans trois pays : l'Afrique du Sud, l'Égypte et la Namibie. Le rapport précise que la majeure partie de cette production provient de l'électrolyse, donc d'hydrogène vert.

[#EnR] 📰 L'#Algérie 🇩🇿 s'impose comme futur acteur majeur de l'#hydrogène vert ☀️ : potentiel solaire massif, vastes superficies exploitables et infrastructures énergétiques existantes séduisent l'Europe 🇪🇺 .https://t.co/Yn2nUhuS1d
Cc @Energy4Europe pic.twitter.com/JdNXGvs5S0

— Energie Matin (@EnergieMatin) June 24, 2026

Pour le Kenya, pays qui met actuellement en œuvre des projets d'hydrogène vert, le coût estimé débute à 4,2 dollars par kilogramme. En Mauritanie, ce coût démarre à 5,1 dollars par kilogramme. En Angola et en Namibie, le prix initial est estimé à 6,5 dollars par kilogramme. La Tunisie présente un coût légèrement supérieur à ces niveaux.

Les évolutions prévisibles des coûts à l'horizon 2030

Le rapport de l'AIE indique que les courbes de coût au Maroc et au Kenya pourraient augmenter de 40 à 70 % dès que 20 % des capacités disponibles seront exploitées. Cette hausse résulte de l'éloignement progressif des infrastructures existantes, comme les réseaux d'eau, les connexions électriques et les installations portuaires.

Les projets ultérieurs, situés dans des zones plus reculées, impliquent des coûts supplémentaires pour la construction d'infrastructures, le transport de l'électricité et de l'eau. Ces nouveaux sites pourraient également entrer en concurrence avec d'autres usages des terres, notamment l'agriculture, l'industrie et l'urbanisation.

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