Algérie : 80,1 trillions de pieds cubes de gaz encore inexploités

L'Algérie renfermerait en moyenne 80,1 trillions de pieds cubes de gaz naturel encore inexploités, selon une étude de l'USGS publiée en avril 2026.
Cette estimation concerne des ressources techniquement récupérables mais non encore découvertes, notamment dans le bassin du Grand Erg occidental au Sahara algérien.
Le bassin de Timimoun apparaît comme le plus prometteur avec 27,4 trillions de pieds cubes en formation silurienne et 19,8 en formation dévonienne.
Ces chiffres devront être confirmés par des forages avant d'être intégrés aux réserves officielles du pays.
Publié par
ObservAlgérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
L'Algérie pourrait disposer d'un potentiel gazier bien plus important qu'on ne le pensait jusqu'à présent. Une étude publiée en avril 2026 par la United States Geological Survey (USGS), l'organisme américain de référence en matière de géosciences, estime que le sous-sol algérien renferme en moyenne 80,1 trillions de pieds cubes (TCF) de gaz naturel encore non découverts mais techniquement récupérables.
Le rapport évoque également un potentiel de 275 millions de barils de liquides de gaz naturel, une ressource précieuse pour l'industrie énergétique. Ces nouvelles estimations interviennent dans un contexte où le gaz naturel occupe une place stratégique dans le mix énergétique mondial.
Alors que les pays européens poursuivent leurs efforts pour diversifier leurs fournisseurs depuis la crise énergétique déclenchée en 2022, l'Algérie confirme progressivement son rôle de partenaire incontournable sur le marché international.
Une étude américaine qui confirme le potentiel énergétique de l'Algérie
Référencée sous le numéro Fact Sheet 2026-3005, cette étude se concentre sur le bassin du Grand Erg occidental/Ahnet, situé au cœur du Sahara algérien. Les chercheurs de l'USGS ont analysé la géologie de cette vaste région afin d'estimer les volumes de gaz qui pourraient encore être découverts grâce aux futures campagnes d'exploration.
Les auteurs de ce rapport rappellent toutefois qu'il ne s'agit pas de réserves prouvées. Les chiffres avancés correspondent à des ressources encore inconnues, mais dont la présence est considérée comme probable au regard des caractéristiques géologiques du sous-sol. Autrement dit, ces volumes devront être confirmés par des forages avant de pouvoir être intégrés aux réserves officielles du pays.
Les travaux ont été réalisés par le National and Global Oil and Gas Assessment Program de l'USGS, sous la direction de plusieurs spécialistes des systèmes pétroliers, parmi lesquels Michael E. Brownfield et Christopher J. Schenk. Selon leurs calculs, les ressources récupérables s'établissent en moyenne à 80,1 trillions de pieds cubes, avec une estimation basse de 13,7 TCF (indice F95) et un scénario haut pouvant atteindre 191,2 TCF (indice F5).
Timimoun apparaît comme le bassin le plus prometteur
Les chercheurs ont étudié huit unités géologiques réparties entre les systèmes pétroliers du Silurien et du Dévonien. Ces formations couvrent plusieurs bassins sahariens, notamment Timimoun, Ahnet, Oued Mya, Sbaa et Benoud-Melrhir.
Parmi eux, Timimoun concentre les perspectives les plus importantes. À lui seul, le réservoir silurien est évalué à 27,438 trillions de pieds cubes, tandis que l'unité dévonienne atteindrait près de 19,8 trillions de pieds cubes. Les bassins d'Ahnet et d'Oued Mya affichent également des volumes significatifs, dépassant respectivement 9,6 TCF et 8,5 TCF dans leurs formations siluriennes. Les autres zones étudiées présentent elles aussi un potentiel notable, confirmant que plusieurs régions du Sahara algérien demeurent largement sous-explorées.
Ces résultats viennent conforter les nombreuses études géologiques menées depuis plusieurs décennies, qui considèrent le Sahara comme l'une des provinces pétrolières et gazières les plus riches d'Afrique.
Une géologie particulièrement favorable à la formation du gaz
L'un des principaux enseignements de cette étude réside dans la qualité des roches mères présentes dans ces bassins. Les formations datant du Dévonien présentent une teneur en carbone organique pouvant atteindre 14 %, un niveau particulièrement élevé qui favorise la génération d'hydrocarbures. Leur indice d'hydrogène atteint environ 580 milligrammes d'hydrocarbures par gramme de carbone organique, tandis que leur épaisseur peut dépasser 200 mètres.
Les formations siluriennes affichent également des caractéristiques remarquables avec une teneur en carbone organique pouvant atteindre 10 %, un indice d'hydrogène de 380 mg par gramme et une épaisseur avoisinant les 100 mètres. Les chercheurs signalent en outre la présence de zones de surpression dans certaines parties du bassin d'Ahnet, un phénomène qui favorise généralement la conservation des hydrocarbures sur de longues périodes.
Des ressources qui devront encore être confirmées
L'USGS insiste néanmoins sur la différence entre ressources potentielles et réserves prouvées. Les chiffres publiés reposent sur des modèles géologiques et statistiques, et non sur des découvertes réalisées par forage. Ils donnent une estimation des volumes susceptibles d'être présents dans le sous-sol, sans garantir leur exploitation future.
Pour établir ses projections, l'organisme américain utilise plusieurs indicateurs de probabilité. L'indice F95 correspond au scénario le plus prudent, celui pour lequel le niveau de confiance est le plus élevé. À l'inverse, F5 représente l'hypothèse la plus optimiste. La valeur moyenne, appelée Mean, constitue l'estimation statistique jugée la plus représentative des ressources potentiellement disponibles.