L’agriculture face aux températures caniculaires : L’urgence d’une stratégie d’adaptation aux extrêmes climatiques

Les vagues de chaleur extrême menacent les récoltes et la productivité agricole algérienne en pleine période de moissons-battages, notamment dans les filières céréalière et avicole.
Le secteur agricole doit renforcer sa résilience face aux changements climatiques en investissant dans des semences et races animales tolérantes à la chaleur.
La FAO et l'OMM recommandent des systèmes d'alerte précoce traduisant les prévisions météorologiques en conseils pratiques locaux pour les agriculteurs.
Le Conseil national de la sécurité alimentaire, créé en octobre dernier, joue un rôle clé dans l'adaptation du secteur et la sensibilisation aux dispositifs d'assurance agricole.
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La forte hausse des températures en cet été caniculaire s’annonce avec un lot de conséquences sur l’agriculture. Alors que ces vagues de chaleur interviennent en pleine période de moissons-battages, la prudence est de mise pour éviter les pertes aux céréaliculteurs et à la filières au moment où les prévisions de production sont positives.
D’autres filières risquent aussi de payer chèrement l’impact de ces épisodes caniculaires qui s’allongent et se multiplient dans ce contexte de changement climatique. Les craintes se font notamment ressentir sur l’aviculture, sachant que le stress thermique est souvent à l’origine de la baisse de productivité et de mortalités dans cette filière. Mais au-delà des lourdes conséquences sur les récoltes et les niveaux de production, les conditions climatiques actuelles mettent en avant la fragilité du secteur agricole face aux extrêmes chaleurs. Elles rappellent aussi l’urgence d’adapter le secteur à cette situation en renforçant sa résilience, en misant sur les dispositifs de prévention et en sensibilisant sur le volet assurance. Le rôle du Conseil national de la sécurité alimentaire créé en octobre dernier et qui a tenu sa troisième session la semaine est dans ce sens fortement attendu.
Un travail est d’ailleurs en cours sur le l’utilisation de semences adaptées aux changements climatiques. A ce sujet, faudrait-il rappeler que les alertes ne manquent pas. Dans un rapport publié en avril dernier, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont appelé à des actions urgentes pour adapter les pratiques agricoles face à l’évolution des conditions climatiques. «Pour s’adapter, il faudra investir dans des variétés végétales et des races animales tolérantes à la chaleur, adopter de nouvelles pratiques et faire des choix difficiles quant aux espèces à cultiver et aux zones propices à leur culture», note le rapport.
Et de souligner que les agriculteurs aussi ont besoin de réponses concernant les saisons à venir. «La chaleur étant amenée à s’intensifier au cours des prochaines années, des solutions immédiates et concrètes s’imposent», poursuit le document mettant l’accent sur l’alerte précoce et l’ntervention rapide. «Les agriculteurs ne peuvent pas se préparer à ce qu’ils ignorent, d’où l’importance de l’alerte précoce, l’un des moyens les plus efficaces pour faire face à la chaleur extrême», indiquent la FAO et l’OMM. Pour ces organisations, les prévisions de températures à elles seules ne suffisent pas.
«Elles doivent se traduire par des indications pratiques au niveau local pour permettre aux agriculteurs de prendre les bonnes décisions», est-il recommandé notamment. Le travail de ces deux Organisations a été pour rappel réalisé à la suite de l’appel mondial à l’action climatique lancé en juillet 2024 par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, du fait de «l’aggravation des températures extrêmes». Samira Imadalou
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