Économie

Baisse du transit par le détroit d’Ormuz : «Menace sur la sécurité énergétique mondiale», selon l’AIE

Par Zhor Hadjam5 min de lecture
Baisse du transit par le détroit d’Ormuz : «Menace sur la sécurité énergétique mondiale», selon l’AIE
Résumé IA

La baisse du transit par le détroit d'Ormuz depuis février menace la sécurité énergétique mondiale, selon le directeur de l'Agence internationale de l'énergie.

Le détroit, qui transporte normalement un cinquième des cargaisons énergétiques mondiales, est largement bloqué suite aux attaques américaines et israéliennes contre l'Iran et aux représailles iraniennes.

L'Asie subit les impacts les plus graves, recevant 80 à 90 % de son énergie via ce détroit, tandis que les pays en développement comme le Pakistan, le Bangladesh et l'Inde sont les plus durement touchés.

La demande mondiale de pétrole devrait chuter d'environ 1 million de barils par jour en 2026, premier recul annuel depuis la pandémie de Covid-19, selon l'AIE.

E

Publié par

El Watan

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Si le volume de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, n’augmente pas, le monde devrait s’inquiéter pour sa sécurité énergétique, a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui estime que la guerre en Iran était la pire perturbation énergétique de l’histoire.

«La sécurité pétrolière demeure un enjeu crucial », a déclaré Birol jeudi lors d’un événement organisé par le Council on Foreign Relations. « Nous devrions nous inquiéter, (…) si la situation ne s’améliore pas dans les prochaines semaines. » a souligné le patron de l’AIE, cité par Reuters.Le détroit d’Ormuz, qui transporte normalement environ un cinquième des cargaisons énergétiques mondiales, est en grande partie bloqué depuis le début du conflit le 28 février, suite aux attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

Malgré la forte hausse des prix de l’énergie, Birol a indiqué que plusieurs facteurs ont modéré cette augmentation. Parmi ceux-ci figurent les stocks de pétrole de la Chine, qui s’élevaient à plus d’un milliard de barils avant la guerre, les efforts de la Chine pour économiser le pétrole grâce à l’utilisation accrue de véhicules électriques et de transports en commun, ainsi que le lâcher coordonné par l’AIE de près de 400 millions de barils de pétrole. Mais ces solutions « ne peuvent pas durer éternellement », a déclaré Birol.
La crise de l’approvisionnement en pétrole et en gaz a nui aux économies du monde entier, mais de manière asymétrique, selon Birol. « C’est principalement l’Asie qui est touchée, car elle recevait 80 à 90 % de cette énergie via le détroit d’Ormuz », a-t-il déclaré.

Le Japon et la Corée du Sud ont souffert, mais ce sont les pays en développement, notamment le Pakistan, le Bangladesh et l’Inde, qui ont été les plus durement frappés, a-t-il ajouté. La demande mondiale de pétrole devrait chuter d’environ 1 million de barils par jour en 2026 par rapport à l’année précédente, ce qui constituerait le premier recul annuel depuis celui observé en 2020 lors de la pandémie de Covid-19, selon un récent rapport de l’AIE. Celle ci attribue ce déclin à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et aux troubles géopolitiques qui en résultent au Moyen-Orient. Les prévisions de l’AIE reposent selon Oil Price, sur l’hypothèse qu’un cessez-le-feu favorisera la réouverture progressive du détroit, bien que la poursuite des hostilités entre les États-Unis et l’Iran compromette d’éventuels accords de paix. Plusieurs pétroliers ont été attaqués en juillet, ce qui a considérablement ralenti le trafic dans le détroit.

L’AIE indique que « la reprise des échanges de tirs dans le Golfe cette semaine souligne les risques liés à l’absence d’un accord de paix durable, condition indispensable à la normalisation des marchés pétroliers. »

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a abaissé ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026 dans son rapport mensuel du 13 juillet, les ramenant à 780 000 barils par jour, soit la troisième révision à la baisse consécutive. Depuis le début du conflit en février, les perspectives de croissance de l’OPEP sont cependant plus optimistes que celles de l’AIE . L’OPEP anticipe une croissance de la demande mondiale en 2027. Zhor Hadjam

Pétrole : le baril de Brent à 84,63 dollars

Les cours du pétrole étaient stables, jeudi, dans un marché prudent et suspendu à l’évolution de la situation géopolitique internationale. En début de matinée, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, lâchait 0,38% à 84,63 dollars. Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, se repliait à peine de 0,09% à 79,53 dollars.

Posez votre question à la rédaction

Votre question…

Prénom ou pseudo *

Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.

Votre question * 0/1000

Envoyer Annuler

Voir sur le site source