Économie

Blé et maïs en hausse : La canicule et les risquent géopolitiques pèsent

Par Samira Imadalou5 min de lecture
Blé et maïs en hausse : La canicule et les risquent géopolitiques pèsent
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Les cours du blé et du maïs connaissent une hausse significative, portée par la canicule en Europe et les tensions géopolitiques affectant les routes d'exportation.

La fermeture des détroits d'Ormuz et de Kertch, due aux bombardements entre l'Iran et les États-Unis ainsi qu'aux risques ukrainiens, bloque un quart des exportations russes de blé vers la mer Noire. Les vagues de chaleur en France et aux États-Unis renforcent également la pression haussière sur les prix des céréales. Le phénomène El Niño, qui s'intensifie rapidement, devrait impacter la production agricole mondiale en 2026 avec des sécheresses dans certaines régions et des pluies excédentaires ailleurs.

En Asie du Sud-Est, la production de riz pourrait reculer de 2 à 8 %, tandis qu'en Amérique du Sud, les effets seront contrastés selon les zones, favorisant le soja argentin mais menaçant les récoltes du centre-ouest brésilien.

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Les cours du blé sont en hausse, de la Bourse de Chicago à Euronext. Sur le marché européen par exemple, la tonne de blé s’échangeait la semaine dernière son plus haut niveau depuis plus d’un an, au-dessus des 230 euros la tonne.Les prix grimpaient également pour le maïs. Les experts expliquent cette remontée des prix par la canicule et les risques géopolitiques.

La canicule qui a frappé l’Europe et en particulier la France, premier producteur européen de céréales, explique en partie cette brusque remontée des cours, selon Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media France cité par l’AFP. Mais, poursuivra-t-il :« Le principal moteur de la hausse des cours est le retour du risque géopolitique global, avec de nouveau la fermeture du détroit d’Ormuz », du fait des bombardements iraniens et américains, et « celle du détroit de Kertch que la Russie n’emprunte plus à cause des risques de bombardements ukrainiens ». Un quart des exportations de blé russe passent par la mer d’Azov, et donc par le détroit de Kertch, pour gagner la mer Noire puis le Bosphore.

« La récolte débute à peine en Russie, mais cela créé un doute sur la capacité du premier exportateur mondial de blé » à acheminer ses grains jusqu’à la mer Noire, a-t-il encore noté.

Conscient de l’impact de cette fermeture, l’Union des exportateurs et producteurs de céréales, le lobby russe du secteur céréalier, a affirmé que ses engagements d’exportation de céréales envers ses partenaires étrangers seraient pleinement honorés, selon le cabinet Inter-Courtage.
rendements plus élevés ?

ack Scoville, analyste de Price Futures Group évoque pour sa part la hausse des températures aux USA. « Il fait à nouveau très chaud dans le Midwest (…) et la chaleur persiste dans les Grandes Plaines », ce qui « semble soutenir les cours du blé et, dans une moindre mesure, ceux du maïs et du soja », a t-i l relevé
D’une manière générale, les prix des céréales, mais aussi du soja, restent soutenus par le dernier rapport mensuel de l’USDA sur les stocks et les productions agricoles, qui a acté « une baisse des stocks aux Etats-Unis et à l’échelle mondiale », a rappelé par ailleurs Dewey Strickler, analyste à Ag Watch Market Advisors.

Mais dans le même temps, a-t-il souligné, la publication de données sur un meilleur état des cultures pour le maïs et de soja – laissant espérer des rendements plus élevés – est de nature à tempérer les hausses des cours. Des hausses déjà prévues avec l’intensification du phénomène El Niño s’intensifie rapidement, telle que confirmée par Copernicus, le programme européen d’observation de la Terre et l’Organisation météorologique mondiale ( OMM) dans leurs dernières prévisions pour 2026. Du riz asiatique au blé australien en passant par le soja sud-américain, le phénomène devrait impacter la production agricole mondiale et par ricocher les prix.

En effet, c’est sur les marchés agricoles mondiaux que l’impact d’El Niño risque de se faire sentir : sécheresses accrues dans certaines régions du globe et pluies excédentaires dans d’autres vont influencer l’offre et la demande en productions agricoles.

En Asie du Sud-Est, le riz et l’huile de palme comptent parmi les cultures les plus exposées, la production de riz dans cette région pourrait reculer de 2 à 8 % par rapport à la moyenne annuelle. Aussi, en Australie, grand exportateur de blé et de sucre, les récentes pluies ont permis aux agriculteurs de semer le blé plus tardivement que d’habitude, mais la prudence reste de mise face au risque d’une baisse des rendements dans les mois à venir, selon les analystes n Amérique du Sud, les effets s’annoncent contrastés selon les régions, d’après une analyse de Hedgepoint Global Markets. Le sud du Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et l’Argentine devraient bénéficier de précipitations plus abondantes, favorables au soja et au maïs.

À l’inverse, le nord et le centre-ouest du Brésil (Mato Grosso, Goiás, Bahia) risquent de manquer d’eau, ce qui menacerait en particulier la deuxième récolte de maïs. Le blé argentin pourrait ainsi tirer profit d’El Niño. L’Argentine fait partie des pays qui en bénéficient traditionnellement : des précipitations plus fréquentes et régulières pendant le cycle de culture favorisent l’implantation et le remplissage des grains, et permettent souvent une reprise de la production après les périodes de sécheresse liées à La Niña ou à un climat neutre.

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