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Littoral algérien : Sous la menace du plastique et du réchauffement climatique

Par Sofia Ouahib•5 min de lecture
Brifa
Littoral algérien : Sous la menace du plastique et du réchauffement climatique
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Le littoral algérien fait face à des menaces croissantes liées à la pollution plastique, aux rejets industriels et au réchauffement climatique qui dégradent ses écosystèmes marins exceptionnels.

Selon le Pr Farid Derbal, les déchets plastiques constituent la principale menace, avec une densité médiane de 578 unités par 100 mètres de côte sur les plages étudiées, dépassant largement les seuils européens et méditerranéens.

Les microplastiques s'accumulent désormais dans les sédiments et même dans l'estomac des poissons côtiers, notamment à Skikda et dans le golfe d'Annaba, avec des concentrations parmi les plus élevées jamais mesurées en Algérie.

Au-delà du plastique, les eaux usées insuffisamment traitées, les hydrocarbures, les métaux lourds et les apports agricoles contaminent les eaux et fragilisent la biodiversité marine, exigeant une mobilisation collective des autorités, scientifiques, pêcheurs et citoyens pour préserver ce patrimoine naturel.

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A l’heure où les plages algériennes retrouvent leur effervescence estivale, les écosystèmes marins font face à des pressions de plus en plus importantes.

En effet, pollution plastique, rejets industriels et domestiques, réchauffement des eaux, espèces invasives, surpêche et perte de biodiversité constituent autant de défis qui menacent un patrimoine naturel d’une richesse exceptionnelle. En effet, si le changement climatique fait partie des principaux facteurs de dégradation des écosystèmes marins algériens, l’effet des activités humaines n’est pas anodin.

La pollution plastique constitue aujourd’hui, selon le Pr Farid Derbal, enseignant chercheur au département des sciences de la mer à l’université Badji Mokhtar, l’une des principales menaces qui pèsent sur le littoral algérien. «Les études montrent que les déchets plastiques représentent de loin la fraction dominante des déchets marins», explique-t-il. La raison ? Leur faible coût, leur large utilisation et leur très longue durée de dégradation. Selon le spécialiste, les travaux les plus récents réalisés sur 17 plages algériennes révèlent une densité médiane de 578 unités de déchets/100 m de côte, avec des valeurs variant de 317 à 2684 unités de déchets/100 m, selon les sites.

Le constat est donc clair : toutes les plages étudiées dépassent largement les seuils de référence fixés en Europe et en Méditerranée.

«Les plastiques constituent la grande majorité de ces déchets, dont 43% sont liés aux emballages alimentaires et aux boissons, témoignant de l’importance des activités humaines sur le littoral», poursuit le Pr Derbal. Confiant au passage qu’au-delà des macrodéchets, les microplastiques sont désormais présents dans les sédiments des plages algériennes. «A titre d’exemple, des études menées sur les côtes de Skikda montrent des concentrations parmi les plus élevées jamais mesurées en Algérie, principalement sous forme de fragments, de fibres, de granulés industriels et de mousses plastiques.

Dans les eaux du golfe de Annaba, la présence de microplastiques a été signalée aussi dans la colonne d’eau et même dans les contenus stomacaux de certaines espèces de poissons côtiers d’intérêt commercial», a-t-il précisé.

Et à en croire les prévisions des experts scientifiques, cette contamination par les plastiques invisibles est persistante et aura tendance à s’aggraver certainement avec le temps. Outre la pollution plastique, les eaux usées insuffisamment traitées, les hydrocarbures, les rejets industriels, les métaux lourds ainsi que les apports agricoles riches en nutriments et en pesticides affectent eux aussi le littoral.

«Transportés directement ou par l’intermédiaire des oueds, ces polluants altèrent la qualité des eaux et des sédiments, dégradent les habitats côtiers et fragilisent l’ensemble de la biodiversité marine», explique le Pr Derbal. Selon lui, leurs effets peuvent se traduire par une contamination des organismes marins, une diminution de la diversité biologique, une perturbation des chaînes alimentaires et, localement, une dégradation de la qualité sanitaire des eaux de baignade et des produits de la pêche.

Finalement, si la Méditerranée est reconnue comme l’un des principaux points chauds de la biodiversité marine à l’échelle mondiale, elle est aussi, selon le Pr Derbal, l’une des mers les plus exposées aux pressions humaines et aux effets du changement climatique. «Malgré ces menaces, l’Algérie conserve un patrimoine marin d’une richesse exceptionnelle, dont une part importante reste encore à explorer, à étudier et à valoriser», a-t-il souligné.

C’est pourquoi, le spécialiste estime que préserver ce capital naturel exige une mobilisation de tous à savoir pouvoirs publics, scientifiques, gestionnaires, pêcheurs, associations, médias et citoyens. «Cette préservation repose sur une gestion durable des ressources, fondée sur les connaissances scientifiques, l’application rigoureuse de la réglementation et une véritable culture de la mer», a-t-il indiqué.

Estimant que protéger la Méditerranée, ce n’est pas seulement préserver la nature, c’est aussi investir dans notre sécurité alimentaire, notre économie, notre qualité de vie et l’avenir des générations futures.

Dossier réalisé par Sofia Ouahib

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