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Usurpation d’identité : La Gendarmerie et la Sûreté nationales mettent en garde

Par Kamel Benelkadi7 min de lecture
Usurpation d’identité : La Gendarmerie et la Sûreté nationales mettent en garde
Résumé IA

La Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale alertent sur une multiplication des tentatives d'escroquerie en ligne utilisant l'usurpation d'identité de policiers et gendarmes pour soutirer des données bancaires.

Les fraudeurs contactent les victimes par téléphone, SMS ou réseaux sociaux en prétextant un contrôle urgent ou une enquête, puis demandent les données de carte bancaire, identifiants CCP ou codes de validation SMS.

Les deux institutions rappellent qu'aucun de leurs services ne sollicite ces informations par voie électronique et invitent les citoyens à signaler toute tentative de fraude aux numéros verts 1548 ou 1055.

Algérie Poste, les banques, Naftal et d'autres institutions publiques ont déjà été victimes de campagnes similaires de phishing et d'usurpation d'identité numérique, avec des pertes allant de quelques milliers à plusieurs millions de dinars.

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Le phénomène prend une ampleur préoccupante. Dans un communiqué conjoint publié samedi, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et le commandement de la Gendarmerie nationale ont lancé un avertissement solennel «face à la multiplication des tentatives d’escroquerie en ligne menées par des individus usurpant l’identité de policiers ou de gendarmes afin de soutirer des informations personnelles et bancaires aux citoyens».

Selon les deux institutions, les fraudeurs contactent leurs victimes par téléphone, SMS ou via les réseaux sociaux. Se présentant comme des agents des services de sécurité, ils invoquent «un prétendu contrôle, une enquête ou une opération urgente pour convaincre leurs interlocuteurs de communiquer les données de leur carte bancaire, les identifiants de leur compte CCP ou encore les codes de validation reçus par SMS». La DGSN et la Gendarmerie nationale rappellent qu’aucun de leurs services ne sollicite ce type d’informations par téléphone ou par voie électronique. Elles invitent les citoyens à signaler immédiatement toute tentative de fraude en composant les numéros verts 1548 ou 1055.
Cette nouvelle alerte illustre l’évolution de la cybercriminalité en Algérie.

Avec la généralisation des paiements électroniques, de la banque mobile et des services administratifs numériques, les cybercriminels adaptent constamment leurs méthodes pour exploiter la confiance des utilisateurs.

Le scénario est souvent le même : «Créer un sentiment d’urgence, invoquer une menace de blocage de compte ou une enquête judiciaire, puis obtenir les informations permettant de vider un compte bancaire ou postal en quelques minutes.» Les spécialistes de la cybersécurité rappellent que l’ingénierie sociale demeure l’arme la plus efficace des cybercriminels. Plutôt que de pirater les systèmes informatiques, ils manipulent directement les victimes.

DES PRÉCÉDENTS ONT MARQUÉ L’ACTUALITÉ

Cette affaire n’est malheureusement pas isolée. Ces dernières années, plusieurs campagnes de fraude ont ciblé des institutions et entreprises. Algérie Poste figure parmi les organismes les plus régulièrement visés. A plusieurs reprises, de faux SMS et de faux sites internet ont invité les détenteurs de comptes CCP à mettre à jour leurs informations personnelles ou à confirmer leurs données bancaires. De nombreux usagers ont ainsi été victimes d’opérations de «phishing», entraînant le détournement de leurs économies.

Les banques ont également été confrontées à des campagnes similaires. Des escrocs créent de fausses pages imitant parfaitement les sites officiels ou les applications bancaires, afin de récupérer les identifiants et mots de passe des clients. Le groupe Naftal a lui aussi fait l’objet d’usurpations de son identité numérique. De fausses annonces diffusées sur les réseaux sociaux promettaient des investissements très rentables ou des offres promotionnelles inexistantes, utilisant abusivement le nom et le logo de l’entreprise pour tromper les internautes. D’autres institutions publiques, opérateurs de télécommunications et entreprises nationales ont également dû démentir de faux concours, de prétendues aides financières ou des recrutements imaginaires destinés uniquement à collecter les données personnelles des citoyens.

L’Office national du pèlerinage et de la omra et l’AADL alertent régulièrement le public face à ces pratiques. Les experts sont unanimes : aucune institution sérieuse ne demande un mot de passe, un code PIN, un code de validation SMS ou les informations complètes d’une carte bancaire par téléphone, WhatsApp ou Messenger. Avant toute communication d’informations sensibles, il est indispensable de vérifier l’identité de son interlocuteur en utilisant exclusivement les coordonnées officielles de l’institution concernée. Il est également recommandé de ne jamais cliquer sur un lien reçu dans un SMS ou un message non sollicité, de vérifier attentivement l’adresse des sites internet consultés et d’activer les mécanismes de sécurité proposés par les banques et les établissements financiers.

Les escroqueries profitent d’une surface d’attaque énorme : 33,49 millions d’usagers internet, plus de 24 millions sur Facebook et 17 millions sur TikTok en 2024. Présentées lors d’un atelier dédié aux enjeux de la cybersécurité en Algérie et en Afrique du Nord au profit des médias, des statistiques de Kaspersky montrent que «près de 78,5 millions d’incidents locaux ont été bloqués en Algérie durant l’année 2025».
La majorité encaisse la perte en silence. Les montants vont de quelques milliers de dinars à plusieurs millions de centimes.

Cette nouvelle mise en garde des services de sécurité intervient dans un contexte où l’Algérie accélère sa transformation numérique. Développement du paiement électronique, digitalisation des services publics, commerce en ligne et dématérialisation des procédures offrent de nouvelles opportunités aux citoyens, mais créent également un terrain propice aux cybercriminels.

Au-delà du renforcement des dispositifs techniques, la sensibilisation du grand public apparaît désormais comme un enjeu. Car dans la majorité des cas, le premier maillon de la sécurité reste l’utilisateur. Une simple erreur, un clic sur un faux lien ou la communication d’un code confidentiel peut suffire à compromettre un compte bancaire.

Le message adressé conjointement par la Gendarmerie nationale et la DGSN est sans ambiguïté : la prudence constitue la meilleure protection contre une cybercriminalité de plus en plus sophistiquée.
Pour la première fois, les deux principales institutions chargées de la sécurité publique communiquent d’une seule voix, c’est dire la sensibilité et la gravité du phénomène.

Un élément mérite d’être souligné : dans la majorité des cas, les systèmes informatiques ne sont pas piratés. Les cybercriminels ciblent directement les individus.

Autrement dit, le maillon faible n’est plus la technologie, mais l’être humain.
Kamel Benelkadi

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