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De nouveaux projets de colonies illégales à Ghaza et en Cisjordanie occupée : L’extrême droite messianique accélère son plan d’annexion

Par Salima Tlemçani9 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Neuf mois après l'accord de cessez-le-feu, Israël intensifie son plan de colonisation à Gaza et en Cisjordanie occupée, avec le soutien actif de ministres d'extrême droite.

L'armée israélienne a fermé Gaza en zone militaire pour accueillir une marche massive organisée par le groupe extrémiste « Nachala », visant à établir des colonies juives dans l'enclave palestinienne.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé la création de trois avant-postes militaires au nord de Gaza et l'allocation de 400 millions de dollars pour des dizaines de nouvelles colonies en Cisjordanie.

Ces avant-postes militaires, historiquement utilisés comme première étape avant la colonisation civile, reproduisent le modèle appliqué en Cisjordanie depuis des décennies avec plus de 150 avant-postes illégaux.

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Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le feu, signé sous l’égide des Etats-Unis et avec la garantie du Qatar, du Pakistan et de la Turquie, Ghaza continue d’être sous le feu des bombardements israéliens qui ont tué plus d’un millier de ses habitants, alors que près de 70% de son territoire est actuellement sous le contrôle militaire d’Israël, et ce, en violation totale des dispositions de l’accord Trump, qui prévoient l’arrêt total de la guerre, le retrait des troupes israéliennes, la libre circulation des Ghazaouis et la levée de toutes les restrictions empêchant l’entrée de l’aide humanitaire, à commencer par l’ouverture des postes frontaliers.

Face à l’inertie des pays médiateurs, des Etats-Unis et de la communauté internationale, Israël vient de franchir un nouveau pas dans sa politique de nettoyage ethnique et de génocide. Hier matin, son armée d’occupation a bouclé la zone entourant l’enclave, la déclarant «zone militaire», en prévision d’une marche massive vers Ghaza, prévue en fin de journée et à laquelle a appelé une organisation extrémiste de colons israéliens «Nachala» qui joue un grand rôle dans l’installation de colonies illégales en Cisjordanie et prône le génocide et le nettoyage ethnique à Ghaza.

Elle a été derrière de nombreuses marches vers Ghaza, pour l’établissement des avant-postes, mais les participants ont été empêchés par l’armée. Cette fois-ci, elle est revenue à la charge, encouragée et soutenue par de nombreux membres du gouvernement. Parmi les participants à cette marche plusieurs ministres, dont Itamar Ben-Gvir, de la Sécurité, et Bezalel Smotrich des Finances et également chargé de l’Administration, par le ministère de la Défense, des colonies de Cisjordanie, ainsi que de nombreux députés de l’extrême droite messianique. Le but de cette marche est l’établissement de colonies israéliennes à l’intérieur de la bande de Ghaza, dans une zone fermée dès hier matin à 8h par l’armée.

Elle concerne toute la périphérie de Ghaza qui s’étend du nord de l’enclave jusqu’à son extrême sud. Au moins une douzaine de groupes et partis politiques de droite comme coorganisateurs, dont le Likoud, principal parti conservateur de droite (de Benyamin Netanyahu), prendront part à cette marche organisée sous le slogan : «Rentrer chez soit après 21 ans», en référence à l’évacuation, en 2005, des colonies israéliennes à l’intérieur de Ghaza. De nombreux médias israéliens ont publié les différents tracts appelant à cette marche, sur lesquels on peut lire les noms de nombreux ministres, dont ceux des Communications, de la Diaspora, de l’Economie, de l’Egalité sociale, ainsi que plusieurs députés de la coalition gouvernementale, notamment ceux des partis de l’extrême droite messianique. Les mêmes qui font pression pour l’occupation totale de Ghaza et l’installation de nouvelles colonies juives.

Trois avant-postes militaires qui ouvrent la voie aux colonies juives

A ce titre, il est important de rappeler qu’à la fin du mois de juin, Smotrich avait déclaré dans un communiqué rendu public que l’administration des colonies du ministère de la Défense qu’il dirige «a achevé les travaux préparatoires à la création de trois colonies dans le nord de la bande de Ghaza» puis exhorté Netanyahu à «donner son accord», afin de «mener à bien la mission et de rétablir une véritable sécurité pour les habitants du Sud». Dans son communiqué, il a indiqué que les forces d’occupation israéliennes «devraient s’emparer de plus de 70% du territoire de Ghaza qu’elles contrôlent actuellement» et précisé que «les colonies juives à Ghaza serviraient de ceinture de sécurité pour les communautés frontalières en Israël». Quelques jours auparavant, Netanyahu avait affirmé avoir «donné des instructions à l’armée pour prendre le contrôle de 70% du territoire de Ghaza», passant de l’occupation de 35% de Ghaza, à 65 puis à 70% de Ghaza, soit bien au-delà de ce qui était prévu temporairement dans le cadre de la signature de l’un accord de cessez-le-feu. Les événements s’accélèrent à l’annonce des élections nationales prévues le 27 octobre.

La coalition d’extrême droite de Benyamin Netanyahu est en train de profiter pour étendre son contrôle sur les terres palestiniennes occupées et d’en expulser leurs propriétaires avant l’expiration de son mandat. Israel Katz, ministre de la Défense, a annoncé son intention d’établir trois avant-postes «Nahal» dans le nord de Ghaza. Il s’agit d’installations de type militaire qui ont, depuis des décennies, ouvert la voie aux colonies civiles israéliennes.

De son côté, Bezalel Smotrich, son collègue des Finances, a annoncé l’octroi d’un budget de 400 millions USD pour des dizaines de nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie occupée que le gouvernement lui avait alloué, en gardant la décision secrète, d’après des médias israéliens, en raison de l’opposition de l’administration Trump. Le général de division Avi Bluth, commandant des forces israéliennes en Cisjordanie, a déclaré mercredi aux habitants des avant-postes extrémistes, ont indiqué des médias hébreux, qu’il «appréciait leur travail» et les considérait comme . Bluth, qui a lui-même grandi dans une colonie de Cisjordanie, ont révélé les mêmes sources, s’est exprimé, lors d’une réunion de l’Association des fermes, qui «représente des colonies illégales même au regard du droit israélien». Les membres de cette organisation ont été en grande partie responsables dans les attaques terrifiantes contre les Palestiniens de Cisjordanie, leurs maisons, leurs cheptels et leurs biens, pour les chasser de leurs terres. Les remarques de Bluth lèvent le voile sur une vérité que tout le monde sait, mais la garde au fond de lui-même. Il s’agit de cette synergie qui lie le mouvement de colonisation à l’armée israélienne.

Le même système de colonies illégales installé en Cisjordanie

Les violences commises contre les Palestiniens en Cisjordanie et les appels au retour des colonies juives à Ghaza ont de tout temps été soutenus par les discours politiques et militaires, mais aussi par le déni de ces actes, du fait que leurs auteurs ont de tout temps bénéficié de l’impunité.

La position du général qui défend les avant-postes agricoles illégaux n’est en fin de compte qu’un prolongement des politiques gouvernementales qui a aidé à la création de plus de 150 avant-postes illégaux en Cisjordanie occupée, en attendant leur légalisation rétroactive. Certains avant-postes sont établis sur des terres relevant de l’Etat, d’autres se trouvent sur des terrains palestiniens privés. Israël a même établi des avant-postes agricoles dans les zones A et B de Cisjordanie censées être sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Malgré leur création illégale, le gouvernement de Netanyahu les a dotés d’équipement de sécurité et d’aide financière destinée à l’élevage.

Lors d’une de ses visites à Ghaza dans les zones contrôlées militairement par Israël, Katz a fait état de ses projets de colonisation et ne s’est même pas empêché de plaider pour une migration massive de la population civile, qui s’apparente à un acte de nettoyage ethnique. «J’ai l’intention d’établir trois avant-postes de Nahal, qui est aussi une entité militaire, sur les sites des anciennes colonies israéliennes du nord de Ghaza», a-t-il déclaré aux médias hébreux.

Pour Dror Etkes, fondateur de l’organisation Kerem Navot qui surveille l’accaparement des terres par Israël en Cisjordanie occupée et qui s’est exprimé sur le journal britannique The Guardian, «l’aspect militaire n’est que la première phase qui vise à préparer le terrain pour une future colonisation. Au total, des dizaines de colonies israéliennes en Cisjordanie ont été établies de cette manière».
D’après la même source, les colonies de Nahal ont été initialement établies, durant les années 1950, dans les régions frontalières, notamment autour de la bande de Ghaza, mais à partir de 1967, «le même système a été utilisé en Cisjordanie occupée, d’abord le long de la vallée du Jourdain, puis étendu à d’autres zones».

Dans sa déclaration à la chaîne israélienne, Katz s’est dit «soulagé» en voyant l’ampleur de la dévastation à Ghaza, alors que le chef d’état-major adjoint, lui, annonçait qu’Israël contrôlait 65% du territoire de Ghaza. «Je ne sais pas comment décrire cela, si ce n’est par la victoire, quand on contrôle 65% du territoire, quand on a tué plus de 70 000 ‘terroristes ici’», a déclaré Yadai, confirmant ainsi que les 21 000 enfants, dont plus d’un millier de bébés, qui font partie du bilan de la guerre qu’il mène contre Ghaza sont considérés comme des «terroristes». Salima Tlemçani

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