Les nouveaux bacheliers ont besoin de nouvelles perspectives
Les nouveaux bacheliers font face à une saturation des disciplines universitaires traditionnelles, limitant leurs perspectives d'emploi et les forçant à envisager le chômage ou des activités peu valorisantes.
La formation professionnelle, notamment le BTS et les métiers émergents issus de l'innovation technologique, offre une alternative rapide et efficace pour accéder au marché du travail.
Des pays comme la Chine ont réajusté plus de 30 % de leurs programmes universitaires pour adapter les formations aux évolutions technologiques et aux besoins réels des entreprises.
Une stratégie de communication et de valorisation de la formation professionnelle est essentielle pour orienter les jeunes bacheliers vers des spécialités porteuses et faciliter leur insertion professionnelle rapide.
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Le Quotidien d'Oran
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Certaines disciplines universitaires sont en effet saturées ou inadaptées aux besoins des secteurs économiques, ce qui ne facilite pas l’accès à la vie professionnelle. Dans ce cas, les nouveaux bacheliers ont peu d’alternatives intéressantes répondant à leurs objectifs.
Le chômage et l’orientation vers une activité peu valorisante sont les seules options qui s’offrent à eux. Face à cette inquiétudeoppressante et angoissante, la nécessité d’orienter ces jeunes s’impose à toutes les institutions concernées pour les aider et les faire sortir de cette impasse. Parmi les multiples solutions, la valorisation du brevet de technicien supérieur (le BTS) et la formation dans les métiers dits « émergents » sontdes alternatives assez intéressantes.
Les métiers émergents naissent de l’innovation technologique, des nouveaux procédés et des méthodes, de l’évolution du numérique, de l’intelligence artificielle, des industries de pointe ou destransformations importantes dans divers domaines pour s’adapter aux nouvelles exigences. Ces métiers répondent aux nouveaux besoins des entreprises en personnel qualifié dans des domaines assez récents.
Les métiers « émergents » se trouvent pratiquement dans toutes les professions et dans toutes les branches : industrielles, économiques, sociales, environnementales, informatiques, l’intelligence artificielle… Ce sont des métiers du futur. Chaque année, de nouveaux métiers émergents sont identifiés et leur demande sur le marché est effective. Une adaptation continue des compétences aux nouvelles exigences du marché est incontournable. Ils offrent de fortes perspectives d’emploi pour les jeunes diplômés.
Tenant compte de l’importance de ces nouveaux métiers, les pays développés dressent périodiquement des listes officielles pour permettre à la formation professionnelle et aux universités d’intégrer les métiers émergents dans leurs programmes de formation.
L’évolution des besoins des entreprises en compétences impose une adaptation continue des formations pour assurer un équilibre entre l’offre et la demande en personnel qualifié. La valorisation de ce type de formation dans plusieurs pays développés a incité beaucoup de nouveaux bacheliers à opter pour une formation qui leur attribue une compétence professionnelle en peu de temps, au lieu de s’engager dans une formation universitaire qui nécessite une longue période et dont l’accès à l’emploi est souvent difficile et incertain. Á titre d’exemple, la Chine a opté pour une stratégie d’adaptation de son système de formation universitaire aux différentes évolutions techniques et technologiques.
En effet, elle a procédé à la suppression des filières d’études universitaires considérées comme obsolètes et a privilégié la création de nouvelles spécialités qui prennent en compte les différentes mutations scientifiques, en tenant compte des évolutions des besoins du marché de l’emploi. Les progrès enregistrés dans les procédés et les méthodes exigent de nouvelles qualifications qui répondent efficacement aux transformations des besoins du marché de l’emploi.
C’est dans ce cadre que la Chine a réajusté plus de 30% des programmes de formation universitaire dans le but d’adapter les filières d’études aux nouvelles réalités du marché.
Le marché de l’emploi, point de rencontre entre la demande et l’offre d’emploi, est très exigeant. Le degré de qualification et l’expérience sont les deux principaux atouts qui favorisent l’accès à un poste de travail.
En outre, une analyse statistique du marché du travail est bénéfique. Les données sur le marché de l’emploi permettront aux nouveaux diplômés d’être bien informés et de pouvoir ainsi faire la distinction entre les secteurs qui recrutent et qui sont en pleine évolution, et les secteurs saturés ou en décalage par rapport aux évolutions techniques et technologiques.
Ces profondes transformations, dues à l’évolution des métiers, offrent, à mon avis, deux alternatives intéressantes qui ne dévalorisent en aucun cas la valeur du nouveau bachelier. Au contraire, elles lui ouvrent des possibilités d’accès à un emploi attractif, facilitant ainsi une insertion rapide dans le monde du travail. Les besoins du marché dans ces domaines sont importants et en constante évolution. Actuellement, la quasi-totalité des nouveaux bacheliers s’oriente vers certains cursus universitaires qui ne leur garantissent aucune insertion professionnelle, vu le nombre de candidats et la saturation des secteurs concernés par ce type de formation.
La démarche visant la valorisation des formations en BTS et dans les métiers émergents nécessite le recours à l’utilisation de différentes techniques et méthodes qui favorisent l’amélioration de la perception des candidats envers ce type de formation, afin de faciliter leurs choix.
La valorisation de la formation professionnelle, et en particulier du BTS intégrant la majorité des métiers émergents issus des évolutions technologiques, devrait être une option privilégiée pour donner plus de possibilités d’insertion rapide dans la vie active aux jeunes diplômés. Elle permettra également de répondre aux besoins de l’économie et des entreprises en personnel qualifié, spécialisé dans divers métiers opérationnels.
La formation professionnelle est l’approche privilégiée et incontournable pour accomplir cette mission honorable qui consiste à répondre aux besoins en personnel qualifié des projets de développement et des entreprises. Elle assure la formation des jeunes et le perfectionnement des salariés en leur facilitant l’acquisition d’un savoir-faire qui leur permet de mieux maîtriser leurs métiers et de pouvoir s’adapter aux mutations et aux évolutions du monde économique.
La formation professionnelle a un impact positif sur l’évolution économique, sur la création d’emplois et sur la rentabilité des entreprises. Elle est considérée actuellement comme un investissement de grande importance.
D’une manière générale, la formation contribue à :
- la valorisation du personnel par l’élévation du niveau de connaissances et de qualification.
- l’autonomie dans le travail et une meilleure maîtrise des exigences du poste et, par conséquent, une amélioration de la qualité du travail : le savoir-faire (hard skills).
- l’adaptation aux nouvelles techniques.
- une meilleure capacité d’adaptation aux normes et au changement.
- l’instauration d’une organisation plus efficace et d’une meilleure circulation de l’information.
- l’évolution et l’amélioration du comportement du salarié au niveau de son poste, au niveau de l’entreprise et dans ses relations avec sa hiérarchie et les membres de son équipe : le savoir-être (soft skills).
Les nouveaux bacheliers doivent être mieux informés sur les opportunités existantes qui leur offrent la possibilité de suivre une formation adaptée à la création d’entreprise ou de suivre une formation professionnelle qui leur facilite une insertion rapide dans le monde du travail.
Une autre piste intéressante pour les nouveaux bacheliers est relative à la formation en entreprise. Certaines entreprises assurent des formations internes et continues dans des spécialités spécifiques à leur activité. Cette option favorise à la fois l’acquisition progressive d’un métier et l’évolution d’une carrière professionnelle.
La formation continue permet l’adaptation des niveaux de qualification aux évolutions techniques et technologiques et facilite l’intégration et la maîtrise des innovations. Elle assume un rôle central dans le développement des compétences des salariés et des entreprises.
La formation professionnelle mérite une valorisation plus intense auprès des jeunes bacheliers pour les orienter vers des spécialités qui leur permettent d’acquérir un métier et leur facilitent une insertion rapide dans le monde du travail ou de créer leur propre entreprise. Pour concrétiser ces objectifs, une stratégie de communication est très bénéfique pour les nouveaux bacheliers. Elle nécessite l’appui de tous les moyens de communication, notamment les médias, les réseaux sociaux et les réunions avec les nouveaux bacheliers au niveau des universités, des lycées et des instituts de formation. Le message doit être justifié par des données statistiques relatives aux mauvais choix de filières saturées et à leurs conséquences sur l’accès à l’emploi.
*(Économiste, ancien dirigeant d’entreprise)