Escapade au Djurdjura : Le tourisme de montagne reprend de la hauteur

Par Kamel Benelkadi•9 min de lecture
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Escapade au Djurdjura : Le tourisme de montagne reprend de la hauteur
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La station climatique El Arz, située à Tala Guilef dans le Djurdjura à 1 500 mètres d'altitude, a rouvert après trente ans de fermeture, relançant le tourisme de montagne en Algérie.

Gérée par l'EGTC et le Groupe HTT, elle propose 550 lits répartis en trois unités hôtelières — un hôtel premium, un espace familial et un centre de conférences.

Au cœur d'une réserve de biosphère classée par l'Unesco, la station offre randonnées encadrées, quad, tir à l'arc et ateliers culturels, avec plus de 1 000 arbres plantés.

Le projet a généré plus de 130 emplois, mais doit relever des défis environnementaux, avec la future réhabilitation des remontées mécaniques et un système de navettes.

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Au cœur de ce renouveau, la station climatique El Arz s’impose comme une référence incontournable du tourisme et de l’hôtellerie de montagne en Algérie, alliant la qualité des infrastructures à la beauté brute du site.

C’est un voyage qui commence par une ascension, là où la route en lacets s’agrippe aux flancs abrupts du massif du Djurdjura. Après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres depuis la ville de Boghni, le thermomètre chute brusquement, et l’air se charge d’un parfum oublié : celui des cèdres millénaires et de la terre sauvage. A près de 1500 mètres d’altitude, Tala Guilef, dont le nom berbère évoque une «forteresse naturelle» sculptée par l’érosion, se révèle comme un véritable sanctuaire de fraîcheur et d’émotion.
Pour comprendre l’émotion qui saisit le visiteur, il faut se souvenir que ce «petit paradis» a longtemps été plongé dans le silence. Saccagée et fermée en 1995 pour des raisons sécuritaires, la station climatique a vécu trente années d’ombre avant de renaître de ses cendres.
Fruit d’un ambitieux projet mené par l’Entreprise de Gestion Touristique du Centre (EGTC) et le Groupe HTT, sa réouverture progressive marque bien plus qu’un simple projet économique ; c’est la reconquête symbolique d’un territoire de paix et de beauté. Aujourd’hui, gérée avec l’exigence d’offrir une excellence quotidienne, la station attire de nouveau les visiteurs éblouis par un décor qui ne laisse personne indifférent.
Au cœur de ce renouveau, la station climatique El Arz s’impose comme une référence incontournable du tourisme et de l’hôtellerie de montagne en Algérie, alliant la qualité des infrastructures à la beauté brute du site. La capacité d’accueil globale atteint désormais 550 lits, répartis harmonieusement à travers 9 points de vente dédiés à la restauration, aux loisirs et au bien-être, structurés autour de trois unités hôtelières complémentaires.
L’hôtel El Arz est un établissement historique existant depuis 1976, il fait peau neuve pour devenir le produit premium de la station, incarnant l’élégance intemporelle de la montagne.
El Arz Cosy a été spécialement conçu pour répondre aux attentes des familles, des groupes d’amis et des amateurs de loisirs, offrant un cadre chaleureux et parfaitement adapté à la détente. Le Resort & Conference Center est entièrement dédié au segment business, cet espace moderne accueille réunions d’entreprises, séminaires, cycles de formation et sessions de team building.
«Aujourd’hui, Al Arz s’impose comme une référence du tourisme de montagne. Notre ambition est de conjuguer la qualité de nos infrastructures, l’hospitalité de nos équipes et une recherche permanente de l’excellence afin d’offrir une expérience de séjour à la hauteur des attentes de nos visiteurs», a souligné dans une courte déclaration Farid Zemih, général manager de la station climatique El Arz.
Le slogan, «Au Sommet de vos attentes», traduit parfaitement la philosophie du cèdre. Ainsi, la station entend promouvoir un tourisme climatique de montagne à travers les bienfaits de l’altitude (neige en hiver, fraîcheur en été, air pur toute l’année).
Les touristes, y compris étrangers, sont de plus en plus nombreux à réserver et la station parvient à fidéliser ses clients qui apprécient la fraîcheur de la montagne, même en période estivale. Le but est d’échapper à la saisonnalité pour remplir les hôtels et assurer une rentabilité.

Un dépaysement sauvage

Le véritable spectacle reste pourtant celui de la nature brute. Tala Guilef est un écrin de biodiversité classé Réserve de biosphère par l’Unesco. En marchant sur les sentiers de randonnée, il n’est pas rare de croiser le regard curieux d’un singe magot ou d’apercevoir, haut dans le ciel, le vol majestueux d’un aigle royal ou d’un gypaète barbu. Les forêts de cèdres de l’Atlas (Cedrus atlantica) et de pins noirs créent une architecture minérale et végétale saisissante. Les amateurs de sensations fortes peuvent explorer le gouffre d’Aswel, identifié comme le système de grottes verticales le plus profond d’Afrique, ou rejoindre le lac Agoulmime, un miroir d’eau temporaire niché en altitude.
Pour parfaire cette immersion, la station s’anime au rythme d’expériences inoubliables. En partenariat avec CSG Adventure, l’hôtel El Arz propose un programme d’activités riche et varié : Quad (Soodila Circuit) pour les amateurs de sports mécaniques, prenez les commandes d’un quad puissant et élancez-vous sur les pistes forestières pour dompter les sentiers sauvages, tir à l’arc pour tester votre concentration et votre précision en vous essayant au tir à l’arc, une activité idéale pour allier calme et maîtrise de soi en plein air.

L’aventure entre adrénaline et loisirs

Il y a le concept «3 Randonnées, 3 Ambiances» : Pour capturer l’essence du Djurdjura à chaque instant, des sorties pédestres thématiques et encadrées sont proposées : randonnée matinale, une bouffée d’énergie et de fraîcheur pour s’éveiller avec la forêt, randonnée Découverte (10h00) pour percer les secrets géologiques et historiques de Tala Guilef, randonnée Coucher de soleil (18h00) : Un moment suspendu où les crêtes s’embrasent de teintes cuivrées et la randonnée nocturne (23h00) : une exploration mystique sous la voûte céleste kabyle.
L’engagement de la station dépasse l’hospitalité pour s’enraciner profondément dans l’économie et la préservation de la région. Un projet a permis la création de plus de 130 postes de travail directs et indirects, favorisant l’émergence de compétences locales à travers la formation.
Le dépaysement passe aussi par l’assiette au restaurant Izuran (mettant à l’honneur l’huile d’olive locale, le miel de montagne et les fromages artisanaux) et par l’organisation d’ateliers culturels immersifs dédiés à la poterie traditionnelle, aux bijoux kabyles et à la gastronomie locale.
Il incarne l’authenticité des terroirs locaux. On y retrouve une cuisine généreuse et raffinée, servie en buffet ou à la carte, idéale autant pour un repas convivial en famille que pour un dîner d’affaires.«Ici, les saveurs authentiques se mêlent à la convivialité de notre équipe pour créer une expérience culinaire aussi généreuse que raffinée», souligne un dossier de presse. La gastronomie se veut être un vecteur d’émotion en mariant terroir, élégance et convivialité. En étroite collaboration avec le Parc national du Djurdjura, la station mène des actions concrètes pour la durabilité du site : campagnes de nettoyage régulières, sensibilisation des visiteurs, et vastes opérations de reboisement avec plus de 1000 arbres plantés depuis le lancement du projet.
Malgré cet élan formidable, le développement du tourisme de montagne à Tala Guilef doit continuer à relever des défis environnementaux face à son attractivité grandissante (accueillant des milliers de visiteurs par week-end). Des solutions écoresponsables, telles que des systèmes de navettes et la réhabilitation future des infrastructures de sports d’hiver (télésiège et restaurant panoramique), dessinent l’avenir de ce joyau.
Tala Guilef n’est pas seulement une destination ; c’est une émotion retrouvée. C’est la promesse d’un été au frais sous les frondaisons antiques et d’un hiver blanc où le silence majestueux de la montagne devient le plus beau des refuges.
S’offrir un séjour dans la montagne peut répondre à plusieurs motivations en ces temps de troubles, de stress et de pression : les visiteurs pourront se détendre, partager, découvrir, travailler autrement, mais surtout se reconnecter aux racines. S’évader pour mieux se retrouver. Là où le temps reprend son sens. Ici, chaque lever de soleil, chaque sentier et chaque souffle rappellent que le véritable luxe réside dans la simplicité, la nature et les instants partagés.
Le tourisme de montagne en Algérie est aujourd’hui reconnu comme un axe stratégique de diversification, avec des projets concrets dans la Kabylie, les Aurès et les Hauts-Plateaux. Les autorités ont identifié 21 zones d’expansion touristique (ZET) pour développer ce créneau, tandis que des sites emblématiques comme le mont Tahat (2918 m) ou le mont Chélia (2328 m) attirent déjà randonneurs et alpinistes. Contraints dans leur budget, les Algériens privilégient notamment des destinations proches de chez eux. Ils commencent aussi à intégrer de nouveaux critères, comme la recherche de fraîcheur. Et dans ce contexte, le tourisme de montagne a une belle carte à jouer.
K.B.

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