Développement local à Boumerdès : Plus de la moitié des crédits non consommés

Par Ramdane Kebbabi•5 min de lecture
Brifa
Développement local à Boumerdès : Plus de la moitié des crédits non consommés
Résumé IA

Sur les 250 opérations financées en 2025 dans la wilaya de Boumerdès, 137 ont connu des retards, avec un taux de consommation des crédits de seulement 46,14%, en baisse de 8%.

Le budget alloué de 7,6 milliards de dinars n'a permis de clôturer que 68 opérations totalisant 3,5 milliards de dinars, certains projets datant de 2017.

Les retards concernent le revêtement des routes, l'AEP, le gaz et les écoles, tandis que 6,6 milliards de dinars ont été consacrés à la réévaluation de 52 opérations.

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137 parmi les 250 opérations financées en 2025 par la CSGCL sur le budget de wilaya ont connu des retards dans la réalisation, selon le compte administratif de l’exercice écoulée.

Le taux de consommation des crédits reste toujours faible dans la wilaya de Boumerdès. C’est ce qui ressort du rapport du compte administratif de l’exercice 2025, examiné récemment par l’APW. Le rapport révèle que 7,6 milliards de dinars ont été alloués en 2025 pour la réalisation de 205 opérations dont 153 sont financées sur le budget de la wilaya et 52 par la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales (CSGCL). Néanmoins, seules 68 opérations d’un montant de 3,5 milliards de dinars ont été clôturées à la fin de l’exercice, le 31 mars dernier. Les rédacteurs du document évaluent le niveau des dépenses à 46,14%, soulignant une baisse de 8% par rapport à l’exercice précédent. Certains projets remontent à 2017 et ont un lien direct avec le quotidien des citoyens.
Dans le bilan, on retrouve des opérations liées au revêtement des routes, l’ouverture de pistes, l’assainissement, l’alimentation en eau potable, le raccordement au gaz naturel, la réfection de l’éclairage, la réhabilitation des écoles primaires, etc. Des progrès palpables ont, certes, été accomplis dans plusieurs secteurs grâce au suivi rapproché des chantiers sur le terrain, mais la dynamique enclenchée ces dernières se heurte encore à de nombreuses contraintes. Le chapitre (952) relatif aux projets d’AEP, de gaz, d’assainissement et de fibre optique, a bénéficié de plus de 2 milliards de dinars depuis 2020. Néanmoins, le niveau des dépenses est estimé à moins de 4%.
Dans le secteur des travaux publics, plus de 75% des crédits (700 millions de dinars) dégagés pour le revêtement des routes restent dans les caisses. Pourtant, l’état des routes laissent à désirer dans plusieurs communes de la région. Inscrits en 2017, des projets de revêtement de pistes dans les zones enclavées afin de maintenir les habitants dans leurs villages ne sont pas encore lancés. En revanche, la plupart des opérations d’aménagement des administrations officielles, notamment le siège de la wilaya et ceux des daïras ont été achevés. Faute de disponibilité des véhicules sur le marché, les crédits destinés au renouvellement du parc automobile de la wilaya n’ont, quant à eux, pas été consommés.

Réévaluation des coûts

D’autres projets portant sur le revêtement des routes ou la modernisation de l’éclairage public dans diverses localités tardent à voir le jour malgré la disponibilité des budgets et les multiples requêtes des citoyens. Cette situation n’est pas nouvelle et les bilans des directions de wilayas et des assemblées locales restent en deçà des attentes des populations locales. Parmi les contraintes qui retardent la réalisation des investissements publics, un ancien rapport de la Cour des comptes cite «le manque de foncier, les oppositions, la défaillance des entreprises de réalisation, l’absence de rigueur dans le suivi des projets, la conclusion d’avenants modificatifs, l’insuffisance de maturation des études techniques et une faible identification des besoins, ce qui entraîne des réévaluations des coûts des projets et des retards dans leur achèvement».
Le compte administratif énumère une longue liste des opérations ajournées. Le chapitre réservé aux équipements scolaires, sportifs et culturels a bénéficié de 395 millions de dinars, mais plus de 180 millions ne sont pas consommés, alors que plusieurs établissements scolaires attendent la rénovation de leurs équipements.
Le constat est valable aussi pour les projets sectoriels. En 2025, la wilaya a bénéficié de plus de 20 milliards de dinars au titre des différents programmes de développement, dont 6,6 milliards consacrés à la réévaluation de 52 opérations.
Là aussi, le taux de consommation (34%) des crédits est jugé très faible par de nombreux élus. Le bilan établi par les autorités en avril faisait état 110 opérations achevées, mais leur coût global a augmenté de 13% par rapport aux montants initiaux, passant de 22,4 à 25,1 milliards de dinars.

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