Société

Collectivité locale à Tiaret : Le budget rectificatif centré sur les urgences sociales

Par Amellal Fawzi•4 min de lecture
Brifa
Résumé IA

L'Assemblée Populaire de la Wilaya de Tiaret a validé un budget rectificatif 2026 de 2,015 milliards de dinars, dont 71% absorbés par le fonctionnement et seulement 29% consacrés à l'équipement.

Ce budget repose quasi exclusivement sur l'excédent de fonctionnement recyclé (1,37 milliard DA) et la dotation de péréquation de l'État (453 millions DA), la fiscalité locale propre restant marginale.

Les crédits sont orientés vers des actions sociales visibles : 35 millions DA pour l'Éducation, 18 millions DA pour la Jeunesse et les Sports, et 340 millions DA de subventions aux communes.

Malgré un excédent 2025 de 5,88 milliards DA non consommé en investissement, la wilaya reste dépendante des dotations étatiques, reportant tout investissement productif autonome.

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L’économie locale de la wilaya de Tiaret cherche encore sa formule pour transformer la manne budgétaire institutionnelle en levier de croissance autonome. Si le projet de budget complémentaire (BS) 2026 s’est dessiné sous les auspices du consensus technique, il reflète une dépendance totale aux transferts étatiques et aux excédents recyclés.

C’est ce qui ressort des débats en marge de la deuxième session de l’APW pour l’année 2026 baptisée au nom du chahid Hallouz Ghlamallah Porté par la Commission de l’économie et des finances de l’APW, ce correctif mobilise une enveloppe globale définitive de 2.015 097 285,85 DA.
Une somme colossale dont l’autopsie comptable révèle une répartition dictée par des impératifs de paix sociale immédiate. La Commission de l’APW a validé une clé de répartition profondément déséquilibrée : «la section de fonctionnement absorbe 71% du total, tandis que l’équipement est cantonné à 29%. Pourtant, le compte administratif 2025 affichait un excédent global de 5 886 151 521,34 DA. Mais l’analyse fine tempère cet optimisme : ce surplus se répartit entre 1 475 828 729,16 DA pour le fonctionnement et 4 410 322 792,18 DA pour l’équipement» est-il noté dans le rapport. Ce reliquat massif d’argent non consommé en investissement en 2025 témoigne de retards chroniques dans le lancement de certains chantiers. L’examen du Tableau n°01 confirme d’ailleurs le diagnostic d’une fiscalité propre locale totalement atone. «L’enveloppe de 2,01 milliards DA est alimentée par deux leviers opportunistes : l’excédent de fonctionnement recyclé (1 372 963 546,71 DA) et l’apport central via la dotation de péréquation de la wilaya (453 043 501,26 DA)».
En comparaison, les prélèvements sur le tissu économique réel restent insignifiants : «la taxe sur le logement ne génère que 37 400 000,00 DA, et les droits sur le transport du gaz par canalisation culminent à 94 776 400,00 DA». Derrière les chiffres se lit la volonté politique de financer des actions de proximité hautement visibles. «L’Éducation nationale capte 35 millions DA pour sa gestion obligatoire et 4 millions de dinars pour primer l’excellence. La Jeunesse et les Sports obtient 18 302 942,98 DA. Côté Solidarité, 15 millions DA financent les camps d’été, 20 millions DA l’achat de motocycles pour personnes à besoins spécifiques, et 4 millions DA l’étanchéité du centre pour handicapés mentaux. L’hygiène publique et la prophylaxie bénéficient de rallonges face aux risques sanitaires : 20 millions DA pour des camions bennes, 3 millions DA pour la lutte anti vectorielle, 2 millions DA pour le contrôle des animaux errants, 4 millions DA contre la leishmaniose et 1 million DA pour le laboratoire de la wilaya». Pour soutenir l’échelon municipal, «une subvention globale de 340 651 937,19 DA (chapitre 979) est débloquée. Parallèlement, le fonctionnement interne des institutions consomme des crédits substantiels : 45,2 millions DA pour l’étude et le suivi d’un restaurant pour les cadres et élus, 61 millions DA pour la réhabilitation du siège de l’EPIC Propreté, tandis que la Protection Civile obtient 29 millions DA pour des pièces de rechange et 10 millions DA pour l’achat de drones de surveillance».
En conclusion, en absorbant 71% des crédits dans le fonctionnement, l’APW de Tiaret garantit la justice sociale. Cependant, elle remet à plus tard le défi crucial de l’investissement productif autonome, maintenant la wilaya sous perfusion des dotations étatiques centrales.

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