"Bougnoule", "Algérien paysan" : après le suicide de Joris, la justice française enquête

Le parquet de Vienne a ouvert une seconde enquête pour harcèlement moral et provocation au suicide après le décès de Joris Laurencin, 21 ans, à Châtonnay, suite à une plainte de ses parents.
La famille dénonce des années d'insultes racistes comme « bougnoule » et « Algérien paysan », ainsi qu'une humiliation forcée portant un tee-shirt « DZ PAGU », impliquant des membres de l'équipe locale de rugby.
Un témoin affirme que le jeune homme a été déshabillé et humilié publiquement lors d'une fête à Saint-Jean-de-Bournay peu avant le drame, ce que SOS Racisme relaie dans un appel à témoins.
Les parents réclament une unité d'enquête extérieure craignant des liens locaux, tandis que les investigations devront établir le lien direct entre ce harcèlement et le passage à l'acte.
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Le suicide de Joris Laurencin, un jeune homme de 21 ans retrouvé mort il y a une semaine à Châtonnay (Isère), prend une nouvelle dimension judiciaire. Après une première enquête ouverte pour déterminer les causes de son décès, le parquet de Vienne a lancé une seconde procédure à la suite d'une plainte déposée par ses parents pour harcèlement moral et provocation au suicide.
Selon le procureur de la République de Vienne, Olivier Rabot, cette nouvelle enquête vise à établir si les violences verbales et les humiliations dénoncées par la famille ont pu contribuer au passage à l'acte du jeune homme.
Suicide de Joris : la famille évoque des années de harcèlement raciste
D'après Me Elise Rey-Jacquot, avocate des parents, Joris Laurencin aurait subi pendant plusieurs années des insultes racistes de la part de jeunes de son village, parmi lesquels figureraient des membres de l'équipe locale de rugby.
La famille affirme qu'il était régulièrement traité de "bougnoule" et qu'on lui lançait "t'as rien à faire là". L'avocate évoque également un épisode au cours duquel il aurait été forcé de porter un tee-shirt portant l'inscription "DZ PAGU", interprétée comme signifiant "Algérien paysan".
Le jeune homme se confiait régulièrement à son père sur les humiliations qu'il disait subir, mais aucune plainte n'avait été déposée avant son décès.
Un appel à témoins après une soirée en Isère
Les proches de Joris ont lancé un appel à témoins concernant une fête organisée à Saint-Jean-de-Bournay, quelques jours avant le drame. Selon leur avocate, le jeune homme était revenu profondément choqué après cette soirée.
Un témoin ayant répondu à cet appel affirme que Joris aurait été déshabillé et humilié publiquement. Ces déclarations devront être vérifiées dans le cadre de l'enquête.
L'association SOS Racisme a relayé cet appel à témoins sur les réseaux sociaux, estimant que « face au harcèlement raciste, le silence protège les auteurs ». Elle dénonce également une banalisation des propos racistes et appelle à faire toute la lumière sur cette affaire.
Une enquête désormais ouverte
La famille souhaite que les investigations soient confiées à une unité d'enquête extérieure, estimant que la gendarmerie locale pourrait connaître certaines personnes mises en cause dans ce village de près de 2.000 habitants.
Les enquêteurs devront désormais recueillir les témoignages, analyser les éléments disponibles et déterminer si les faits de harcèlement dénoncés présentent un lien direct avec le suicide de Joris. Une affaire qui suscite une vive émotion en Isère et relance le débat sur les conséquences du harcèlement à caractère raciste.