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Quand le rectangle vert devient le miroir géopolitique du monde

Par Larbi Berkane4 min de lecture
Quand le rectangle vert devient le miroir géopolitique du monde
Résumé IA

Cette finale de la Coupe du monde entre l'Espagne et l'Argentine restera dans l'histoire comme l'une des plus mercantiles et politisées jamais organisées, selon de nombreux spécialistes.

Au-delà du sport, l'opposition entre l'Argentine libérale de Javier Milei et l'Espagne sociale-démocrate de Pedro Sánchez a conféré à la rencontre une dimension géopolitique et symbolique majeure.

La victoire de l'Espagne symbolise le sacre du « football propre » face à un système qualifié de « scripté », rendant justice aux sélections lésées comme l'Algérie, le Cap-Vert ou l'Égypte.

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Le Quotidien d'Oran

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Pour la majorité des spécialistes, cette édition restera gravée dans l’histoire comme la plus mercantile et l’une des plus politisées jamais organisées. Entre l’appât du gain décomplexé, les ingérences politiques et les soupçons de favoritisme, le football a parfois semblé relégué au second plan.

Une compétition dictée par l’argent et le pouvoir

De l’avis général des experts, l’éthique sportive a été la grande oubliée de ce tournoi. Plusieurs voix influentes ont profité des antennes pour dénoncer une dérive systémique : des supporters exclus du rêve pour de simples motifs administratifs ou de nationalité, un traitement de faveur flagrant accordé à certaines sélections, et des décisions arbitrales lourdement influencées par le pouvoir politique. La crise de confiance entre les acteurs du football et la FIFA est désormais totale. Comme l’a résumé un analyste de manière cinglante : « La crise a deux noms : l’argent et le pouvoir ». Un constat courageux qui exprime tout haut ce que la planète football pense tout bas.

Espagne - Argentine : Le choc des valeurs et le jour et la nuit

La finale de ce Mondial a dépassé le simple cadre du sport pour revêtir une symbolique morale et géostratégique extraordinaire. Sur la pelouse, deux visions du monde se sont affrontées. D’un côté, une équipe argentine assimilée par ses détracteurs à une brutalité froide, à l’anti-jeu et à une culture de la gagne par la loi du plus fort.

De l’autre, une sélection espagnole sans star absolue, mais portée par un sens admirable de la solidarité, de l’intelligence collective et de l’entraide. Au-delà du terrain, la dimension politique était flagrante. Cette finale a opposé l’Argentine libérale et radicale de Javier Milei-marquée par une rhétorique agressive et la déconstruction des services publics-à l’Espagne sociale-démocrate de Pedro Sánchez, perçue comme un bastion du «vivre-ensemble» européen. Sur les réseaux sociaux, des centaines de millions de spectateurs ne s’y sont pas trompés, choisissant de soutenir l’Espagne et ses valeurs. Même la tentative de Donald Trump de s’immiscer sur la photo officielle n’aura été qu’un baroud d’honneur stérile, scellant ce que beaucoup considèrent comme un juste retour des choses.

La fin du «vol organisé » et le sacre du football propre

Cette finale marque également la fin d’un système que certains qualifiaient de « scripté ». L’histoire retiendra que celui que la FIFA voulait absolument installer au panthéon des légendes est sorti par la petite porte. Depuis l’annonce de sa retraite internationale avortée en 2014, les rumeurs d’un accord en coulisses pour lui offrir des titres n’ont cessé d’enfler, de la Copa América 2021 au Mondial 2022.

Pour cette édition, le scénario semblait écrit d’avance pour contrer les records de buts de Cristiano Ronaldo : tirage au sort lénifiant, arbitrage curieusement clément et matchs controversés contre l’Algérie, le Cap-Vert ou encore l’Égypte. Mais face à la menace des fédérations européennes et à l’ouverture d’enquêtes pour blanchiment d’argent, la FIFA a dû faire profil bas lors du dénouement. Livrée à elle-même face à un arbitrage enfin impartial et courageux, l’Argentine a montré ses limites. En s’imposant, l’Espagne n’a pas seulement gagné un trophée : elle a rendu justice aux sélections lésées tout au long du tournoi, à l’image de l’Algérie, du Cap-Vert, de l’Égypte ou de l’Angleterre. Hier soir, le football propre a enfin repris ses droits.

*Cadre en retraite

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