Dinar algérien : les « cinq raisons » de l’envolée de l’euro

Sur le marché noir des devises en Algérie, l’euro a franchi le seuil des 270 dinars, atteignant 271 DZD l’unité à Square Port Saïd d’Alger, soit environ 19 dinars de plus qu’il y a un an.
Selon l’économiste Brahim Guendouzi, cinq facteurs expliquent cette hausse: la forte demande des résidents voyageant sans accès au change officiel et des importateurs de véhicules; la pression des commerçants du cabas légalement autorisés; l’afflux d’étudiants nécessitant des devises pour étudier à l’étranger; et enfin l’évasion fiscale et la fuite des capitaux vers l’étranger via le marché informel.
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L’euro a pulvérisé ce lundi 27 octobre un nouveau record historique face au dinar algérien sur le marché noir des devises et franchissant la barre symbolique des 270 DZD l’unité.
Au Square Port Saïd d’Alger, la principale place du marché parallèle des monnaies étrangères dans le pays, l’euro est cédé à 271 dinars l’unité, soit 19 dinars de plus que son niveau il y a une année.
Interrogé par TSA Algérie, l’économiste Brahim Guendouzi avance cinq raisons principales pour expliquer cette « hausse attendue » de la principale devise échangée sur le marché parallèle en Algérie.
« La demande en euros provenant des résidents qui voyagent et qui ne peuvent accéder au change officiel. Ensuite, les personnes physiques qui importent des véhicules neufs ou de moins de trois ans », explique M. Guendouzi.
Évasion fiscale, fuite des capitaux… : les raisons de la flambée de l’euro
Ce professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou pointe aussi la pression exercée sur le marché par « toutes les personnes qui s’adonnent au commerce de cabas » qui a été légalisée par les autorités. Les petits importateurs ont le droit d’importer légalement jusqu’à 1,8 million de dinars (près de 12.000 euros au taux officiel actuel) par voyage, à raison de deux déplacements par mois au maximum.
Aux voyageurs, des importateurs de voitures, et des commerçants du cabas, s’ajoute un « grand nombre d’étudiants qui demandent le visa d’études à l’étranger et qui sont obligés d’alimenter leurs comptes devises en Algérie », selon Brahim Guendouzi.
Fin septembre, l’ambassade de France a indiqué avoir octroyé 8.351 visas aux étudiants algériens pour poursuivre leurs études dans les écoles et les universités françaises.
« Enfin, il existe une pratique liée à l’évasion fiscale et la fuite des capitaux vers l’étranger, dont les initiateurs cherchent à faire sortir des sommes importantes en euros obtenues grâce à des transactions sur le marché informel », énumère Brahim Guendouzi.
Pour cet économiste, l’ensemble de ces facteurs font que la demande de devises sur le marché informel, particulièrement l’euro, « ne cesse de croître ». « Le besoin en moyens de paiements extérieurs se fait de plus en plus ressentir par les agents économiques qui n’ont que la seule possibilité de recourir au marché informel », explique-t-il encore.