Réactivation du Conseil d’association : Alger rappelle l’UE à ses engagements

L'Algérie intensifie ses dialogues bilatéraux avec les capitales européennes tout en exigeant la réactivation du Conseil d'association UE-Algérie, gelé depuis décembre 2020.
Le président Tebboune a appelé le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à œuvrer pour la reprise de ce mécanisme institutionnel chargé de superviser l'accord d'association de 2002.
Alger juge cet accord déséquilibré : l'Algérie absorbe 85 % de ses importations depuis l'UE mais se heurte à des barrières, notamment des quotas sur l'acier, qui freinent ses exportations hors hydrocarbures.
La révision de l'accord pour instaurer un partenariat gagnant-gagnant, avec investissements et transferts de technologie, reste conditionnée au redémarrage du Conseil d'association.
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Même si le nouveau cadre du Pacte pour la Méditerranée offre une structure pour l’établissement d’une coopération équilibrée en matière de commerce, d’investissement et de sécurité, il est essentiel que le Conseil d’association Algérie-UE soit remis sur rail…
Alger a intensifié ces derniers mois ses discussions avec ses partenaires européens en privilégiant le cadre de dialogue bilatéral. Qu’il s’agisse de Rome, de Berlin, de Madrid ou d’autres capitales européennes, l’Algérie prend langue directement avec ses partenaires, l’un après l’autre, pour donner plus de consistance aux échanges et au partenariat et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération mutuellement bénéfiques.
Cette approche de bilatéralité constructive et fructueuse, tranche avec le froid qui crispe depuis quelques années les échanges avec le cadre global de l’Union Européenne. Ce décalage incombe au gel des réunions du Conseil d’association liant l’Algérie à son voisin européen, depuis décembre 2020. Abdelmadjid Tebboune, et en recevant le Premier ministre Pedro Sanchez, a d’ailleurs rappelé cet état de fait et a appelé son hôte à œuvrer pour la relance de ce Conseil. « L’Espagne, de par sa position au sein de l’Union européenne, joue un rôle positif en faveur d’un meilleur équilibre dans les relations économiques entre l’Algérie et l’UE et contribue à la relance du Conseil d’association Algérie-UE qui ne s’est pas réuni depuis 2020 » a déclaré le Président de la République.Ce mécanisme institutionnel, qu’est le Conseil d’association Algérie-UE, est censé superviser et évaluer la mise en œuvre de l’Accord d’association liant l’Algérie à ses partenaires européens signé en 2002. L’absence de ce cadre de concertation et de dialogue freine toute possibilité de résolution des contentieux commerciaux et bloque les échanges entre les deux rives. Alger n’a pas cessé d’appeler à la réactivation des réunions du Conseil d’association afin d’arriver à établir un cadre d’échange équilibré et mutuellement bénéfique avec l’Union Européenne. Le Conseil d’association est pour rappel composé de représentants des ministères des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE, du Conseil de l’UE, de la Commission européenne et du gouvernement algérien. Une plateforme de discussion idéale permettant d’engager la révision complète de l’accord d’association que l’Algérie juge en sa défaveur.
Asymétrie dans les échanges
L’entrée en vigueur de cet accord en 2005, a montré ses nombreuses failles notamment le rapport déséquilibré entre les deux partenaires commerciaux. L’Algérie devenant un simple marché pour les produits européens, alors que de nombreuses barrières bloquent la vente des produits algériensur le marché européen. Les autorités algériennes ont plaidé pour une révision des clauses de l’accord afin de privilégier une approche gagnant-gagnant avec le partenaire européen en permettant des investissements directs, le transfert de savoir-faire et de technologies, et l’écoulement des produits manufacturés algériens- hors hydrocarbures-, sur le marché européen. Lors de son inauguration de la Foire internationale d’Alger, Abdelmadjid Tebboune avait d’ailleurs souligné cette asymétrie dans les échanges commerciaux avec l’UE, en évoquant la question de quotas imposés par l’Union européenne sur les exportations d’acier algérien. « Ce n’est pas normal qu’il y ait des quotas…Parce que de notre côté nous n’appliquons pas de quotas pour ce qu’on achète de l’Union européenne » a-t-il déclaré en rappelant que les importations algériennes proviennent à 85% de l’Union européenne. Même si le nouveau cadre du Pacte pour la Méditerranée offre une structure pour l’établissement d’une coopération équilibrée en matière de commerce, d’investissement et de sécurité, il est essentiel que le Conseil d’association Algérie-UE soit remis sur rail afin de garantir un réel respect des engagements bilatéraux en faveur d’un partenariat solide et mutuellement bénéfique.
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