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Biens détournés à l’étranger : l’Espagne restitue trois hôtels 5 étoiles d’Ali Haddad à l’Algérie

Par Lynda Ait Amedjkane5 min de lecture
Biens détournés à l’étranger : l’Espagne restitue trois hôtels 5 étoiles d’Ali Haddad à l’Algérie
Résumé IA

L'Espagne a restitué à l'Algérie trois hôtels 5 étoiles à Barcelone, dont le prestigieux Hotel El Palace, saisis dans le cadre des condamnations pour corruption de l'homme d'affaires Ali Haddad.

Cette coopération judiciaire bilatérale a aussi permis le démantèlement d'un réseau financier Alger-Madrid et la saisie de villas, appartements de luxe, véhicules et montres liés au détournement de fonds de la United Tobacco Company.

Les opérations s'appuient sur les accords d'entraide judiciaire de 2004, 2006 et le traité d'extradition de 2008, qui ont également facilité le retour de personnes poursuivies pour atteinte à la sécurité de l'État.

Ce précédent marque un succès majeur dans la récupération des biens publics détournés à l'étranger et renforce la souveraineté économique algérienne.

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Grâce à une coopération judiciaire bilatérale inédite, l’Algérie réintègre dans son patrimoine public plusieurs hôtels 5 étoiles à Barcelone ainsi qu’un vaste parc immobilier saisi au terme d’enquêtes financières complexes.

L’opération marque l’un des plus importants succès administratifs et financiers enregistrés par la justice algérienne à l’étranger. À la suite d’une commission rogatoire internationale transmise en 2022 par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, l’Espagne a officiellement restitué à l’État algérien la propriété de trois hôtels de standing. Ces établissements appartenaient à l’ancien homme d’affaires Ali Haddad, condamné en Algérie dans plusieurs dossiers de corruption.

Biens d’Ali Haddad en Espagne : l’Algérie récupère plusieurs actifs issus du dossier de corruption

La pièce maîtresse de cette restitution reste l’Hôtel El Palace de Barcelone, l’ancien Ritz. Acquis en 2011 par le patron du groupe ETRHB pour un montant estimé à 80 millions d’euros (bien qu’il ait évoqué la somme de 54 millions d’euros financée par des crédits lors de son procès), ce palace intègre désormais le portefeuille immobilier de l’État. Finalisée en 2023, cette restitution a été qualifiée par le quotidien espagnol La Vanguardia de démonstration de souveraineté économique et de maîtrise technique dans la conduite d’affaires financières transfrontalières.

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Cette diligence des autorités espagnoles a été directement soulignée par le président Abdelmadjid Tebboune lors d’un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera : « L’Espagne a fait preuve d’une coopération exemplaire en matière de restitution des biens détournés. »

Démantèlement d’un réseau financier Alger- Madrid et saisies immobilières majeures

Au-delà du secteur hôtelier, les canaux d’entraide entre Alger et Madrid ont permis de neutraliser d’autres réseaux d’évasion financière. Les investigations menées par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) ont conduit au démantèlement d’un groupe criminel impliqué dans le détournement de près de 1 000 milliards de centimes au détriment de la United Tobacco Company (UTC).

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Les opérations de saisie ordonnées dans le cadre de ce dossier couvrent un patrimoine important réparti sur les deux rives de la Méditerranée :

  • Deux villas de haut standing, l’une située à Alger et l’autre sur le territoire espagnol.
  • Six appartements de luxe, dont cinq implantés en Algérie et un en Espagne.
  • Plusieurs véhicules de prestige.
  • Des lots d’objets de valeur comprenant des montres de collection.

Algérie – Espagne : les accords de 2004, 2006 et 2008 fondent la coopération judiciaire bilatérale

Cette dynamique d’exécution repose sur un cadre légal structuré. La relation entre les deux pays s’appuie sur trois textes majeurs.  La convention d’entraide judiciaire en matière pénale de 2004, l’accord d’entraide en matière civile et commerciale de 2006. Ainsi que le traité d’extradition signé en 2008.

Cet arsenal juridique ne se limite pas aux seuls avoirs matériels. Il a également permis l’extradition vers l’Algérie de plusieurs individus visés par des mandats d’arrêt internationaux pour des faits d’atteinte à la sécurité de l’État et d’appartenance à des groupes terroristes, à l’image des anciens militaires déserteurs Mohamed Benhalima et Mohamed Abdellah, membres de l’organisation RACHAD.

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L’aboutissement de ces procédures confirme l’efficacité des instruments d’entraide pénale et établit un précédent solide pour la récupération des fonds publics détournés.

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