Paris et les sons des bas clochers
Le président Macron a démenti son ambassadeur à Alger sur la politique des visas, créant une confusion diplomatique qui révèle l'absence de ligne claire entre Paris et son représentant.
L'ambassadeur, diplomate discipliné, n'aurait pas pris d'initiative sans aval de l'Élysée, suggérant des signaux contradictoires émanant du pouvoir français.
La France, paralysée par l'approche des présidentielles, la menace d'extrême droite et une dette dépassant 3500 milliards d'euros, instrumentalise l'Algérie pour des raisons de politique intérieure.
L'Espagne, l'Allemagne et l'Italie privilégient quant à elles des relations adultes et responsables avec Alger, loin des gesticulations diplomatiques françaises.
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Le Quotidien d'Oran
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Pour calmer les inutiles ardeurs de la droite politique et son extrême, le président Macron a cru bon de démentir son ambassadeur à Alger en revenant sur la sempiternelle affaire des visas délivrés aux Algériens.
Le porte-à-faux ainsi flanqué à son représentant devrait atteindre le summum de la déconvenue car le plénipotentiaire, en diplomate discipliné, n’est pas homme à s’aventurer dans des initiatives personnelles et il demeure certain que ses déclarations ont de qui tenir. Il ne se serait jamais permis de s’accorder en solo des initiatives verbales sans l’aval et les directives de celui qui l’a réinstallé dans la capitale algérienne.
Les affirmations françaises à Alger, aussitôt contredites à Paris dans les dits et les dénis, dénotent une embrouille diplomatique évidente pour certifier que le retour à la sérénité entre l’Algérie et la France n’est pas pour aujourd’hui.
Ni probablement pour demain si d’aventure, la procréation de l’OAS viendrait à occuper le palais de l’Elysée.
Le drame du pouvoir français aujourd’hui, en bordure proche des présidentielles, est qu’il soit terrorisé par l’extrême droite à laquelle tous les sondages promettent la victoire. Avec une dette publique de plus 3500 milliards d’euros, faisant d’elle un des premiers pays le plus endetté d’Europe, et la pression colossale des problèmes économiques et sociaux, la France est piégée dans un gigotement l’enfonçant dans un terrain boueux.
Pouvoir et opposition en commun, faute de s’élever à la hauteur des vraies préoccupations et des attentes de leur peuple, n’ont que la latitude de tenter de le bercer avec les sons des bas clochers.
A l’opposé, leurs voisines, l’Espagne et l’Allemagne et même l’Italie ont compris que l’heure n’est pas aux inepties diplomatiques et s’appliquent en Etats responsables et adultes à se mettre en adéquation avec une Algérie adulte.