Pour quel impératif mondial ?

Par Amar Tou•7 min de lecture
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Pour quel impératif mondial ?
Résumé IA

L'Algérie a bâti dans les années 1970 un vaste partenariat industriel avec l'Allemagne de l'Ouest, créant usines de tracteurs, camions, électronique, fonderie et verre plat sous Boumédiène.

Cette coopération a décliné après la crise économique de 1986 et les troubles des années 1990, l'Allemagne réunifiée ne retrouvant qu'un rôle limité dans les hydrocarbures.

La visite du président Tebboune en juillet 2026 relance la relation avec une trentaine d'accords pour un partenariat stratégique énergie, hydrogène, industrie et transports, ajoutant 5 milliards d'échanges.

Les projets phares incluent l'assemblage de moteurs Opel, la fabrication de tramways et d'ascenseurs, des électrolyseurs pour l'hydrogène vert et des biotechnologies pharmaceutiques avancées.

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Le Quotidien d'Oran

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Celle-ci a, en effet, disparu après l’effondrement du bloc socialiste avec son aile militaire, le Pacte de Varsovie qui faisait contrepoids au Pacte de l’OTAN, actuellement en état de «réanimation clinique,» aux dures de membres influents de l’Organisation. Ces générations algériennes ont informellement hérité d’une culture politique invraisemblable rangeant idéologiquement sans aucun fondement officiel, notre pays dans ce bloc socialiste qui, il est vrai, manifestait un large et sympathique soutien politique à la cause de l’Algérie dans sa lutte contre le colonialisme français, dans la vente d’armes à notre pays après le recouvrement de sa souveraineté nationale et dans une coopération multiforme à un pays qui avait besoin de tout à sa sortie d’une lutte qui a duré 132 ans (1830-1962) dont huit années de lutte armée (1954-1962).

Cette Allemagne Fédérale (RFA) des années 1970, tout particulièrement, détenait presque un informel monopole du développement industriel et technologique de l’Algérie au modèle d’industrie industrialisante que le président Houari Boumédiene y avait engagé.

C’est, aussi, l’ambiance économique où l’auteur de la présente contribution apprenait la gestion d’entreprise à l’Institut National de la Productivité et du Développement Industriel (INPED) dans le cadre d’un accord entre le ministère algérien de l’industrie et de l’énergie et l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal-Canada, en tant que cadre d’entreprise publique, puis directeur commercial, directeur général adjoint avant d’être, plus tard, directeur général après l’obtention d’un doctorat en économie puis député président de la commission économique du parlement et enfin, plusieurs fois ministre.

Aussi, la République de l’Allemagne Fédérale (RFA) des années 1970 se vit-elle confiée par l’Algérie, les grands projets de développement structurants d’une vision hautement ambitieuse :

- le complexe Moteurs Tracteurs y compris la boite à vitesse du fameux tracteur Cirta de Constantine, bien repris en mains, tout récemment, par l’industrie militaire sous savoir-faire propre, y compris les premiers jalons d’une industrie des équipements de production ou machines outils telle ALMO pour la production, entre autres, des fraiseuses,

-machinisme agricole de Sidi Bel Abbès récemment bien repris en jointe venture avec une firme finlandaise pour la fabrication de moissonneuses batteuses de plus grands gabarits pour rèpondre aux besoins nouveaux d’une agriculture saharienne désormais pratiquée sur de grands espaces, au sahara notamment,

- l’industrie électronique de Sidi Bel Abbès oû l’Allemagne concentre son intervention sur le transfert technologique et la production de systèmes de pointe,

- la grande fonderie de Tiaret pour la fabrication des camions semi-remorques de 20 tonnes et des plateaux de camions de 40 a 60 toonnes, en reprise, actuellement, en relation avec l’industrie militaire, ìnotamment celle des bus Mercedès, l

- la production des camions et bus de Rouiba.avec sa fonderie centrale de l’ex Sonacome ou SNVI,

- l’industrie des vélomoteurs de Guelma actuellement Cycma, indûment privatisée mais dûment récupérée au profit du secteur public,

- la réalisation par un groupe industriel allemand, d’une ligne complète de verre plat à Jijel,

- Venaient s’y ajouter quant il ne s’agit pas de contrats «clés en mains», la fourniture des équipements industriels d’autres branches, telles des équipements pour le secteur des hydrocarbures, de la pétrochimie, des textiles, des bois et lièges des médicaments, le tout étant souvent associé à la formation et à l’apprentissage dans des structures appropriées souvent attenantes au lieu de travail, même dans le cas des contrats conclus en clé en mains, la formule à l’époque dominante.

L’effondrement profond de l’économie algérienne des années 1986-1999 et les errements qu’elle y a connus, accentués par les grandes confusions des années 2015-2019 en dépit de l’éclaircie discontinue des années 2000-2014, ne permirent pas à l’Allemagne réunifiée, de se maintenir au niveau de la place d’outsider qu’elle occupait en Algérie durant les années d’avant la crise de l’économie algérienne qui s’est déclarée à partir de 1986, même si elle se redéploya dans d’autres secteurs industriels et technologiques de l’Algérie, tels la fourniture d’équipements spécifiques au secteur des hydrocarbures voire la fabrication en Algérie d’une partie de ces équipements en collaboration avec Sonatrach.

La visite que vient d’effectuer le président de la République Abdelmajid Tebboune les 15, 16 et 17 juillet 2026 en Allemagne, replante un décor plus prometteur pour l’avenir des relations entre les deux pays, économiquement et stratégiquement, sanctionnée par la signature d’une trentaine d’accords et mémorandums d’entente devant augmenter le volume des échanges entre les deux pays déjà fort de 3,5 milliards de dollars. de quelques cinq autres milliards de dollars, plus favorables â l’Algérie dont je mets, ci-après à chaud, la quintessence synthétisée à la disposition du lecteur intéressé :

-Sceller, entre les deux pays, un partenariat stratégique touchant principalement :

- la transition énergétique,

- les industries,

- les transports,

- les technologies de pointe touchant à l’énergie et à l’hydrogène dans le nouveau contrat pour la fourniture du gaz liquéfié et le développement du projet du gazoduc du corridor d’hydrogène vert avec partenariat pour faire de l’Algérie un leader de la production d’hydrogène vert avec, notamment, un accord pour la fabrication d’électrolyseurs,

- assemblage en Algérie du moteur de la voiture Opel,

- fabrication sous licence en Algérie d’ascenseurs zdcenseur wllgzwaguen

- fabrication en Algérie des ìéquipements pour le tramway,

- fabrication en Algérie de nouvelles technologies, notamment pour industrie pharmaceutique de pointe sous licence telles la culture des cellules souches pour la thérapie cellulaire et la thérapie génétique où l’Algérie s’engage déjà résolument.

Après la Russie et la Chine avant-hier, l’Italie hier, l’Allemagne aujourd’hui, l’Espagne demain les USA en parallèle, l’Algérie aura bouclé la boucle de son accommodement, ô combien rassurant, avec l’impératif mondial. La France en saura certainement poursuivre, quant à elle, la juste lecture qu’elle vient tout juste d’entamer.

* Economiste, ancien ministre

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