Société

Etudes de faisabilité technico-économique

Par Yousra Salem•5 min de lecture
Brifa
Résumé IA

L'Algérie développe un projet intégré de phosphate à Bled El Hadba (Tébessa) et Oued El Kebrit (Souk Ahras) pour transformer le minerai brut en engrais phosphatés et azotés à forte valeur ajoutée.

Les études de faisabilité confirment 893 millions de tonnes de réserves exploitables à 21,65 % de P₂O₅, avec une production annuelle de 20,7 millions de tonnes prévue jusqu'en 2066 après enrichissement à 30 % de P₂O₅.

Ce programme vise l'autosuffisance en fertilisants, la diversification économique hors hydrocarbures et le positionnement de l'Algérie comme exportateur majeur d'engrais, soutenu par des recherches académiques rigoureuses.

E

Publié par

El Watan

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Selon le Docteur Rabah Kadi, enseignant-chercheur à l’Université M’hamed Bougara de Boumerdes (UMBB) et expert à la Direction centrale recherche et développement de Sonatrach, l’ambition de ce programme dépasse le simple cadre extractif.

«Le projet intégré du gisement de phosphate de Oued El Hadba (Bled El Hadba) en Algérie dépasse la simple extraction de minerai pour constituer une véritable chaîne industrielle visant à transformer la matière première en produits à plus forte valeur ajoutée ; l’enjeu est de passer de l’exportation de phosphate brut à la production locale d’engrais phosphatés et azotés destinés à l’agriculture (Net P, complétés par le K dans la formulation NPK)», a-t-il déclaré à El Watan.
Et de poursuivre que le processus de transformation se déroule en plusieurs étapes réparties sur différents sites : le minerai brut extrait à Bled El Hadba (Tébessa) est d’abord enrichi pour augmenter sa teneur en phosphate, puis le concentré est acheminé vers le complexe de Oued El Kebrit (Souk Ahras) où, par des transformations chimiques, on produit les intermédiaires indispensables — acide phosphorique, acide sulfurique et ammoniac (produit à partir de gaz naturel) — qui servent ensuite à fabriquer les engrais finis, notamment le DAP ou le MAP pour le phosphore et l’urée pour l’azote. «Les objectifs stratégiques sont multiples : atteindre l’autosuffisance en fertilisants pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la sécurité alimentaire, diversifier l’économie nationale au-delà des hydrocarbures en créant une filière industrielle à forte valeur ajoutée, et positionner l’Algérie comme exportateur majeur d’engrais afin de générer des recettes en devises — un changement de modèle économique illustrant la volonté de développer une industrie minière intégrée et performante en Algérie», a-t-il insisté.
La viabilité du PPI s’appuie sur une série d’études de faisabilité rigoureuses menées par des institutions académiques. Parmi ces travaux, une recherche publiée en 2024 dans la revue Technology Audit and Production Reserves a permis de cartographier avec précision le potentiel du gisement de Bled El Hadba (Tébessa).
Les données quantitatives confirment l’envergure du site : les réserves exploitables s’élèvent à 425 304 000 m³, soit l’équivalent de 893 138 400 tonnes de phosphate, affichant une teneur moyenne en en P₂O₅ de 21,65%. Les ingénieurs ont établi un ratio de découverture de 3,3:1, un indicateur clé déterminant le volume de stérile à déplacer pour accéder à la roche phosphatée et optimiser la rentabilité de l’exploitation.
Grâce au logiciel de planification minière Minesched, la projection de l’activité a été modélisée sur le long terme : elle prévoit une extraction étalée de 2023 à 2066, avec un rythme de production annuel moyen fixé à 20,7 millions de tonnes.

L’excellence technologique au service de la transformation

L’amont minier s’articule directement avec la recherche en ingénierie des procédés. Des travaux de recherche, comme ceux menés à l’École Nationale Supérieure de Technologie et d’Ingénierie d’Annaba, ont mis en lumièreles protocoles d’enrichissement du minerai.
L’objectif consiste à élever la teneur du phosphate brut (environ 21%) pour obtenir un concentré de qualité supérieure, conforme aux normes internationales, soit un minimum de 30 % en en P₂O₅ et un seuil maximal de 1% en MgO.
Des essais menés en usine pilote ont validé ces paramètres dans des conditions réelles de production. En outre, ces travaux ont démontré la faisabilité de la production d’acide phosphorique à partir de ce concentré enrichi, confirmant une qualité optimale pour la manufacture des engrais.
Ces contributions scientifiques apportent les données fondamentales nécessaires à la planification stratégique du PPI.
En limitant les risques industriels et environnementaux, cette expertise académique sécurise les investissements et guide la conception des futures infrastructures de ce pilier de la nouvelle économie algérienne.

Posez votre question à la rédaction

Votre question…

Prénom ou pseudo *

Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.

Votre question * 0/1000

Envoyer Annuler

Voir sur le site source