L’équation hydrique : Dessalement et circularité au service de la durabilité
Le projet PPI intègre dessalement et économie circulaire de l'eau pour concilier exploitation minière intensive et préservation d'un écosystème semi-aride.
Une station de dessalement de 140 000 m³/jour à Skikda alimentera le complexe industriel à hauteur de 80 000 m³/jour, s'inscrivant dans un plan national de 19 stations visant 60 % des besoins en eau d'ici 2030.
Le projet atteint un taux de recyclage global d'environ 80 % grâce à une circularité de 70-85 % à l'extraction, 80-95 % à l'enrichissement, 75-85 % à la transformation chimique et 80-90 % à la fabrication d'engrais.
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El Watan
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Concilier une exploitation minière intensive avec la préservation d’un écosystème semi-aride constitue le principal défi technique du PPI. L’architecture du projet intègre les technologies de rupture en matière de traitement de l’eau et se conforme aux standards environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) afin de préserver les nappes phréatiques locales de toute pression industrielle.
Le pivot de cette stratégie hydrique repose également sur le recours aux ressources alternatives. Une station de dessalement de l’eau de mer dédiée, «d’une capacité de 140 000 m³ par jour, est en cours de déploiement à Skikda». Les eaux produites par la station, dès son entrée en exploitation, seront dirigées, à raison de 80 000 m³/jour, vers le complexe industriel (50 000 m³ pour répondre aux besoins de Sonatrach dans la zone industrielle et 30 000 m³ à ceux d’Asmidal).
Cette infrastructure s’insère dans le plan national de sécurité hydrique qui prévoit le déploiement de 19 stations (pour un débit global de 3,8 millions de m³ par jour), complété par un nouveau programme de 6 unités additionnelles visant à couvrir 60% des besoins en eau du pays d’ici 2030. Cette dynamique industrielle s’accompagne d’un effort d’intégration locale, notamment à travers le développement et la fabrication nationale des membranes de filtration.
En parallèle, l’optimisation de l’empreinte hydrique globale du projet, évaluée à 132 millions de mètres cubes par an, repose sur une logique d’économie circulaire systématique appliquée à chaque étape du procédé.
Dès la phase d’extraction minière, les technologies de décantation et de floculation permettent d’atteindre un taux de recyclage de l’eau compris entre 70 et 85%. Cette circularité culmine ensuite entre 80 et 95 % lors de l’enrichissement, grâce à l’utilisation d’épaississeurs à haut rendement et à une gestion optimisée des bassins de résidus (tailings). Le traitement industriel en aval maintient cette exigence d’efficacité. La phase de transformation chimique affiche un taux de récupération de 75 à 85%, rendu possible par des systèmes de lavage à contre-courant et des unités de condensation.
Enfin, la fabrication des engrais boucle ce cycle vertueux avec un taux de recyclage oscillant entre 80 et 90%, obtenu par l’épuration des gaz (scrubbing) et la captation des condensats. Ce circuit fermé multi-étapes assure un taux de recyclage global d’environ 80%.
Ces performances industrielles sont corroborées par la recherche académique nationale, à l’instar des travaux de l’Ecole nationale supérieure de technologie et d’ingénierie d’Annaba, dont les procédés de récupération d’eau par condensation de vapeur affichent des rendements expérimentaux prometteurs de 67%.
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