Trump a promis à son homologue libanais de promouvoir la «paix durable» : Aoun réclame le «retrait complet et immédiat» d’Israël

Trump a reçu le président libanais Joseph Aoun à la Maison-Blanche, promouvant une « paix durable » et se disant prêt à négocier avec le Hezbollah si Beyrouth le demande.
Aoun a réclamé le retrait « complet et immédiat » d'Israël du territoire libanais, Trump répondant que ce retrait est « en cours » sans précisions.
Trump a annoncé la reprise des vols directs américains vers Beyrouth après près de 40 ans d'interruption, signe de réchauffement des relations.
De nouveaux pourparlers de cessez-le-feu sont prévus le 4 août à Rome, tandis que l'armée israélienne a tiré des coups de semonce contre des soldats libanais avançant dans une zone contestée du Sud.
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Le président Trump a promis à son homologue libanais, Joseph Aoun, reçu à la Maison-Blanche, de promouvoir une «paix durable» et s’est engagé à «négocier avec le Hezbollah» si le Liban le lui demanderait. Cependant, il a laissé son invité qui réclamait «la nécessité d’un retrait complet et immédiat d’Israël du territoire libanais», en déclarant qu’il était «en cours» sans fournir de détails.
Le Liban a été traité de manière injuste pendant longtemps. Nous lui accorderons l’attention et le respect qu’il mérite. Nous allons beaucoup l’aider», a déclaré, tard dans journée de mardi, Donald Trump à son homologue libanais, Joseph Aoun, qui achevait sa visite de quatre jours à Washington.
Lors d’une conférence de presse animée par les deux dirigeants, Trump a plus parlé de ses sentiments à l’égard du Liban, que de la guerre que mène Israël à ce dernier, refusant tout retrait des villes, complément détruites, pour et leurs habitants sommés aux déplacements forcés, après les avoir déclarées «zone de sécurité» placées sous le contrôle de son armée. Le président américain se dit prêt à rencontrer le Hezbollah si Beyrouth en fait la demande et promet d’aider considérablement le Liban.
Lorsqu’il a été interrogé sur le retrait israélien du Sud-Liban, il a répondu qu’il était «en cours», sans détailler ses propos ou être plus précis. A une question sur l’aide éventuelle apportée par les Etats-Unis aux forces armées libanaises chargées de désarmer le Hezbollah, Trump est resté évasif, en indiquant qu’il aborderait le sujet en privé avec Aoun. «Nous avons déjà des plans très concrets à cet effet. D’autres pourraient intervenir et apporter leur aide, mais le Liban devient également de plus en plus autosuffisant», a-t-il répondu. Il a, cependant, étonné les médias en exprimant sa disponibilité à négocier avec le Hezbollah si le Liban demanderait, afin de parvenir à un accord concernant le désarmement du mouvement de la résistance libanaise. «Je parlerais au Hezbollah ; je parle à tout le monde, même à ceux avec qui beaucoup pensent que je ne devrais pas dialoguer, et les choses finiront par s’arranger», a-t-il annoncé lors de cette conférence de presse.
Trump a déjà évoqué des négociations avec le Hezbollah, à travers le président syrien, auquel il avait dit qu’il pourrait le solliciter pour servir d’intermédiaire. Il s’est montré très solidaire avec le Liban qui, a-t-il souligné, «souffre depuis des décennies et a été maltraité bien trop longtemps», avant de promettre que les États-Unis «résoudront nombre de problèmes du Liban» et de saluer ce qu’il a qualifié d’«excellente» la relation entre Beyrouth et Washington. Joseph Aoun, le premier président libanais invité à Washington depuis 2009, a demandé, quant à lui, le soutien politique et militaire de Trump à l’armée libanaise, tout en promettant que son pays mettra fin aux hostilités avec Israël «pour toujours». Joseph Aoun a, quant à lui, beaucoup défendu l’armée libanaise, au sein de laquelle il était commandant avant d’être élu président, il y a une année. Premier président à avoir été invité par Washington depuis 2009, Aoun a annoncé au parterre de journalistes qu’il avait sollicité le soutien politique et militaire de Donald Trump à l’armée, en la qualifiant d’«institution la plus faible du pays» de son pays. «Tout ce que nous demandons, c’est un soutien continu à l’armée libanaise qui fait un excellent travail en s’acquittant pleinement de ses fonctions.». L’hôte de Washington a ajouté : «Nous devons soutenir les Forces armées libanaises (FAL). Sans les FAL, tout s’effondrera. Nous ne voulons pas de cela. Je pense que le président Trump ne le veut pas non plus.»
Pour Aoun, l’armée est «l’épine dorsale de la sécurité et de la stabilité». Il a par la suite fait l’éloge du président Trump, le qualifiant de «grand président». Ce qui a fait réagir Trump qui, avec un large sourire, a lâché : «Il sait comment me toucher.» Aoun a par ailleurs salué l’accord-cadre négocié le mois dernier par les Etats-Unis, puis s’est tourné vers le président américain en disant : «Ce sera votre héritage. Ensemble, nous pourrons atteindre cet objectif. Il est grand temps que le Liban et toute la région connaissent la stabilité et la sécurité. Votre vision est celle de la paix. Votre vision est celle de la stabilité, et je crois que ma vision rejoint la vôtre.» Mais lors de sa rencontre avec Trump à Washington, de nombreux médias américains ont affirmé que le président libanais a promis qu’il mettrait fin aux hostilités avec Israël «pour toujours». Selon l’agence britannique Reuters, Aoun «présenterait» à Trump «une proposition écrite sur la manière de démanteler l’armement du Hezbollah, ainsi qu’une demande de sa part de faire pression sur Israël pour qu’il se retire».
D’après la même agence, le président libanais a dit à Trump : «Ce sera votre héritage… Ensemble, nous pourrons atteindre cet objectif. Il est temps pour le Liban et toute la région de connaître la stabilité et la sécurité.»
Dans un communiqué diffusé par la présidence libanaise, il est indiqué que lors de sa rencontre avec le président Trump, «Aoun a réaffirmé le partenariat historique entre le Liban et les Etats-Unis et s’est concentré sur les priorités sécuritaires, politiques et économiques nécessaires pour renforcer la stabilité et la prospérité du Liban». Elle a ajouté en outre que le président libanais avait «souligné lors de la réunion l’urgence d’un retrait complet d’Israël du territoire libanais» et «affirmé que ce retrait constituait une étape fondamentale pour consolider la stabilité et permettre à l’Etat d’étendre sa pleine souveraineté».
«Toute déviation de ces zones…»
Le communiqué a expliqué par ailleurs que Aoun avait «passé en revue les répercussions catastrophiques de la récente guerre au Liban, ainsi que les pertes humaines et économiques et les graves dommages causés aux infrastructures à travers le pays», tout en précisant que Trump et Aoun «avaient discuté du renforcement et du soutien américains à l’armée libanaise et du développement de la coopération entre les deux pays dans tous les domaines, ainsi que du soutien à la reprise économique et à la reconstruction et de l’encouragement des investissements américains au Liban».
Quelques heures après cette conférence de presse, Donald Trump a annoncé sur son compte Social Truth la reprise des vols américains vers Beyrouth interrompus depuis près de 40 ans. «J’ai demandé à mon administration d’autoriser toutes les compagnies aériennes américaines à assurer des vols directs vers le Liban, afin que les Américains puissent visiter plus facilement ce magnifique pays. J’espère que d’autres pays suivront cet exemple», a écrit Trump. Hier, de nouveaux pourparlers pour un cessez-le feu global avec Israël sous l’égide des Etats-Unis ont été annoncés pour le 4 août à Rome, alors que les forces libanaises avaient commencé mais timidement à entrer dans la ville de Zawtar al-Gharbiya pour se déployer dans une des deux zones pilotes occupées par Israël et qui devaient être placées sous contrôle de l’armée libanaise, dans le cadre de l’accord signé entre les deux parties le mois dernier. Le même jour, l’armée israélienne a tiré des coups de feu en l’air pour mettre en garde les soldats libanais contre toute avancée vers la zone dite de sécurité, à Zawtar al-Sharqiya, dans le sud du Liban. Elle a déclaré que toute incursion de l’armée libanaise sans coordination préalable pourrait la mettre en danger, en précisant que la zone pénétrée par les forces armées libanaises «ne fait pas partie du projet pilote». Des troupes stationnées dans la zone de Zawtar al-Sharqiyah ont identifié des soldats de l’armée de l’air libanaise et des engins lourds pénétrant dans la zone tampon de l’armée israélienne sur environ 150 mètres et «franchissant des barrières», ont expliqué les forces d’occupation israéliennes. Selon la même source, «les actions des forces armées libanaises étaient contraires aux accords conclus entre les parties» et que les troupes présentes dans la zone «ont seulement tiré des coups de semonce en l’air, ce qui n’a pas mis en danger le personnel de l’armée libanaise, afin de les éloigner de la zone».
L’armée israélienne a appelé l’armée libanaise à «poursuivre ses opérations conformément aux accords et dans les zones convenues» en avertissant : «Toute déviation de ces zones sans coordination préalable pourrait mettre en danger ses forces.»
Par ailleurs, le Premier ministre libanais Nawal Salam s’est rendu hier matin dans un village du sud du pays, dévasté par Israël et ses habitants déportés vers d’autres régions pour planter le drapeau de son pays, en déclarant : «Cela marquera le début d’un retrait israélien complet.» Accompagné du ministre de la Défense et de hauts responsables militaires, Salam a mis le drapeau libanais près d’un bâtiment détruit dans la ville et promis que le gouvernement commencerait à reconstruire les maisons et les infrastructures détruites.
«Nous avons insisté dès le début sur le fait que notre objectif est le retrait complet d’Israël de tout notre territoire. Ce que nous constatons aujourd’hui n’est qu’un début, mais nous restons déterminés et inébranlables, et nous continuerons de mobiliser tous les efforts politiques et diplomatiques pour obtenir un retrait total du territoire libanais.» Même si les déclarations des plus hautes autorités libanaises restent optimistes, du côté israélien, rien n’est acquis. Tel- Aviv a déjà exprimé sa position. «Rien ne se fera sans la collaboration des forces israéliennes», ont écrit des médias israéliens en reprenant les indiscrétions de leurs dirigeants. Peut-on croire que la reprise des prochains pourparlers prévus le 4 du mois prochain puissent faire sortir les négociations de l’impasse, en raison de l’entêtement d’Israël à ne pas se retirer des zones pilotes tel que prévu par l’accord de cessez-le feu signé par les deux parties en juin ? La question reste posée surtout que dans les coulisses, les responsables israéliens restent intransigeants : pas de retrait sans le désarmement et le démantèlement du Hezbollah, alors que pour le Liban, la démilitarisation ne peut se faire sans le retrait israélien.
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