Verts : Aïssa Mandi, « Ma plus grande désillusion, j'ai encore des flashback ! »

L'international algérien Aïssa Mandi livre un témoignage sincère sur sa carrière, entre philosophie du travail acharné, triomphe à la CAN 2019 et traumatisme du barrage perdu face au Cameroun.
Obsédé par la préparation quotidienne depuis seize ans, il raconte avoir trouvé au Betis Séville un football qui lui correspondait, porté par la conviction inébranlable de Djamel Belmadi.
Il assume ses regrets, notamment avoir accepté le brassard trop jeune en 2017, et révèle que l'élimination face au Cameroun reste sa plus grande désillusion avec des flashbacks persistants.
Après douze ans en sélection, il a tourné la page sereinement, ayant refusé des offres lucratives au Moyen-Orient pour rester performant en Europe au service de l'Algérie.
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Dès les premières minutes, Mandi résume parfaitement la philosophie qui a guidé toute sa carrière : « Je ne me considère pas comme quelqu’un de talentueux. Donc à partir de là, je me suis dit : n’aie pas de regrets, mets toutes les chances de ton côté pour être professionnel et faire la meilleure carrière possible. »
Cette obsession du travail l’a accompagné pendant seize ans. Il raconte même son rituel quotidien : « Tous les soirs avant de dormir, je m’étire pendant 10, 15 ou 20 minutes. Des fois tu as juste envie de regarder une série et dormir, mais je ne me suis pas laissé le choix. »
Le passage le plus passionné concerne son expérience au Betis Séville. Mandi y explique avoir découvert un football qui correspondait enfin à sa personnalité. « J’adore le foot. Quand je suis arrivé en Espagne, j’ai découvert un autre football, le football qui me correspondait vraiment. »
Il va même plus loin avec une phrase qui résume son amour du jeu : « Le plaisir de toucher le ballon, de se faire des passes, de s’associer… c’est ça que j’aime. »
Mais c’est évidemment lorsqu’il parle de l’Algérie que l’émotion devient la plus forte. La CAN 2019 reste le sommet absolu de sa carrière. « J’ai ramené une étoile en fait. L’étoile de l’Algérie, ce sera à vie. »
Le défenseur se souvient d’un groupe transformé par la conviction de Djamel Belmadi. Selon lui, le sélectionneur n’avait aucun doute avant le tournoi. « Il nous disait exactement la même chose : on va là-bas pour gagner. Il n’y avait pas d’autre possibilité. »
Mandi révèle également un regret important : son rôle de capitaine lors de la CAN 2017. « Avec le recul, j’aurais peut-être dû dire non parce que je n’étais pas prêt. »
Le barrage perdu face au Cameroun...
Il précise avec une grande honnêteté : « Je n’étais pas encore un leader. Il faut le devenir par les performances et le comportement. »
L’autre moment marquant de l’entretien concerne le barrage perdu contre le Cameroun. Deux ans après, la blessure semble toujours ouverte. « C’est ma plus grande désillusion, et de loin. » Le scénario de cette élimination continue de le hanter : « J’ai encore des flashbacks. Le scénario fait que c’est un choc. »
Concernant les critiques reçues après la Coupe du monde 2026, Mandi adopte une posture très lucide. Il refuse de se victimiser, même s’il reconnaît la violence de certains commentaires. « Ça ne me touche pas au final. Je sais comment j’ai travaillé, je sais tous les sacrifices que j’ai faits pour en arriver là. »
Sa phrase la plus forte sur le sujet est sans doute celle-ci : « Ne prends pas les critiques de quelqu’un dont tu n’aurais pas demandé les conseils. »
Enfin, Mandi explique pourquoi il a décidé de tourner la page de la sélection après douze années sous le maillot vert. « Je suis tranquille dans ma tête parce que j’ai tout donné. Tout ce que j’avais, je l’ai donné pour la sélection. »
Il révèle même avoir refusé plusieurs offres lucratives au Moyen-Orient pour rester compétitif en Europe et continuer à servir l’Algérie. « La sélection a toujours été le fil rouge de ma carrière. J’ai pris des décisions sportives en fonction de la sélection. »
Cette interview restera comme l’un des témoignages les plus sincères d’un international algérien. Derrière le joueur discret et parfois critiqué apparaît un homme habité par le football, obsédé par le travail et profondément attaché à l’Algérie. Et s’il fallait retenir une seule phrase de cet entretien, ce serait peut-être celle qui résume toute sa carrière :
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