OÙ SONT LES FEMMES ?
Les filles dominent les résultats scolaires aux examens du BEM et du Bac, monopolisant les meilleures notes grâce à leur ténacité et leur volonté.
La présence féminine s'accroît dans l'enseignement, la justice, la santé, la police, l'armée et les affaires, avec des percées dans le sport et des corps traditionnellement masculins.
Pourtant, la représentation politique recule : seulement neuf femmes sur trente-six ministres et 6,54 % de députées à l'APN contre 8,35 % en 2021.
L'auteure dénonce des freins psycho-sociétaux, pressions machistes et convictions religieuses qui brident l'ascension politique des femmes, gaspillant ainsi leurs compétences pour le développement national.
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Le Quotidien d'Oran
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Les examens de passage scolaires (Bem et Bac, entre autres) voient les jeunes filles caracoler en tête des réussites. Ainsi, en s’en tenant seulement aux seuls résultats de cette année, le taux de réussite est, encore, très élevé au Bac. Par ailleurs, les meilleures notes sont monopolisées par des filles, avec des notes époustouflantes flirtant avec le presque parfait. Car, plus tenaces et plus volontaires, disent les spécialistes *. Je signale, au passage, que la photo du Président lors de la cérémonie de distinction des lauréats au Bem et du Bac 2026, cadets et cadettes de la nation y compris, mercredi 22 juillet, montre 16 jeunes filles et seulement 6 garçons. Une photo qui résume la situation. La présence féminine est de plus en plus importante dans l’Enseignement, la Justice, la Sante, la Police, l’Armée, le monde des affaires, etc. parfois même dépassant largement le corps masculin. Et, il y a des percées importantes dans le sport et dans des corps auparavant très majoritairement réservés aux hommes. Pour la plupart résultantes beaucoup plus des réussites scolaires et universitaires (impossibles à ignorer ou à esquiver par les décideurs) et de volontés individuelles de réussites socio-économiques que de facilités managériales le développement moderne du pays n’ayant pas (ou ne devant pas avoir) de sexe.
Cependant, hélas, on peut relever des hésitations et même reculs au niveau des lieux de pouvoirs de décision politique. Ainsi, au niveau du gouvernement, on ne dénombre, si j’ai bien compté, encore que 9 femmes seulement sur 36 postes. Pas mal, par rapport au passé mais bien insuffisant au vu des compétences existantes dans tous les domaines.
Le recul est bien plus évident au niveau des assemblées élues.
Ainsi, aux dernières élections législatives, on a relevé à peine 25 élues, soit 6,54 % du total de l’APN (34 élues en 2021 pour la 9ème législature sur 5.700 candidates, soit 8,35%)
Pourquoi ? Mises à l’écart organisées ? Indifférence à l’endroit de l’activité politique ? Barrages masculinistes ? Ou, alors, tout simplement des pressions machistes et/ou des « convictions » religieuses.
De tout un peu et un peu de tout. Dans une société qui, a l’évidence, avance (volontairement et/ou forcée par un environnement international de plus en plus contraignant) sans pour autant se débarrasser encore de pas mal de freins psycho-sociétaux.
Il est temps que chacun d’entre nous prenne conscience qu’un processus de développement ne peut, objectivement, évoluer sans l’apport de tous les composantes de la société et ce, en toute liberté de choix de ses gouvernants et de ses idées, de pensée et d’expression tout ceci, bien sûr, dans le respect des constantes et valeurs nationales édictées par la constitution. De ce fait, il ne servirait à rien de voir l’élément féminin réussir ses études puis le voir, par la suite, bridé dans son ascension économique, sociale et politique et (re-) devenir la femme-alibi. Un grand et gros gaspillage d’intelligence, celle-ci bien naturelle, donc bio. Donc bonne pour la santé du corps social.
*Lire l’article de Nassima Oulebsir sur «la réussite scolaire et universitaire féminine (in El Watan du 9 mai 2025 ou www.almanach-dz.com/education/enquêtes et reportages)
Ps : Djâafar Inal est décédé, à Alger, ce mardi 21 juillet 2026.Moudjahid et frère du chahid Ahmed Inal, « Si Ahmed », il fut le premier chef de bureau Aps à Moscou au début des années 60 puis haut fonctionnaire au ministère de l’Information et de la Culture au début des années 70, du temps de M.S Benyahia. Grand ami de M’hamed Issiakhem, de Kateb Yacine, des arts, et de la presse (Abdelhamid Benzine était son beau-frère).Membre fondateur, avec sa fille Souâd (décédée), de l’Association « les Amis de Abdelhamid Benzine ». Paix à son âme.